SEGMENT PÉRIPHÉRIQUE QUATRE JOURS APRÈS LA SECTION
le nerf étant dissocié après un séjour convenable dans le réactif, les petits groupes de tubes nerveux sont également placés dans le picrocarminate. Les noyaux s'y colorent rapidement; aussi n'est-il pas nécessaire de laisser séjourner longtemps les tubes nerveux dans le réactif colorant.
Les faits que vous observerez sur des préparations obtenues à l'aide de Tune ou de l'autre des deux méthodes que je viens de vous indiquer vous permettront de vous rendre compte de la manière dont se fait la multiplication des noyaux. En effet, l'observation directe du phénomène dont il s'agit peut être remplacée par celle de ses stades successifs. En groupant d'après leur ressemblance les diverses modifications que nous constaterons, il nous sera facile de les ranger dans Tordre suivant lequel elles se sont produites, et nous en obtiendrons ainsi une série continue qui ne nous laissera aucun doute sur la marche du processus (PI. I, fig. 1). Je ne puis pas vous montrer ici tous ces stades, mais j'ai disposé sous ces microscopes des préparations où vous observerez les plus importants d'entre eux.
Dans un premier stade, vous verrez le noyau situé à peu près au milieu du segment inlerannulaire et muni d'un nucléole volumineux. 11 est facile de s'assurer que le volume de ce nucléole est accru, en le comparant aux nucléoles examinés à l'aide des mêmes méthodes dans les nerfs normaux du même animal.
Dans un second slade, le noyau a subi un plus grand accroissement, et le nucléole qu'il renferme est en forme de bissac.
Dans un troisième slade, le noyau est en général plus volumineux encore, et il contient deux nucléoles distincts, plus ou moins écartés l'un de l'autre.
Dans un quatrième stade, le noyau, qui contient deux nucléoles, a lui-même une forme de bissac. Cette forme
MULTIPLICATiON DES NOYAUX.
Dans ces derniers temps, divers auteurs, Bûtschli, Fol, Auerbach, Strasburger, Balbiani et d'autres encore, ont étudié ce même processus dans l'ovule des animaux inférieurs et y ont observé des phénomènes singuliers différant notablement de ce que nous voyons se passer dans le tube nerveux. Je n'insisterai pas sur ces phénomènes, vous renvoyant pour la description des observations de ces auteurs et pour les indications bibliographiques au dernier travail de M. Balbiani ^ Moi-même j'ai trouvé dans les cellules lymphatiques de l'axolotl des éléments très-convenables pour l'étude de la division du noyau, parce que ce noyau y est visible à l'état vivant, tandis que, comme vous le savez, il ne devient nettement distinct chez la grenouille et chez les mammifères qu'après la mort de la cellule. Je ne vous donnerai pas ici les détails de mes observations; je vous dirai seulement que, dans les cellules lymphatiques de l'axolotl, outre les mouvements amibôïdes expansifs qui en modifient la forme extérieure, j'ai constaté l'existence de mouvements intérieurs, sous l'influence desquels on voit le noyau prendre des formes variées. Ainsi, ce noyau est tantôt replié, tantôt contourné, tantôt étranglé sur un point ou sur un autre, et enfin je l'ai vu sectionné en deux portions sous l'influence de l'activité du protoplasma.
Dans les tubes nerveux du segment périphérique d'un nerf sectionné, nous ne voyons aucun indice d'un phénomène semblable. Le noyau interannulaire présente toujours une forme arrondie, à quelque phase du processus de division que nous le surprenions. On pourrait objecter que cet aspect est dû au mode de préparation que nous employons, et que les formes variées que pouvaient posséder les noyaux vivants ont été ramenées par l'action brusque de l'acide os-
* Balbiani. Sur les phénomènes de la division du noyau cellulaire. — Comptes rendus j 50 oct. i87ij.
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