A, Merlin, L'église du prêtre Vitalis à Sufetula
816) son contemporain, célébrantjusqtf'à neuf messes le ffiême jour. Wal'afdd Strâbon estinîe quant à lui que ïâ liturgie laissé toute liberté sur ce point, si bien que, de son temps, on voit cef tains ne célébrer qu'une fois par jour, d'autres célébrer deux fois, trois fois, davantage encore {pelç^uoftes'libet)''.
La multiplication des messes privées dégénérera en abus, contre lesquels devra s'exéreer la sévérité des papes réformateurs du xi" siècle. îî» ont été devancés par des évêques de la seconde moitié du X® siècle, par exemple saint Duflslaîï de Cantorbery, interdisant à ses prêtres de célébrer plus de trois messeâ chaque jour; autant saint Oswald, arcà'evêque d'York -. « Il suffît à un prêtre de célébrer une messe par jour », proïionce le pape Alexandre II (1061-1073) cité par saint Thomas d'Aquin, « ef grandement heureux est celui qui peut dignement célébrer une messe : quant à celui qui, par amour de l'argent ou par servilité envers les séculiers, a la présomption de célébrer plusieurs messes par joui', je ne pense pas qu'il échappe à la damnation ^ ».
L'antiquité chrétienne avait construit ses basiliques en fonction de l'unité de FEgîise locale : une pieds j un évêque, une cathedra, un autél, et le prèsbyterium indivis concélébrant sur cet autel avec son évoque aux jours de messe stationale. Gela, c'est la
i^ Wal. Stuab. De eccl. rerum, exord. 21. U ajoute : < Ad hoc accecfit quod totius usus Ëcclesiae habet saepîus missas agere pro vivis, pro defimcti's, pro eleemosynis et aliis diversiS' eausiSi quod eliam officia liis attriiîula testantur. »
S. BùiDGETT et TiïtRSTôN, A BistoTy of the hohj EuchaTist in great Brttain (i908), p. loe.
3. Voyez S. TiioM. Sum. theol. III, lxxxiii, 2 : « videtur quod non debentprohlberisacerdotespluries celebrare in die. »S. Tlioinas répond non, en se fondant sur l'autorité du pape Alexandre II. Innocent m ayait légiféré dans le mtoie sens. Corp. iuris can.. De celebr. 3»
liturgie et l'architecture du iii« et du ive siècle. Puis, il avait fallu détacher de la messe stationale les. messes pej' parochias eiper coemetej'ia. On avait eu les messes de dévotion ou messes privées. Et un jour vint où ces messes de dévotion s'installèrent dans les basiliques. Ce jour-là, le principe de l'unité d'autel fut sacrifié.
M. de Lasteyrie signale la cathédrale du Mans oui .au ix« siècle, l'évêque Aldric a élevé des autels dans les tribunes situées au-dessus des bas côtés j et il y a des autels déjà dans ces bas côtés, c'est-à-dire auniveau' de la nef : je suis l'interprétation de M. de Lasteyrie (p. 187). Le fameux plan de l'église de Saint-Gall, au début du ix* siècle, nous met en présence d'une pareille multiplication d'autels. Bientôt l'abside va se ceindre d'un déambulatoire et ce déambulatoire se garnir d'absidioles rayonnant autour du sanctuaire. Selon M. de Lasteyrie, le plus ancien exemple de cette disposition est l'église de Saint- Martin de Tours, celle du début du x« siècle, qui inaugure l'architecture romane.
Alcuin, plus anciennement (f 804), fait honneur à l'église cathédrale d'York d'avoir compté trente autels :
Qaae triginta tenet variis ornatibus aras ^ .
En fait, dès le vi« siècle, on signale en France des églises à plusieurs autels, par exemple la basilique parisienne de Saint-Vincent (consacrée en 558) q\ii n'en compte pas moins de quatre (le principal; au levant, dédié à lai sainte Croix et à saint Vincent; le second, au nordj à saints Fèrréol et Ferrutioii', le