‹ Leçons sur la messe [microform]Chapitre 27 sur 97 · Ibid. p. 26S · texte numérisé non relu

Ibid. p. 26S

4. Ibid. p. 262-277. BRÉHiER, L'art chrétien (1919}, p. 64. Voyez les Ussus vuMï» siècle, fragmentaires, mais magnifiques, que conserve le Latran, dans Phi Laue», Le trésor du Sanct* Sanctorum (,1906), p. 107-120, et les planches XY-XYIII,

cité du costume liturgique. A vrai dire, jusqu'au yin^ siècle, il n'existe pas à Rome (et en Occident) de costume distinctif pour le clergé, ni de costume liturgique. Notoirement, le clergé est resté fidèle au costume qui^duiv" siècle au vii«, estcelui des romains de la bonne société : dans les portraits du temps que possédait du pape saint Grégoire et de son père Gordianus le monastère Tomam ad clit^um Scauri, Grégoire et Gordianus portent le même costume, une planeta de couleur marron, et sous la planeta une dalmatica ou tunique à manches. Or la planeta (qui s'appellera bientôt casula, chasuble) est la paenula des gens habillés, à Rome, au iv** siècle, et la dalmatica est leur tunique riche [tunica manicata), qui se superpose a une tunique de de dessous ou [tunica] Uiiea. La planète est de laine, la tunique est de lin : ces deux pièces sont les deux pièces essentielles du costume civil romain. Le reste est accessoire, comme la mappula (manipule), comme Vorarium (étole), deux pièces qui ont été peu à peu dénaturées, stylisées, et de simples utilités sont devenus des insignes. Le cingulum (ceinture) eXVanabolaiiim (amict), qui apparaissent au vin® siècle, viennent du costume des moines, qui les ont empruntés aux artisans. Le pallium a été, dès le v° siècle, l'insigne distinctif des évoques d'Orient et l'évêque de Rome le leur a emprunté comme un insigne de la dignité apostolique. Je ne puis qu'indiquer ces données, auxquelles j'ai consacré ailleurs une étude détaillée ^ Et je veux marquer

. r. B. Études de liturgie et d'archêoîogie chrétienne (1919), p. 30

seulement que, dans la splendeur des basiliques, où les tissus de soie le disputent aux orfèvreries, évoques, prêtres, diacres, sont habillés comme les fidèles*, de laine et de lin. On peut appliquer à ce clergé ce que Fortunat disait d'un évêque de Paris des temps mérovingiens, saint Germain : Ni pierres précieuses, ni écarlate, ni diadème, ni or, ni pourpre, ni fin lin, n'ornent ses épaules, mais la foi auguste resplendit en lui :

Non lapides, coccus, cidar, aurum, pwpura, byssus exornant humeros, sed micat aima fldes.

1. Encore les fidèles riches connaissent-ils les tissus de soie et d'or. HiEuoNYM. Epistul. cxvii, 6. Asinnos. De Nabuthe, 3 et 26. Noter cependant le scrupule de S. Léon, Serm. xu, 1 : t si ralionabile et quodammodo religlosum videtur per diem festum in vestilu nitidiore prodire,... siipsam quoque orationis domum propensiore tune cura et ampliore cultu quantum possuoius adornamus... »

Pour que la liturgie du pape ait pu émigrer de Rome, et, propagée par des évêques mérovingiens, finir par devenir la liturgie de tout l'Occident carolingien sous Pépin et Gharlemagne, il n'était pas indifférent qu'elle fût une liturgie écrite, écrite dans le texte de ses oraisons (Sacramentaire), de ses leçons (Évangéliaire), de ses chants (Antiphonaire), et qu'elle fût une liturgie écrite jusque-là que sa mise on scène (si on peut ainsi parler) fût réglée par écrit. Rome savait le prix de la fixité des rites liturgiques : elle l'avait assurée chez elle par la rédaction de ces Ordines j'omani, dont les premiers, ayant une fois saisi le cérémonial papal comme dans un instantané, ont permis de le perpétuer à Rome et de le propager ailleurs.

Les Ordines romani constituent une littérature que Dom Mabillon a le premier classée. Les plus récents des Ordines romani publiés par lui, au tome II de son Musaeum italicum (1689), sont des cérémoniaux de la cour pontificale du xiv® et du XV* siècle. Il en est du xii^ et du xiii«. Il en est de plus anciens, qui reviennent seuls à notre étude, et

en première ligne MQrdo romanus I. Il contient dans sa première partie (§ 1-22) une description du cérémonial de la messe papale solennelle : tel qu'il est décrit là, ce cérémonial est postérieur à saint Grégoire, car il renferme des traits comme le chant de \Agnus Dei qui est une institution du pape Sergius (687-701). Le texte existant de VOrdo romanus /date sûrement du vm^ siècle. Les manuscrits en sont du ix°. Il n'est pas interdit toutefois de penser que VOrdo /, qui ne s'est pas cristallisé d'un coup, a pu commencer de se former longtemps avant le pape Sergius, peut-être à l'époque de saint Gré- . goire,.

VOrdv romanus II, qui doit être du début du IX,''' siècle, décrit lui aussi la messe du pape^ et «n gros dans les mêmes termes: mais il omet des traits de VOrdo /, et il «n introduit de non romains qui trahissent que la messe -du pape, célébrée par aan évêque sous un autre climat, s'agrège des -éléments d'une tradition autre que celle de Rome, par exeaaaple le chant du Credo. Cet 0/-<^o // est du teïnps où la liturgie romaine s'établit en pays carolingien. Rien de pareil dans VOrdo I, qui est pur romain.

C'est lui que nous suivrons ^ , pour la description que nous voulons faire du cérémonial de la messe du pape à Rome; nous le suivrons ée très près, nous contentant, en l'abrégeant, de l'éclairer^.

1. Il a été récemment traduit en anglais et commenté par Cuthbert F. A.TCHLEY, Qrdo romanus primus {London 1903). M. Atchley (p. 7) est lavorable à l'hypothèse qui date VOrdo I du temps du pape Etienne ni (768-772).

2. On peut l'éclairer en effet par d'autres Ordines qui, romains aussi, mais plus récents, ont préservé des traits romains qu'iln'apas notes ou qu'il a moins bien notés. Nous pensons à VOrdo romanus de Saint-Amand en Puelle du yiu«-ix« siècle, publié par Me' Duchesne

De grand matin, tout le clergé précédera le pape à l'église où la station a été annoncée, tout le clergé [omnis cleims] à l'exception des clercs du cortège du pape. Par clergé, entendons avant tout les évêques (suburbicaires) et les prêtres (des titres de Rome) * : ils attendent le pape à l'église indiquée, assis dans l'abside au presbyterium, à droite et à gauche de la cathedra papale, de telle manière que le pape, quand il sera assis, ait les évêques à sa droite, les prêtres à sa gauche. A tout ce clergé se joignent les moines [monachi]^ VOrdo 7 nous le dira. Une foule romaine ne va pas sans enseignes : en dehors des cancels [cancellî) de l'abside, dont les coupées [j^ugae) sont gardées par des acolytes, VOrdo I place des portecroix [cruces portantes]^ on les appelle aussi stauroforoi : ces croix sont des signa ou enseignes. Le peuple, en effet, est venu par groupes, région par région (Rome est, nous le dirons, divisée en sept régions) : en tête de chaque groupe est portée une

[Origines, p. 440-463), et à VOrdo rom^ III de Mabillon, ix" siècle. ijOrdo romanus IV (un fragment) est du même temps. Pour la bibliograplile des Ordines, voyez Tiialuofer-Eisenhofeb, t. I, p. 78-82. Cf. BiSHOP, p. 453^160.

1. Les sept évêques suburbicaires (Ostie, Porto, Silva-Candida on Sainte-KuBne, Albano, Tusculum, Sabine, Prencste) ont à tour de rôle à célébrer la messe cbaque dimanche dans la basilique du Latran, en vertu d'un règlement du pape Etienne ni : à ce propos, le Lib. pontif. (t. I. p. 478) les qualifie de episcopi cardinales- Aux messes papales, il peut se joindre aux évêques suburbicaires des évêques d'autres sièses de passage à Rome. — Le nombre des tituli ou églises paroissiales est de 25, nombre constant depuis le v« siècle. Le pape Calixte II, au xn« siècle, relèvera .i 28, Voyez dans Beissel, p. 77-80, la liste des 23 tituli, comme aussi des autres basiliques de Rome (b. patriarcales etautres diaconies, monastères, etc.)» au temps du pape Léon III

croix d'argent (fixée à une hampe de bois) et sur laquelle sont trois cierges allumés. Au ix* siècle, on voit le pape Benoît III (855-858) refaire les sept croix processionnelles d'argent qui tombent de vétusté ^

Le pape est parti du patriarchium du Latran, qui est sa résidence ordinaire. UOrdo 1 dit patriarchiunif terme qui n'apparaît qu'à l'époque du pape Sergius, le palais pontifical étant au vu® siècle appelé episcopium^. Le pape arrive achevai.

Son cortège se compose, premièrement, de tous les acolytes de la région qui est de service. — On sait, en effet, que (depuis le m* siècle) Rome est divisée en sept régions ecclésiastiques, à la tête de chacune desquelles est un des sept diacres de l'Église romaine. Rome n'a que sept diacres, le premier portant le titre d'archidiacre : chacun de ces sept diacres a sous ses ordres un sous-diacre (régionnaire), plus des acolytes (régionnaires). Chaque région a ses defensores, fonctionnaires chargés d'administrer et de défendre le patrimoine ecclésiastique. Les defensores régionnaires remontent au pape saint Grégoire. — Donc, en première ligne, dans le cortège du pape, les acolytes de la région de service, chacune des sept régions ayant son jour de service stational, ainsi la III* région le dimanche. A la suite des acolytes de la région de service viennent les defensores de toutes les régions. Acolytes et défenseurs ont rendez-vous au patriarchium au point du jour : ils ouvrent le cortège, à pied. Puis viennent les diacres à cheval, entendez les sept diacres ; avec eux,

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