‹ Leçons sur la messe [microform]Chapitre 49 sur 97 · Rapprocher Aug. De dono persev · texte numérisé non relu

Rapprocher Aug. De dono persev

2. Le Dominus vobiseum de la préface est mentionné par saint Augustin. Serm. inédit, vi, 3 (de la collection de Michel Denys) ;

par le Su?'su}7i corda et le G/'atias agamus Domino Dec nostro. Dans un sermon encore [Sermo lxviii, 5) saint Augustin a dit : « Les fidèles savent où et quand on prononce Grattas agamus Domino Deo nostro : mais qui rend grâces à Dieu sinon celui qui a le cœur en haut au Seigneur, qui^sursum cor habet ad DomùiumP » Les fidèles savent, eux seuls savent, parce que ces formules sont réservées à la sanctification du sacrifice, à laquelle seuls (au début du v« siècle encore) ils ont le droit d'assister.

Le Sursum cor da-Hah émus ad Domînum est une formule liturgique que nous avons rencontrée déjà chez saint Cyprien. Elle se retrouve dans les liturgies grecques: à Jérusalem, oùelleestattestéeparles Catéchèses de saint Cyrille ; à Antioche, par les homélies antiochiennes de saint Jean Chrysostome ^. Saint Augustin, en 390, peut écrire que chaque jour, dans l'univers entier, le genre humain comme d'une seule voix répond qu'il a le cœur en haut au Seigneur, « respondet sursum corda se habere ad Dominum » [De ver a relig. 5). L'universalité de la diffusion de cette formule liturgique suggère d'y voir une formule primitive, d'autant qu'elle n'est pas empruntée textuellement à la sainte Écriture. Elle rappelle le « Quae sursum sunt quaerite » [Col. ïii, 1) de saint Paul, ou le « Leçemus corda nostra cum manïbus ad Dominum in caelos » [Lam, III, 41) de Jérémie, sans en dépendre nécessairement. Habemus ad Dominum est une expression

< Post salutationem quam nostis, id est Dominus vobiscum, audistis.. a sacerdote : Sursum cor, Respondetis : Habemus ad Dominum.. Sequitur sacerdos et dicit : Domino Deo nostro grattas agamus. » 1. BWGHTMAN, p. 468, 473. SrAWLEY, p. 203.

grecque : il est donc vraisemblable que la formule est une création de la liturgie chrétienne la plus ancienne.

On en peut dire autant de la seconde formule Grattas agamus Domino Deo nostro, à laquelle le peuple répond : Dignum et iustum est. Cette formule se retrouve, en effet, dans la liturgie de Jérusalem décrite par saint Cyrille, dans la liturgie d'Antioche attestée par saint Jean Chrysostome, comme dans la liturgie africaine que commente saint Augustin. L'acclamation Dignum et iustum est ne semble pas avoir été exclusivement liturgique. Saint Augustin [Epistul. ccxiii), le jour où il consulte son peuple d'Hippone assemblé dans l'église sur le successeur qu'il s'est choisi, prononce une allocution où il expose son dessein. Le peuple à plusieurs reprises lui marque qu'il approuve tout ce qu'il a décidé, et il le marque par des acclamations répétées : « A populo acclamatum est : Deo gratias, Christo laudes [dictum esixxiii"), Exaudi Christe, Augustino cita [dictum est 'xyi^')... Dignus et iustus est [dictum est xx"]... Fiat fiât [dictum estxii^'^)... Dignum est, iustum estydictum xxviii®*)...» Ces répétitions d'acclamations étaient de règle dans les assemblées romaines, au Sénat par exemple. Il n'y a pas trace que la liturgie ait jamais adopté ces répétitions (sinon dans les litanies). Mais la liturgie pouvait adopter telle de ces acclamations, et inversement telles acclamations liturgiques devenir une acclamation populaire chrétienne : l'une ou l'autre hypothèse expliquerait que le peuple d'Hippone acclame : Deo gratias, Christo laudes (notre Laus tibi Christe], Exaudi Christe (notre

Christe exaudi nos), et mieux encore Digniis et iustus estf Dignum est, iustum est\

L'invitation à rendre grâces est suivie immédiatement de la prière d'action de grâces : Vere dignum €t iustum est... Saint Augu§tin fait de cette action de grâces le « grand sacrement » du sacrifice de l'Eglise, sacrement voulant dire ici rite sacré : « Gratias agamus Domino Deo nostro, quodestma" gnum sacramentum in sacrificio ISovi Testamenti » [Epistul. cxL, 48). On souhaiterait que l'évêque d'Hippone nous révèle le contenu du grand sacrement qu'est cette prière, mais il n'en parle que par allusions^. Nous sommes mieux instruits par les Grecs du iv* siècle.

Saint Cyrille de Jérusalem résume en quelques lignes l'action de grâces usitée dans son Eglise : l'on y découvre sans peine qu'elle devait débuter par les mots a|iov xa\ Sfxaiov, notre Dignum et iustum est, qu'elle était une louange à Dieu créateur du ciel et de la terre, qu'elle s'achevait sur une transition qui amenait le Sanctus (Brightman, p. 465).

Tandis que saint Cyrille ne donne qu'un résumé, une découverte faite naguère nous a valu le texte même qui servait à un évêque égyptien contemporain de Cyrille de Jérusalem, Sérapion de Thmuis :

Prière de l'oblation de Sérapion évêque.

Il est digne, et juste de te louer, de te chanteVf de te glorifier, toi Père incréé du monogène Jésus Christ...^.

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