‹ Leçons sur la messe [microform]Chapitre 82 sur 97 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Ceux de nos fidèles qui n'ont pas appris le latin scolaire n'auront pas grand effort à faire pour entendre le latin du Missel. Nous leur conseillons, nous leur demandons cet effort. Ils en seront récompensés par la joie spirituelle qu'ils trouveront à comprendre, sinon à parler, la langue de l'Église romaine, à entrer ainsi davantage dans l'intimité de sa foi, dans sa perpétuité, dans son unité. La lettre n'est pas si morte qu'on dit, et les mots anciens ont leur vertu que toute traduction compromet : aimons la lettre pour ne rien perdre de l'esprit.

L'assistance à la messe requiert que le fidèle s'associe aux prières du célébrant, et ne se contente pas de lire des « prières pendant la messe », des paraphrases plus ou moins lointaines du texte du célébrant, voire des prières parfaitement étrangères aux saints mystères. . . Il ne faut certes pas exagérer le littéralisme liturgique : les contemplatifs ont leur place dans l'assistance, on a écrit à leur usage des « méthodes pour assister à la messe » que nous n'avons nullement l'intention de déconseiller. « On entend toujours bien la messe, pourvu qu'on adore et qu'on aime Dieu, et qu'on s'unisse à l'Église » *. Nous écrivons cependant pour les assistants qui, ayant le goût du sens littéral, veulent être aidés à le saisir, à l'approfondir, à s'en édifier. C'est à ces fidèles que nous recommandons la lettre du Missel.

1. micoLz, Instructions théologiques et morales sur l'oraison dominicale, la salutation angélique, la sainte messe, etles autres prières de l'Église (1106), p. 145. Cf. Thomassin, Traité de l'office divin dans ses rapports avec l'oraison mentale (éd. de 1894), p. 121-133.

Nous leur conseillerons, secondement, d'avoir de la prédilection pour la grand'messe.

Le concile de Trente {Sess. XXII, cap. 6) a pris la défense des messes privées contre les réformateurs qui réclamaient l'abolition des messes dans lesquelles le célébrant est seul à communier sacramentellement. Sous prétexte de couper court à des abus, la Réforme décrétait que la messe ne valait plus qu'en tant que communion des fidèles au sacrement de la cène : il fallait donc que des fidèles y prissent part pour qu'elle fût légitime. Je m'étonne qu'il se rencontre des Anglicans, instruits et épris des choses de l'ancienne Église, pour soutenir encore une doctrine si contraire à la piété d'un saint Augustin, d'un saint Ambroise, d'un saint Cyprièn.

Et il y a plus, car le Sauveur à la dernière cène, en disant à ses disciples : Haec quotiescumque feceritisj in mei memoriam facietis^ n'a pas limité au seul dimanche la réitération de son eucharistie, ou interdit de la célébrer en forme privée et quotidienne. L'Église des premiers siècles attachait à cette réitération une valeur d'oblation du corps et du sang de l'Agneau immolé, loin qu'elle ait jamais songé à en faire une oblation symbolique et subjective. Elle aurait pu dire avec l'auteur de V Imitation (Ul, v, 3) et dans le même sentiment que lui : « Quand le prêtre célèbre il honore Dieu, il réjouit les anges, il édifie l'Église, il aide les vivants, il soulage les

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