‹ Leçons sur la messe [microform]Chapitre 83 sur 97 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

morts, il se rena participant de tous les biens ».

Sans doute, les prières de la messe impliquent la présence du peuple. L'Église veut que le peuple y soit toujours, sinon présent, du moins représenté. Voilà pourquoi le prêtre y doit avoir un servant, c'est de règle, et ce servant, ne fût-il qu'un enfant, est là pour tenir le personnage du peuple. Saint Thomas d'Aquin le dit avec une noble simplicité : « In missis privatis sufficit unum hahere mini" sti'um, qui gerit personam totiiis populi catholici, ex cuius persona sacerdoti pluraliler respondet » (III, Lxxxni, 6, ad 15). Rien n'est changé aux paroles du dialogue du prêtre et du peuple, le petit servant solitaire répond au pluriel, parce qu'il répond pour tout le peuple catholique.

Chaque fois donc que, vous assisterez à une messe basse, vous vous appliquerez à entrer vous-même dans le personnage du servant, à vous associer de cœur à ses réponses, à porter en vous tout le peuple catholique. Cependant la dévotion que vous aurez pour la messe privée ne vous empêchera pas de penser que la messe requiert le peuple, que la messe normale est celle où le peuple est présent et mêle sa voix, — je voudrais pouvoir ajouter : et où il communie, — la grand'messe.

Nous conseillerons à nos lecteurs, par surcroît, d'avoir de la prédilection pour la grand'messe chantée par leur évêque, s'ils habitent la ville épis^copàle.

Nous avons expliqué au cours de ce livre comment la messe privée est une réduction de la grand' messe, et que la grand'messe est une adaptation de la messe papale du vin* siècle : la messe pontificale

d'un évêque est celle qui se rapproche davantage de la messe papale antique, et qui donne l'impression la plus juste, encore que bien atténuée, de la liturgie des Ordines romani. Si l' évêque est décoré du pallium, l'impression est plus vive encore... J'ai eu en 1904 l'émerveillement d'assister à la messe pontificale célébrée à Saint-Pierre par le pape Pie X, avec tout le déploiement du cérémonial, pour le centenaire de saint Grégoire : ce sont des spectacles qu'on ne voit pas deux fois... Enfant, j'étais conduit aux offices pontificaux d'une cathédrale provinciale, qui a un chœur magnifique, éclairé d'une lumière chaude comme celle de Rome, et qui avait en ce temps-là un saint archevêque (il fut cardinal), d'une extrême dignité de caractère et d'attitude, très fervent de liturgie, observateur intransigeant des usages romains ; je retrouve dans mes souvenirs d'enfant la vision ineffacée de telle messe pontificale de Pâques, dont la beauté liturgique me saisissait. Je souhaite pareille révélation à tous mes lecteurs d'aujourd'hui, mieux préparés qu'ils sont à la comprendre et à l'aimer.

Le Missel Romain prévoit, pour la messe basse, que le prêtre est venu à l'autel avec son servant et que ce servant va devant le prêtre en portant le Missel. Cette indication est rarement observée, et c'est dommage, parce que le port du Missel devant le prêtre est un vestige du vieux rite qui voulait que l'Évangile fût porté avec honneur par le sousdiacre à l'entrée processionnelle du célébrant. Le

Page 1