‹ Leçons sur la messe [microform]Chapitre 86 sur 97 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

est une prière que l'Église ne décourage pas, tant s'en faut, se rappelant que le Sauveur aime ceux qui prient dans le secret (Mat. vi, 6) et qu'il montait sur la montagne pour prier à l'écart (xiv, 23). Ici apparaît la distinction de la contemplation et de la liturgie, la liturgie étant par essence une mise en commun.

La collecte, ne fût-ce que par son nom de collecte, évoqué l'idée de communauté. L'épître rappelle ce que disent les Actes des Apôtres des fidèles de la première communauté en Jérusalem : « Ils étaient assidus aux prédications des apôtres... » [Act. II, 42). Elle rappelle aussi bien aux liturgistes, épris de la signification mystique des choses, la mission des disciples que le Sauveur envoya dans les lieux où lui-même devait aller (Luc. x, 1). L'épître précède l'Évangile et lui prépare les voies : l'épître est faite de pages choisies, claires, instructives, en rapport avec l'Evangile du jour. 11 ne faut pas la négliger, comme font les fidèles le plus souvent : ils ne se doutent pas de ce qu'ils perdent.

On se lève pour l'Évangile. A la messe pontificale, l'Évangile est porté à l'ambon par le diacre, et devant l'Évangile vont le sous-diacre, les deux céroféraires, le thuriféraire : on fait à l'Évangile un processus triumphalis. Dans certaines cathédrales un reste des cérémoniaux antérieurs à la restauration intégrale du rite romain, nous vaut de voir encore le diacre porter l'Évangile fort élevé entre ses mains et sur son passage tout le chœur se lever par respect. Comprenez mieux après cela la valeur de l'acclamation : Gloria tibi Domine j

qui devrait jaillir du eœur de toute l'assistance, au Heu d'être proférée sans solennité par des chantres distraits, qui réservent leurs faux-bourdons les plus riches pour les Domine salvam fac rem publicam !

Faisons à l'Évangile l'honneur de l'écouter ou de le lire, a Écoutons l'Évangile, ditsaint Augustin, comme si le Seigneur parlait lui-même. Ne disons pas : Heureux sont ceux qui l'ont pu voir, car plusieurs de ceux qui l'ont vu, l'ont fait mourir... Les précieuses paroles qui sont sorties de sa bouche sont écrites pour nous, sont conservées pour nous, sont récitées pour nous, et le seront encore pour ceux qui nous suivront... Écoutons le" Seigneur » {In loa. tract, xxx, 1).

Au moment où le sous-diacre portera le livre à baiser au célébrant, rappelons-nous que jadis tout le peuple était admis à baiser l'Évangile, et que, si cet usage a été supprimé au xiii* siècle, on ne nous interdit pas de poser respectueusement nos lèvres sur la page de notre Missel qui porte l'Evangile du jour, en disant à voix basse : Laus tihi Christe.

Prêcher sur l'Évangile du jour, tout au moins prêcher sur un texte de la sainte Écriture qui venait d'être lu aux fidèles, c'était jadis toute la ppédication, et ce thème se prêtait à ce que l'évêqu© avait à dire de plus doctrinal, de plus solennel, et aussi bien de plus pratique. Le prône, en France, est devenu fâcheiisement désuet : on lui a longtemps préféré les grands sermons académiques de vêpres, puis la mode est venue des conférences, et enfin des « allocutions express » pour messes basses d'onze heures, pendant que de temps immémorial tout ser-

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