VicTou. Vit. I, 11 (p
ni Tévêquc, ni personne autre, ne prêche dans l'église. D'après VOrdo romanus l, au vin* siècle, la messe du pape ne comporte pas davantage de sermon. Les sermons du pape saint Léon et ceux du pape saint Grégoire peuvent être considérés comme des exceptions qui confirment la règle romaine. Il dut y avoir d'autres exceptions, car, au xii^ siècle, VOrdo i-omatius XI suppose que le pape prêche. Par contre, Innocent III n'en dit rien.
Les fidèles assistant à la messe debout, VOrdo romanus II permet seulement aux assistants de s'appuyer sur un bâton, encore doivent-ils le poser quand on lit l'Évangile. La règle antique est d'écouter le sermon pareillement debout.
Dans son ingénieux et si souvent délicieux opuscule De catechizandis riidibus, saint Augustin observe que cette règle met le peuple à une rude épreuve, pour peu que le sermon soit long. On voit l'auditeur bâiller et manifester malgré lui l'envie qu'il a de s'en aller. Dès que nous nous en apercevons, il faut réveiller l'attention qui défaille, soit par quelque mot d'une honnête gaîté, soit par quelque trait étonnant ou émouvant, soit en invitant l'auditoire à s'asseoir, « ohlata sessione succurrere :», quoique sans nul doute il vaille mieux qu'il soit assis pendant tout le sermon, quand cela peut se faire décemment, et plus avisé est l'usage de quelques Eglises transmarines (c'est-à-dire d'Italie) où, non seulement les évoques parlent assis à leur peuple, mais où le peuple aussi a des sedilia sur lesquels s'asseoir. Il n'en était sans doute pas ainsi à Carthage (l'opuscule est écrit pour le diacre Deogratias de Carthage I. La compassion d'Augustin en soufTre :
Si VOUS sentez que votre auditoire se lasse, pressez-le de s'asseoir, « offerenda sessio est, immo vero prorsus urgendus ut sedeal » [De catech. rud. 19). Augustin donne un conseil meilleur encore : Abrégez votre sermon, promettez que vous aliez finir, que vous finissez, et finissez.
L'évangile lu, et le sermon fini (s'il y a sermon ., on congédiait ceux des assistants qui n'avaient pas le droit de participer aux saints mystères.
Un sermon attribué à saint Augustin se termine par l'invitation adressée aux catéchumènes à se retirer discrètement : « Qui autem estis catichumini paululu?n verecunde discedite ^..» A Rome, l'invitation à sortir leur était adressée par le diacre dans une formule qui ressemblait sans doute à celles qui, dans VOrdo romanus I le samedi saint, servent à l'archidiacre à renvoyer les catéchumènes qui ne sont pas appelés à participer au baptême ce jour-là : « Catechumeni recédant. Siquis catechumenus estrecedat. Omnes catechurneni exeant foras ». On rencontre une lorjnule pareille dans la liturgie byzantine de la messe 2.
Une autre classe d'assistants était exclue en principe des saints mystères : les pécheurs, La discipline n'excluait pas les pécheurs secrets, leur conscience leur interdisait toutefois de communier au corps et au sang du Soigneur dont ils étaient indi-
1, Inter Aro. Traclat. inédit. Append. III, 'i Mokin. p. 1811.