ÉPILOGUE
mon disparaissait des messes|)ontificales, canoniales, monastiques. Vous aimerez les bonnes vieilles paroisses restées fidèles au prône traditionnel. Vous aimerez les prières du prône, en souvenir de « la prière des fidèles » qui précédait dans Tantiquité ecclésiastique TofTertoire, et qui était un rappel détaillé de toutes les intentions qui tiennent au cœur de la communauté. Vous aimerez la lecture que l'on y fait des noms des défunts qui se sont recommandés par leurs générosités au souvenir de la paroisse dont ils furent les paroissiens. L'Eglise offre à ses fidèles une assurance contre l'oubli ou l'ingratitude de leurs héritiers.
« Eulogias post missas in diebiis festis plebi distribiiite », écrivait au ix'^ siècle le pape Léon IV. Le pain bénit, qui est de ces eulogies, date de beaucoup plus loin, car au temps de saint Augustin et de saint Grégoire de Nazianze, on bénissait du pain, ce pain ainsi bénit on se le donnait en présent, on se l'envoyait même à de grandes distances, — Augustin à Hippone en reçoit de l'évèque de IVole, saint Paulin ', — c'était un geste qui exprimait en symbole l'unité de la famille chrétienne, et aussi l'invitation que l'Église adresse à ses fidèles d'avoir faim d'un
1. Paulin. EjjïsIuI. int. Auy. epist.), xxiv, G : Panciii uiiuni sancli'.aU tuât; uiiilalis gratia misimus, in (|uo etiam Trinitatis soliditas contiiKMur. Ilunc paneni culogiain esse In faiics dignatiunc sumendi.» fiu mt'nie, xxv, .'>, et xxxir, 3. Augustin, en retour, lui envoie un pain, Efiislul. \\\i,9 : . Panis qucm niisimus uberior benediclio flot dilectione accipientls vcstrae txnignitatis -.
31(i . LEÇONS SUR LA MESSE.
autre pain, celui qui va être rompu pour eux sur la table du Seigneur, mensa dominica.
Offrir le pain bénit est un vestige de l'offrande que les fidèles faisaient jadis de la matière du sacrifice, pain et vin. Quand le célébrant se tourne vers vous pour vous dire : « Priez, frères, pour que mon offrande et la vôtre soient acceptables à Dieu », il ne faudrait pas que ces paroles fussent pour vous un reproche, si vous êtes venu les mains vides. Contribuez donc à loffrande, au moins en donnant à la quête qui se fait pendant l'offertoire.
Ne maugréez pas contre cette quête qui vous permet de vous acquitter d'une dette, et de perpétuer le rite antique de l'offrande liturgique, L'épître aux Hébreux disait déjà aux premiers chrétiens : « N'oubliez pas la bienfaisance et la communion, car Dieu se plaît à de tels sacrifices » [Heb. xiii, 16;. Le mot xoivojvi'a, que nous traduisons par communion, exprime le geste de qui partage avec ses frères ce qu'il a. Le Sauveur, qui va rompre son pain avec vous, attend que vous rompiez d'abord le vôtre avec vos frères.
L'épître aux Hébreux, dans le même passage, dit encore (xiii. 15) : a Que ce soit par Jésus que nous offrions sans cesse à Dieu un sacrifice de louange, c'est-à-dire le fruit de lèvres qui célèbrent son nom. » Si le pain, si le vin, est le fruit de votre terre, le sacrifice de louange est le fruit de vos lèvres. L'Église vous prête pour l'offrir la voix de