‹ Leçons sur la messeChapitre 73 sur 80 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

ses prêtres. La préface, dite par le célébrant, est le sacrifice de louange, l'action de grâces à Dieu de la « redempta familia Christi », comme s exprime saint Augustin. Le prêtre la prononce au nom des assistants, mais après qu'il les a conviés à s'unir à lui : « Gratins againus domino Deo nostro ». Et quand il l'achève, il demande à la divine Majesté de permettre que ces mêmes assistants mêlent avec lui leurs voix aux voix des anges dans le ciel, « nostras voces ut admilli iuheas depi-ecamur ». La préface, comme toutes les expressions antiques de la prière liturgique, est une prière collective, nostras i'oces, elle est un appel à l'unité de tous dans une même contemplation, un même élan, une même affection, elle fait que prêtre et fidèles sont un seul cœur, « consiimmati in iinum » (Ioa. xvii, 23). Quel contresens que de s'isoler de cette unité!

La préface nous introduit dans le cénacle et avec elle commence la célébration de la cène, car le Sauveur à la cène, après avoir reçu le pain et le vin, a d'abord rendu grâces à Dieu, et à son exemple l'ofTiciant rend grâces. L'offertoire n'était qu'une préparation : avec la préface, nous accomplissons le premier acte de la cène : Gratias egit.

Au début du xviii® siècle, il y eut en France une controverse bruyante et passionnée autour d'un, nouveau missel publié par l'évêque de Meaux, qui proposait de revenir à l'usage de prononcer le canon

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de la messe à haute voix '. 11 est incontestable que tel fut lusage primitif, et le cardinal Rampolla a montré naguère que cet usage primitif est celui que connaissait encore au début du v*^ siècle la très authentique romaine quêtait sainte Mélanie. L'Eglise en renonçant plus tard à cette observance des premiers siècles a posé une loi, de Tautorité qu'elle a sur sa discipline, sur sa liturgie, et jusque sur la forme des sacrements. Il n'appartiendrait qu'à elle d"amender la loi par elle posée, mais nous n'y voyons aucune opportunité.

On pourrait même souhaiter que, à la grand messe, ce silence, qui s'observe assez bien pendant l'élévation, fût plus marqué dans le reste du canon : les maîtres de chapelle ont pris l'habitude de développer le Sanctus hors de proportion. De grâce, qu'ils permettent aux fidèles de trouver le silence que les rubriques leur promettent- !

Aimez à vous unir aux prières que le célébrant prononce dans le secret et comme derrière ie voile. Ayez présents à l'esprit les vivants et les morts que \'0us voulez recommander à Dieu. Au besoin, écrivez leurs noms sur les gardes de votre Missel. Sainte Monique en mourant exprimait à son fils Augustin que ses funérailles et son tombeau étaient chose indifférente, et qu'elle désirait seulement qu'il prît soin de faire faire mémoire d'elle à l'autel

1. Voyez en appeiulice au lome IV du P. Lebrun sa Quinzième dissertation sur l'usage de réciter en sileace uns partie des prières de la messe dans toutes les Églises et dans tous les siècles (172o). Dans le feu de la controverse, le P. Lebrun exagère.

'2. Sonnerie au Sanctus, sonnerie à l'élévation, aucune a«tre sonnerie prescrite par les rubriques, le reste est usage français.

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