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Fig. 18. — Une partie d'une Pandorina atteinte: et le Zoosporange du parasite a.
la pulsation des vacuoles contractiles et se divisent d'une façon absolument normale (fig. 18). La maladie et la mort d'un et même de la plupart des seize membres de la colonie n'affecte nullement les individus qui ont échappé au parasite.
Cet aperçu des lésions artificielles et des maladies infectieuses des organismes unicellulaires nous montre d'abord l'insuffisance de nos connaissances actuelles sur ces questions. En même temps il nous fournit une base pour apprécier le caractère général de ces phénomènes. Dans ceux qui suivent les lésions c'est sur-
tout la propriété de régénération complète qui nous frappe. Nous avons vu qu'un segment détaché peut acquérir sa forme normale au bout de très peu de temps, quelques heures ou même quelques minutes après la section.
Après ce qui a été dit dans le premier chapitre on peut avancer d'une façon générale que les relations des protozoaires avec les organismes qui les infectent se résument en une lutte entre ces deux êtres vivants. Les parasites ne sont souvent autre chose que des organismes voraces qui, à cause de leurs faibles dimensions, n'attaquent point leur proie directement, mais s'introduisent dans l'intérieur des protozoaires qui leur fournissent la nourriture. Cette étroite parenté des parasites avec des carnassiers s'accuse non seulement chez les acinétiens, mais aussi chez les flagellés parasites, voisins des vampirelles et autres organismes voraces. Seulement, dans les cas d'infection, la lutte se complique et devient de plus en plus indirecte. Le parasite attaque en sécrétant des substances toxiques ou dissolvantes et se défend en paralysant l'action digestive et expulsive de son hôte. Celui-ci exerce une influence nocive sur l'agresseur en le digérant ou l'éliminant de son corps, et se défend lui aussi par les sécrétions dont il s'enveloppe.
Quoique tous ces phénomènes n'entrent point dans le cadre de la lutte pour l'existence dans le sens strictement darwinien (c'est-à-dire de la concurrence entre les individus de la même espèce pour survivre et produire une descendance mieux adaptée), néanmoins ils se rattachent plus ou moins directement à la lutte im-
médiate entre les représentants des divers groupes d'organismes. Dans cette lutte un rôle important incombe à la digestion intracellulaire, si répandue chez les rhizopodes et les infusoires et qui ne fait même point défaut chez les protozoaires se nourrissant par voie osmo tique.
Sommaire. — Plasmode. — Piqûre par un tube de verre. — Cautérisation avec une baguette chauffée. — Excitations chimiques. — Trophotrophisme. — Chimiotaxie.
Accoutumance du plasmode. — Rôle de la chimiotaxie négative. — Répulsion vis-à-vis des bactéries. — Digestion des bactéries par le plasmode. — Sensibilité du plasmode.
Végétaux immobiles et privés de digestion intracellulaire véritable. — Nécrose et régénération. — Expériences de Waldenburg. — Rôle de la membrane. — Recherches de De Bary sur la Peziza sclerotiorum. — Tumeurs des plantes.
En passant maintenant à l'examen des phénomènes pathologiques chez les organismes p'olycellulaires, nous devons nous arrêter tout d'abord à un groupe très important sous beaucoup de rapports, et intéressant surtout par la simplicité de son organisation. Je veux parler des myxomycètes, groupe qui présente un mélange de caractères animaux et végétaux et qui est remarquable surtout par un stade de plasmode. Ce plasmode est formé de masses protoplasmiques, les plus grandes qui existent dans la nature.
Le plasmode est, comme on sait, un état amiboïde colossal, formé par la fusion d'un très grand nombre
de zoospores des myxomycètes, et renfermant une quantité de noyaux plongés dans un protoplasma commun fusionné. Ramifié en toutes directions, le plasmode peut se déplacer sur les différents objets (feuilles mortes, bois, etc.) qu'il habite, présente des mouvements amiboïdes des bords de son ectoplasma, tandis que son plasma intérieur (ou endoplasma) accuse des courants rapides, rappelant ceux de la lave volcanique. Le plasmode englobe facilement les corps solides qui se trouvent à sa portée et les digère en partie à l'aide d'un ferment peptique et d'un acide sécrété autour de la nourriture (1). Tous les résidus ainsi que les corps indigestes sont rejetés à l'extérieur par le plasmode, et forment des traces qui marquent les endroits où étaient répandus les rameaux protoplasmiques. A un moment donné le plasmode produit des sporanges, le plus souvent en forme de petits fruits, et se divise en une quantité de spores munies d'une enveloppe résistante.
A cause de ses grandes dimensions, qui peuvent atteindre en longueur un pied et plus, le plasmode présente de grands avantages pour l'étude du protoplasme en généra] et de ses phénomènes pathologiques en particulier.
Introduisons d'abord dans la masse d'un plasmode de Physarum un corps étranger solide, par exemple un petit tube de verre, pour savoir quel effet produira
(1) Le ferment peptique a été découvert par M. Krukenberg dans Untersuchungen ans dem physiol. Instit. d. Univ. Heidelberg, t. II, 1878, p. 273. — Sur l'acide des plasmodes cf. Annales de l'Institué Pasteur, 1889, p. 25.
ce traumatisme. Le tube qui sert à faire la piqûre déchire une partie du plasmode, qui se répand dans le liquide environnant. Mais la grande masse protoplasmique ne s'en affecte nullement, et au bout d'une courte période elle englobe le tube introduit (fig. 19), comme s'il s'agissait d'un corps solide quelconque pouvant lui servir de nourriture. Après l'avoir conservé plus ou moins longtemps dans son intérieur, le
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Arenls se.
Fig. 19. — Une partie du plasmode englobant un tube de verre.
plasmode rejette le tube, comme il rejette tous les débris impropres à le nourrir.
Irritons maintenant le plasmode par un autre moyen. Après avoir choisi un exemplaire de celui-ci étalé sur un porte-objet (on peut prendre le plasmode jaune de Physarum), touchons sa partie centrale avec une petite baguette en verre chauffée préalablement à la flamme d'une lampe. Au lieu d'une lésion mécanique, nous produisons ainsi une excitation thermique. Aussitôt après avoir été touchée, la partie centrale du plasmode meurt, et se distingue nettement des parties périphériques vivantes. Celles-ci res-
tent sur place comme si rien ne s'était passé, et laissent le morceau nécrosé intact. Quelques heures plus tard le plasmode sort cependant de son état passif et s'éloigne en abandonnant la partie morte.
Les excitants chimiques agissent d'une façon plus énergique encore. Si nous appliquons sur le bord d'un plasmode de Physarum étalé sur une lame de verre un tout petit fragment de nitrate d'argent, et si nous lavons immédiatement
après la partie lésée par une solution de chlorure de sodium à 1 p. 100 (pour précipiter le nitrate qui a pu se dissoudre), nous verrons d'abord que le bord touché par le nitrate d'argent meurt et se détache du reste du plasmodium (fig. 20).
Ce dernier réagit immédiatement par un changement brusque de la direction de ses mouvements. Tandis qu'au moment de l'opération les courants plasmiques étaient dirigés vers le bord auquel a été appliqué le nitrate (l'expérience était faite avec intention sur la partie vers laquelle étaient dirigés les mouvements de l'endoplasma), aussitôt après ils se dirigèrent vers les côtés du plasmode et prirent bientôt une direction diamétralement opposée à la première (fig. 21). Au bout d'une heure après le début de l'expérience, le plasmode s'était déjà éloigné de sa position primitive,
Fig. 20.
- Plasmode cautérisé par le nitrate d'argent.
en laissant les débris mortifiés à leur place antérieure.
Le trait commun de ces deux dernières expériences c'est Féloignement du plasmode de ses parties lésées par un excitant thermique ou chimique. Seulement, dans le dernier cas, Féloignement se fait beaucoup