XCII
(1) a. Tïçcllcs garnies ilo cils vibratiles qui. déployées au dehors, constituent les leniacule dos Bryozoaires, el rentrées en dedans, la charpente du Ireillaço branchial des Ascidies, — h. Orifice d'cnlréc du lube digestif, — c. Orifice de 6orlie.
quels toutes les parties du corps, et surtout, peut-être (1), les bras ciliés propres à ces animaux étranges semblent, à un égal titre, servir à la fonction dont nous nous occupons. Celles mêmes que revêt la coquille sont parfois mises en communication avec l'eau par des perforations de cette enveloppe, à travers laquelle passent des saillies en papilles ; on peut, dit Gratiolet (2), les considérer comme des houppes branchiales.
Mais, chez tous les autres représentants du grand embranchement des Mollusques, nous allons trouver, sans que, pour cela, le reste du corps cesse de jouer un rôle, et même un rôle très-actif dans l'absorption de l'oxygène ; nous allons trouver, dis-je, des organes bien déterminés, des branchies, dont le service est souvent assuré et perfectionné par l'action de parties annexes, propres à renouveler l'eau à leur surface.
Ces branchies ont des formes, et semblent occuper des situations extrêmement diverses. Je tiens à vous montrer, en quelques mots, que cette apparente diversité de lieu laisse constater, au contraire, une remarquable fixité dans la position des organes branchiaux.
En effet, la peau des Mollusques présente, comme vous le savez, des replis plus ou moins considérables, plus ou moins libres et flottants, qui, sous le nom de manteau, enveloppent tout ou partie du corps de l'animal. Or, c'est toujours dans le sillon que déterminent ces replis cutanés en rejoignant le corps, que se trouvent situés les organes respiratoires. Suivons ceci d'un peu plus près.
Chez les Lamellibranches, le corps, privé de tête, n'est
(1) XGI1I, p. 91.
(2) XCIV, p. 227.
composé que d'une masse viscérale en avant de laquelle se montre, le plus souvent, un pied; si nous plaçons l'animal le pied appuyant au sol, nous voyons que de la ligne médio-dorsale descendent les deux lobes du manteau, lobes dont les valves de la coquille sont une dépendance externe, et qui s'unissent plus ou moins entre eux par leur bord inférieur. Or, à la voûte du sillon qui se trouve déterminé par la ligne de rencontre de chacun de ces lobes et du corps proprement dit, nous voyons, suspendues, une ou deux rangées de filaments sur la structure desquels nous dirons un mot tout à l'heure, et qui constituent les branchies.
Si des Lamellibranches nous passons aux Gastéropodes, en prenant, comme transition au point de vue qui nous occupe, une Patelle ou un Oscabrion, nous trouvons ici une tête développée, un pied énorme ; mais c'est encore dans le sillon presque circulaire que forme le manteau en rejoignant le corps, que flottent les branchies.
Mais, dans la plupart des Gastéropodes, en raison, le plus souvent de la disposition spirale des viscères et de la coquille, le manteau ne forme pas un sillon circulaire complet ; il ne se détache du corps que dans une région limitée, et, d'ordinaire, au voisinage de l'anus. Or, c'est toujours en ce lieu, sous l'abri de cette voûte incomplète, que se rencontrent les branchies, soit que cette voûte occupe la partie postérieure du corps (Opisthobranches de Milne Edwards), soit qu'elle constitue une sorte de chambre placée sur la nuque de l'animal (Prosobranches). La manière dont cette voûte se constitue, et dont on ne peut concevoir la réalisation des différences qu'elle présente entre les deux divisions du groupe des Gastéropodes, est exposée avec une grande lucidité dans les travaux de Milne Edwards (1).
(1) XGV et LXXXII, t. II, p. 57.
Chez ceux des Ptéropodes qui possèdent un appareil branchial bien déterminé, 'chez lestlyales, par exemple, c'est encore sous un abri semblable que nous le trouverons caché (1).
Enfin, chez les Céphalopodes eux-mêmes, les branchies ne quittent pas le sillon dont j'ai parlé ; mais, ici, le pied a disparu, et les replis du manteau, qui contiennent une couche épaisse de fibres musculaires obliquement striées, constituent une sorte de sac ouvert en avant, et dans l'intérieur duquel se cachent les branchies.
Mais, chez tous les Mollusques, la peau, vasculaire et mince, sert immédiatement à l'acte respiratoire partout où elle n'est point recouverte d'une coquille ; celle-ci même peut, comme l'a vu Spallanzani (2), absorber directement l'oxygène nécessaire à sa consommation. Cette respiration simplement cutanée existe même seule chez beaucoup de ces animaux, comme les Clios parmi les Ptéropodes, et, parmi les Gastéropodes, les Actéons et les Eolidiens. Chez ces derniers et dans les genres voisins (3) , la région dorsale du corps présente un certain nombre d'appendices flottants contenant destubes glandulaires oiil'actiondel'iode indique nettement, comme je l'ai constaté, la présence de la matière glycogène. Ces appendices à propos desquels se sont élevées tant de discussions, et qui ont été le point de départ de la théorie du phlébentérisme, doivent servir à la respiration.
Enfin, je ne dois pas passer sous silence la singulière disposition de l'extrémité terminale de l'intestin du Dentale, où, selon Lacaze Duthiers (Zi), se voit une riche vascularisation et s'exécutent des mouvements de contraction et de dilatation.
(1) xcvi.