XVIII
(3) Voy. XCVII.
(û) XCVIIT.
DES MÉCANISMES RESPIRATOIAES.
La peau des Mollusques nus dont je viens de parler, les branchies des Lamellibranches et celles des Gastéropodes sont recouvertes de cils vibraliles. Mais il en est autrement, même clans le jeune âge, pour celles des Céphalopodes : en revanche, ceux-ci possèdent, comme nous allons voir, un énergique moyen de renouveler l'eau aérée à la surface de leurs organes respiratoires.
Les branchies des Lamellibranches sont constituées par quatre et très-rarement par deux rangées de filaments verticaux qui se rejoignent par en bas, et sont, le plus souvent (les Pecten et quelques genres voisins font seuls exception), unis transversalement par de courtes barres qui déterminent ainsi des espèces de treillages solidaires les uns des autres. Des vaisseaux sanguins parcourent ces treillages que recouvrent les cils vibratiles. Ceux-ci attirent l'eau ambiante et lui font traverser cette claire-voie où se trouvent ainsi rassemblées toutes les conditions qui favorisent l'activité des échanges respiratoires. Le courant qu'ils déterminent se dirige d'avant en arrière, en suivant un chemin plus ou moins nettement tracé, suivant que l'on considère les différents ordres de cette classe de Mollusques. Cuvier (1) a montré, en effet, que, chez les uns (Huîtres), le manteau ne présente qu'une seule et large ouverture, de chaque côté de laquelle flottent librement ses lobes, tandis que successivement, chez les autres, on voit ces lobes se réunir, de façon à délimiter déplus en plus nettement trois orifices : l'un, antérieur, par où passe le pied; le second, par lequel s'introduit un courant d'eau, qui ressort par le troisième orifice, lequel est postérieur. On suit toutes les phases de cette réunion en envisageant successivement les genres des Mou-
(1) xcix, t. m.
MOLLUSQUES r.AMF.f.r.ITîR ANCHES. 185
les, des Cames, des Bucardes, des Vénus, des Tellines et des Pholades où elle est portée à son plus haut degré. L'existence des deux courants d'entrée et de sortie est,
Fig. 13. — Pholade ouverte, d'après Aider et Hancock (1)*.
chez ces derniers Mollusques, des plus faciles à constater, d'autant plus que les orifices par lesquels ils passent sont
(i) CL
(*) o. Orifice d'entrée. — b. Orifice de sortie. — c. Branchies flottantes. — d. Arrièrecavité où l'eau entrée en a et qui a traversé les branchies arrive pour sortir en b. — e. Appendices buccaux. — h. Pied. — g. Bouche.
placés à l' extrémité de longs tubes ou siphons que l'animal fait sortir de la coquille lorsqu'il est au repos. L'eau apportant ainsi à la fois les matières alimentaires et l'oxygène entre par l'orifice inférieur (a), et ressort par l'orifice supérieur {/)), emportant avec elle et les résidus digestifs, et l'acide carbonique exhalé. C'est le jeu des cils vibratiles qui détermine cette espèce de circulation, dont la figure 13, demi-schématique, donne une idée fort claire.
La forme, la disposition et même le nombre des branchies varient extrêmement dans les divers groupes des Gastéropodes ; la plupart des Prosobranches n'en possèdent qu'une, formant panache (Pectinibranches de Cuvier). Mais ce serait nous écarter de notre but que d'entrer dans aucun détail touchant la structure ou la morphologie de ces organes dont les zoologistes ont étudié avec soin 'les nombreuses diversités.
L'eau qui baigne les branchies est renouvelée par le mouvement incessant dû aux cils vibratiles, et par l'agitation de l'organe entier au sein du liquide. Il est à remarquer que le courant déterminé parles cils se dirige toujours de telle sorte qu'après avoir longé les branchies, il baigne et balaie l'orifice terminal du tube digestif. Mais jusqu'ici le renouvellement de l'eau n'a pas été assuré d'une manière efficace et rapide par des appareils spéciaux ; chez les Céphalopodes, il en est autrement, et, successivement, un appel et une expulsion puissante entretiennent autour des organes respiratoires un courantd'eau toujours pure.
Ces organes consistent en une (Poulpes, Seiches, etc.) ou deux (Nautiles...) paires de branchies en forme de pyramide {b) composées chacune de deux tiges opposées et parallèles, que relient des tigelles transversales garnies de lamelles plus ou moins repliées. Leur surface ne possède