LAMPROIE
de sa respiration ; alternativement, l'eau entre et sort par les quatorze orifices branchiaux. Si quelque petit corps en suspension pénètre par un orifice, c'est aussi par lui qu'il sort d'ordinaire à l'expiration suivante ; mais souvent on le voit partir par l'orifice correspondant, de l'autre côté du corps, beaucoup plus rarement par quelqu'un des autres orifices. Ce n'est pas tout : pendant le temps expiratoire, nous voyons l'eau sortir par un petit trou situé au-dessus de la bouche, et, si nous attirons doucement l'animal de manière que ce trou sorte de l'eau, il s'en élance un petit jet qui s'élève jusqu'à 5 ou 6 centimètres.
Ce jet avait déjà été observé et même dessiné par Rondelet (1), que C. Duméril (2) reprend à tort à ce sujet.
Vous comprenez ainsi comment les anciens naturalistes et notamment Lacépéde (3) ont cru, chez les Lamproies, à l'existence de communications directes entre cet orifice et l'appareil respiratoire, à l'existence d'évents, dont ils ont admiré aussitôt l'utilité et démontré même la nécessité. C. Duméril avait même partagé cette opinion, sur laquelle il est plus tard revenu (à). Cet orifice est simplement celui des fosses nasales, lesquelles sont fermées en arrière comme chez tous les Poissons (à l'exception du Lépidosiren), et c'est par le jeu synergique des appareils musculaires que se manifeste leur apparente relation avec l'appareil branchial.
Tel est le mécanisme de la respiration quand la Lamproie est fixée; tel il est encore quand elle nage librement; très-rarement on voit l'eau pénétrer à la fois par la bouche et par les orifices branchiaux. C'est donc par ceux-ci,
(1) CXIII, p. 202.
(2) CXIV, p. 2G.
(3) CXV, t. I, p. 93.
(4) CXVI, p. 3G.
comme l'avait déjà vu C. Duméril (1), dont la description n'a malheureusement pas été reproduite par les auteurs classiques, que se font alternativement l'inspiration et l'expiration.
Dans les Poissons osseux ou cartilagineux et dans les Amphibiens, l'appareil hyoïdien se développe considérablement, et c'est toujours lui qui soutient et protège les organes respiratoires.
Pour avoir une idée sommaire de la constitution de cet appareil compliqué, examinons ensemble une tête de Brochet, dont les parties molles ont été enlevées (voy. fig. 31).
De chaque côté d'un os médian, impair, de l'os hyoïde, en
Fig. 31. — Appareil branchial d'un Brochet, d'après E. Blanchard (2).
un mot, vovez monter vers la voûte crânienne six arceaux parallèles, composés chacun de plusieurs pièces articulées.
L'arceau postérieur est garni de fines dentelures; il n'a, chez aucun Poisson, de relations physiologiques avec l'appareil respiratoire. Les quatre arceaux précédents se ressemblent beaucoup; ce^sont eux, toujours, qui portent le?
(1) CXVI, p. 20 et 34.
(2) CCXXV,'flg.'2, p. 89.