‹ Leçons sur la physiologie comparée de la respiration [electronic resource]Chapitre 124 sur 289 · BRANCHIES DES POISSONS OSSEUX · texte numérisé non relu

BRANCHIES DES POISSONS OSSEUX

Dans le Brochet, les deux rangées de lamelles que nous considérons sont, jusqu'à la base, isolées l'une de l'autre ; mais si nous examinions un Congre, nous les verrions réunies, jusqu'à la moitié de leur hauteur, par une lamelle à laquelle Duvernoy (1) a donné le nom de diaphragme branchial. Dans ce diaphragme existent de petits muscles dont l'action tend à rapprocher les unes des autres les lamelles appartenant aux deux séries opposées (voy. fig. 3A, A). Enfin, dans l'épaisseur de la cloison inter-branchiale des Sélaciens, que nous verrons être l'analogue de ce diaphragme des Poissons osseux, on voit apparaître, réunies par des muscles, des tigelles cartilagineuses.

Ces faits, dont il faut tenir compte dans l'explication du mécanisme de la respiration chez les Poissons, étaient surtout importants à rappeler pour nous permettre de comprendre la constitution de l'arc antérieur de l'appareil, de l'arc branchiostége.

Dans celui-ci, l'arceau hyoïdien a pris un développement considérable; de même le diaphragme, avec ses lamelles solides et les muscles qui les unissent; mais les branchies elles-mêmes ont presque toujours disparu.

La série antérieure des lamelles branchiales, vous ne la trouverez, sur cet axe branchiostége, dans aucun Poisson, mais la postérieure existe quelquefois. Vous la rencontrerez, par exemple, chez l'Esturgeon, et nous verrons que son existence est constante chez les Cartilagineux Plagiostomes.

Mais revenons à notre Brochet. Sur l'arceau s'insèrent des lamelles osseuses réunies par une membrane qui représente le diaphragme branchial, membrane où se trouvent des

(1) GXV1I et LXXVill, p. 322.

fibres musculaires : ce sont les rayons branchiostéges. Simples stylets sub-similaires dans la plus grande partie de l'arceau qui les porte, ils s'élargissent et se transforment en approchant du crâne. Là, deux d'entre eux, considérablement modifiés, deviennent ce qu'on appelle d'ordinaire le sous-opercule et l'opercule. Ces deux os s'unissent à deux autres lames osseuses, le préopercule et l'interopercule (ou mieux sous-préopercule).

Le préopercule lui-même a, comme l'a démontré Hollard (1) , des relations embryogéniques avec le suspenseur de l'hyoïde, et, par suite, avec l'arceau branchiostége, tandis que l'interopercule est l'analogue de X enclume des Vertébrés aériens.

Tout ce système constitue l'appareil operculaire, valve mobile qui recouvre en arrière les arceaux branchifères. Chez notre Brochet, cette valve laisse, entre elle et le corps, une ouverture assez grande ; nous la trouverions plus large encore chez certains Poissons, chez un Hareng, par exemple ; mais, chez une Anguille, par contre, elle est extrêmement étroite, et reculée en arrière jusqu'au-dessous des nageoires pectorales. Nous verrons quelle importance à coup sûr exagérée on a attribuée à ces différences.

Ces arceaux branchifères, ces lamelles branchiales, ces pièces operculaires et branchiostéges, se meuvent incessamment durant la respiration, Dans le liquide où elles sont plongées, les lamelles branchiales s'écartent et flottent, livrant ainsi toute leur surface à l'action de l'oxygène. En outre, les arceaux sur lesquels elles sont portées s'éloignent l'un de l'autre, par le jeu de petits muscles prenant leur point d'appui sur le crâne même, et se dirigent en avant;

(1) GXVI1I.

Page 1