‹ Leçons sur la physiologie comparée de la respiration [electronic resource]Chapitre 152 sur 289 · TOKTUES. — PRÉTENDUE DÉGLUTITION DE L'AIR · texte numérisé non relu

TOKTUES. — PRÉTENDUE DÉGLUTITION DE L'AIR

de sacs débouchant directement dans la bronche, sacs dont vous pouvez avoir une idée assez exacte en les comparant chacun au poumon d'une Grenouille. La trachée, les bronches, les saillies lobulaires, sont garnies de cilsvibratiles dont la ténacité vitale est tellement extraordinaire qu'on les aurait vus, au dire de Th. Williams (1), se mouvoir encore plusieurs mois après la mort de l'animal.

Ainsi renfermés dans une boîte osseuse inextensible, comment se remplissent et se vident les poumons? Les anatomistes, considérant l'apparente impossibilité d'une dilatation active, sont aujourd'hui tous d'accord pour déclarer que les Tortues, comme les Grenouilles, déglutissent l'air qui sert à leur respiration.

Ces animaux font, en effet, des mouvements réguliers de la gorge, qui ressemblent beaucoup à ceux des Grenouilles; mais ces mouvements, nous le verrons, existent même chez les Crocodiles, sans avoir aucun rapport avec l'acte de la déglutition aérienne.

Les auteurs font jouer à la langue de la Tortue le même rôle qu'à celle des Grenouilles, d'oblitérer les narines pendant la contraction de la gorge. Mais vous pouvez voir que la langue de la Tortue que je vous présente ne peut aucunement venir s'appliquer sur l'orifice nasal postérieur.

Au reste, il est bien simple de s'assurer qu'une Tortue, à laquelle on met un bâillon, et qui ne peut ainsi déglutir, continue cependant à respirer et à vivre. C'est une expérience que je me rappelle avoir faite étant enfant, et que j'ai répété depuis. Ajoutons encore que Townson (2) avait déjà vu, contrairement aux assertions anciennes de Coiter et de

(1) GXXVII, p. 286.

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