CLIX
288 DËS toÊCAMSMËS ftESPiRÀTOlRËS.
Varnier, qu'une Tortue dont la carapace est ouverte ne peut pas remplir ses poumons, comme le fait une Grenouille dont l'abdomen est ouvert.
Mais j'ai hâte d'arriver à une démonstration directe de celte assertion qui pourra vous paraître [étrange, que l'inspiration chez les Tortues s'exécute comme chez les autres Reptiles, par un appel d'air, par une dilatation de la cage thoraco-abdominale.
Cette preuve a été donnée par Pannizza, et il y a lieu de s'étonner qu'après une expérience aussi péremptoire, et qui date de vingt ans, on ait persisté à en enseigner la respiration par déglutition. Si l'on ne croyait pas l'expérience exacte, rien n'était plus simple de la répéter. Mais nous avons ici une preuve saisissante du danger des déductions anatomiques dans l'explication des faits physiologiques, même dans les questions de simple mécanisme.
La boîte thoracique est inextensible, disent les anatomistes : il serait donc absurde de chercher à constater sa dilatation. Nous, physiologistes, nous disons, au contraire : y a- L— il, oui ou non, dilatation? Si oui, qu'importent assertions et raisonnements ! C'est aux anatomisles à chercher maintenant les agents de cette dilatation impossible dont nous avons démontré l'existence.
Car elle est démontrée, et d'une manière si simple, que la passion exclusive du scalpel anatomique peut seule expliquer qu'on ne l'ait pas comprise. Pannizza (1), en effet, mit un tube dans le bout inférieur de la trachée, préalablement coupée dans la région du cou, et, approchant de l'extrémité de ce tube une plume, il vit les barbes de celles-ci cire alternativement attirées, puis repoussées; témoignage irré-
(i) GLVIII, p. 240.