DIX-HUITIÈME LEÇON
DES MÉCANISMES RESPIRATOIRES (suite).
Oiseaux. — Poumons, sacs extra-pulmonaires. — Extension sous-cutanée de ceux-ci chez divers oiseaux. — Pneumaticité de certains os. — Rbythme de la respiration : Expériences. — Antagonisme du jeu des sacs intra-thoraciques et des sacs sous-cutanés : Expériences. — Usages divers attribués aux sacs pulmonaires.
Messieurs,
Oiseaux. — Chez les Oiseaux, dont nous allons exclusivement nous occuper pendant cette leçon, la constitution du squelette de la cage pulmonaire, la structure de la trachée, la glotte qui se ferme complètement à la volonté de l'animal, rappellent ce que nous venons de voir chez les Reptiles Sauriens.
La trachée, extrêmement longue, présente souvent des renflement ou des replis, dont je vous rappelle seulement l'existence en passant. Au point où elles e hifurque, se trouve une dilatation de forme et de structure variées, où se produit la voix, et dont je n'ai rien ici à vous dire, sinon qu'il ne s'y trouve pas de membranes ou de muscles susceptibles d'en oblitérer complètement le calibre.
Chacune des bronches arrive alors au poumon, y pénètre, le traverse d'outre en outre, se bifurque en arrivant à son extrémité postérieure et communique avec l'extérieur par
deux orifices béants. Sur la route, celte bronche primaire fournit un certain nombre (h chez l'Aptéryx (1), 11 chez la plupart des oiseaux) de bronches secondaires; de celles-ci partent, à angle droit, des bronches de troisième ordre, puis, enfin, des bronchioles qui donnent toutes les unes dans les autres. Tous ces canaux présentent sur leurs parois des alvéoles irrégulières autour desquelles s'enlacent les vaisseaux sanguins. Ces divers systèmes aérifiés communiquant tous entre eux, il en résulte une masse spongieuse, dans laquelle, selon l'expression de Th. Williams (2), il n'existe pas, à proprement parler, de cellules aériennes. Cette masse est fixée à la paroi supérieure du thorax, incrustée dans les sillons intercostaux, comme le sont les poumons des Tortues. Il est facile de voir, pour le dire en passant, que le type anatomique que nous venons de décrire rapidement, a beaucoup plus de rapport avec celui des Reptiles qu'avec ce que vous connaissez chez les animaux Mammifères.
Notons encore que dans les alvéoles dont nous avons parlé, disparaît, comme l'a dit M. Rainey (3) , l'épithélium vibratile qui garnissait les bronches et la trachée. C'est là, en effet, un fait général : les cils n'existent pas sur les parties de l'appareil pulmonaire où se fait l'hématose ; ils sont propres aux tubes aériens ou aux saillies intra-pulmonaires qui les remplacent chez les Reptiles. Le même fait se retrouve, vous le savez, chez les Mammifères, mais j'en indique ici la généralité, ne devant pas vous parler de la structure du poumon de ces derniers animaux.
(1) CLXIV, p. 278.
(2) CXXVII, p. 278.
(3) GLXXXII.