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SES RAPPORTS AVEC LA CIRCULATION

Mais remarquons, d'abord, que dans le thorax, la chose est plus compliquée que dans le simple soufflet pris pour exemple. En effet, à côté des poumons se trouve le cœur, avec d'énormes vaisseaux veineux à parois très-dilatables, et où peut affluer le sang. Il en résulte qu'à chaque inspiration, la tendance au vide est satisfaite non-seulement par l'air qui se précipite à travers la glotte, mais par le sang qui est attiré des membres et de l'abdomen dans les veines caves et la région droite du cœur, et dont l'appel thoracique ralentit la marche dans les veines pulmonaires vers les loges artérielles.

De même, l'expiration a pour effet de diminuer l'impulsion du sang veineux vers le poumon, et de faciliter, au contraire, le cheminement du sang artériel dans les vaisseaux qui retournent au cœur gauche. Ainsi, par une remarquable harmonie fonctionnelle, l'inspiration attire à la fois l'air pur et le sang qui en cherche le contact, tandis que l'expiration, chassant l'air devenu inutile, aide au cours du sang qui en a épuisé l'influence réparatrice.

Cette action de la respiration sur la circulation a été depuis longtemps remarquée, et est devenue l'occasion de travaux nombreux ; au point de vue de la question qui nous occupe, elle pourrait être telle qu'il ne se fasse pas de modifications réelles de pression dans les poumons, la proportion trop faible d'air envoyée par la trachée pouvant être compensée par le sang attiré dans le thorax. Notre question reste donc entière.

Je vous rappelle, en outre, cette influence d'ordre différent, que la circulation, que les battements du cœur exercent sur la pression intra-pulmonaire. Nous en avons eu la preuve par le procédé que je vous ai indiqué dans une de nos dernières leçons, et nous avons obtenu, vous vous en souvenez,

38/| PRLSSION INTR A-PULMONAIRE.

le tracé qui exprime ces modifications (voy. p. 337, fig. 76, tracé n° 2).

Arrivons maintenant à la question elle-même. Supposons qu'un animal soit placé sous une cloche hermétiquement fermée, et que nous ayions le moyen de reconnaître les changements de pression les plus légers que présente l'air contenu dans cette cloche. Il est évident que si l'orifice glottique suffit au débit de la pompe respiratoire , s'il y entre assez d'air pendant l'inspiration, s'il en sort assez pendant l'expiration, aucun changement n'aura lieu dans la pression, dans la condensation de l'air extérieur. Peu importe, en effet, que l'air soit au dedans ou au dehors de l'animal, il n'en occupe pas plus de place pour cela (je néglige la dilatation par la chaleur, on comprend aisément pourquoi). Mais si, au contraire, il y a diminution de pression dans le thorax de l'animal, par suite d'une insuffisante pénétration d'air par la trachée, il devra y avoir, au contraire, compression de l'air de la cloche; l'excès de volume acquis par l'animal à cause de l'air qu'il aura inspiré, sera trop considérable, et par conséquent il pressera sur Tair qui l'entoure. Pendant l'expiration, l'inverse devra avoir lieu, et la compression de l'air intra-pulmonaire devra avoir pour conséquence la dilatation de l'air de la cloche.

C'est, en effet, ce qu'on observe. Et la constatation s'en fait de la manière la plus simple. La cloche que nous employons est soigneusement rodée, et ferme hermétiquement, par adhérence sur une plaque de verre ; elle porte une tubulure, par laquelle l'air qu'elle contient communique, grâce à l'intermédiaire d'un tube de caoutchouc, avec le tambour du levier enregistreur. L'appareil étant convenablement sensibilisé, les moindres modifications dans la pression de l'air

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