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SON EXISTENCE CHEZ LES REPTILES

vanisation instantanée fait contracter le poumon droit, et donne une courbe semblable à la précédente (tracé n° 2) .

Fig. 94 ( V )• — Effets de la contraction pulmonaire chez le Lézard (*).

Le poumon gauche reste immobile pendant la galvanisation du pneumogastrique droit ; ces nerfs se rendent donc exclusivement chacun au poumon situé de son côté.

Le poumon des Serpents était particulièrement curieux à étudier sous ce rapport, à cause du sac à paroi membraneuse qui fait suite au véritable tissu cellulaire où s'exécutent les échanges respiratoires. Or, en examinant avec soin ces deux régions du poumon chez une Couleuvre à collier de grande taille, j'ai pu obtenir assez aisément des mouvements du levier enregistreur à la suite de la galvanisation du véritable poumon, qu'une ligature avait isolé du sac membraneux; au contraire, celui-ci ne m'a rien fourni, malgré son étendue beaucoup plus grande. Nous pouvons donc conclure que la partie respiratoire du poumon des Serpents est contractile, tandis que le réservoir qui lui fait suite ne l'est pas, ou, du moins, l'est bien faiblement.

Les expériences que nous venons de rapporter, et bien d'autres dont il eût été inutile de donner ici des détails, nous permettent donc d'affirmer les trois propositions suivantes :

1° Le tissu pulmonaire est contractile chez les Mammifères et chez les Reptiles.

(*) \. Excitation du poumon. — 2. Excitation du nerf pneumogastrique. — La ligno droilc est une ligne de repère indiquant le repos du levier.

380 CONTRACmiTÉ PULMONAIRE.

2° Sa contraction est sous la dépendance du nerf pneumogastrique.

3° Chez les Mammifères, le pneumogastrique perd son action sur le poumon à peu près en même temps que sur le cœur et l'œsophage, c'est-à-dire du quatrième au sixième jour après sa section ; la contractililé pulmonaire elle-même a disparu au bout de deux semaines. Après quatre mois, même chez un jeune chien, elle n'est pas encore revenue. Je ne saurais vous dire, n'ayant pas d'expériences assez anciennes, au bout de combien de temps elle reviendrait, et même si elle reviendrait jamais.

A quelle branche du pneumogastrique faut-il attribuer celte influence sur la contractilité pulmonaire ? L'analogie plaide pour le nerf spinal, qui tient sous sa dépendance le larynx, le cœur, et la plus grande partie de l'œsophage. Mais malgré que j'aie arraché dans ce but le spinal à bien des Lapins et des Chats, je ne saurais encore répondre à la question. La petite taille de ces animaux est cause qu'on obtient très-difficilement les signes de la contractilité pulmonaire.

Quel rôle peut jouer cette contractilité dans les phénomènes respiratoires? Nous ne pouvons donner à cette question de réponse catégorique. Il est bien évident d'abord que la contraction du poumon ne saurait avoir un rôle actif pendant l'expiration ; elle est pour cela bien trop faible, et surtout trop lente à se produire. Peut-être préside-t-elle à quelque espèce de mouvement péristaltique des bronches utile pour brasser l'air? Mais ce n'est là qu'une hypothèse. Nous pouvons seulement affirmer qu'elle n'est pas indispensable à l'intégrité du parenchyme pulmonaire. Nous avons vu, en effet, que le poumon reste sain, ne s'engorge nullement de mucosités, et conserve même ses cils vibratiles,

PEU d'importance de sa perte. 331

lorsqu'elle a disparu à la suite des sections nerveuses.

Nous verrons, et vous le savez déjà, que la section des deux pneumogastriques entraîne la mort chez tous les animaux. Quelle que soit la raison de cette mort, et nous reviendrons sur ce point, il est évident qu'on ne peut pas l'attribuer à des changements dans la structure et par suite dans les fonctions pulmonaires, changements résullantdela cessation de l'action centrifuge motrice des nerfs supprimés. Pour nous en tenir à ce qui regarde les poumons, le seul changement observé, le seul qui puisse être consécutif à la section du nerf, c'est la disparition du tissu musculaire, atrophié avec une singulière rapidité. Or, cette atrophie n'a aucune conséquence sur la constitution générale de l'organe , qui reste parfaitement sain, pendant des mois entiers, parfaitement apte, par suite, à remplir ses fonctions. Mais le pneumogastrique ne contient pas que des fibres motrices pulmonaires, il contient surtout des fibres sensitives, et c'est à la suppression de celles-ci qu'il convient, ainsi que nous le verrons, de rapporter la mort.

Je ne parlerai que pour mémoire des applications qu'on a faites, puis qu'on a dû suspendre, et qu'on pourra faire maintenant en sûreté de conscience, de la connaissance de la contractilité pulmonaire à la théorie de l'asthme. Cela sortirait de notre sujet d'abord ; je vous déclarerai en outre que j'ai peu de goût pour ces explications médicales hâtivement tirées des faits physiologiques, lorsqu'aucune expérience ne peut consécutivement en contrôler la valeur, explications dont il faut d'autant plus se délier, en règle générale, qu'elles paraissent plus admissibles et satisfont davantage l'esprit.

Des changements dans la pression intra-pulmonaire pendant la respiration. — Les poumons contenus dans le tho-

rax peuvent être, suivant l'antique et ingénieuse idée de J. Mayow (1), comparés à une vessie renfermée dans un soufflet aux parois duquel elle s'appliquerait exactement. Si l'on écarte les valves du soufflet, l'air, entrant par la douille, se précipite dans la vessie, pour en sortir quand on les rapproche. Quand l'écartement est opéré d'une manière lente, l'orifice de la douille peut laisser entrer une quantité d'air suffisante pour répondre à l'appel qui est fait, et il n'y a jamais, dans la vessie, de véritable diminution de pression; la tendance au vide y reste à l'état virtuel. Mais si l'écartement est brusque, l'appel rapide et considérable, l'orifice de la douille peut se trouver trop étroit, et, malgré le courant d'air qui s'y établit, il n'entre pas dans la vessie la quantité d'air nécessaire pour établir entre son contenu et l'atmosphère égalité de pression ; en d'autres termes, il se fait, dans la vessie, une véritable raréfaction de l'air , une diminution de pression.

Semblablement, si le rapprochement des valves est trop brusque, la douille du soufflet pourra se trouver trop étroite pour laisser échapper l'air qui cherche à s'enfuir, celui-ci se trouvera alors comprimé dans l'intérieur de la vessie, où existera alors une véritable condensation de l'air, une augmentation de pression.

Ce qui peut se passer dans notre soufflet peut-il se passer dans l'appareil thoraco-pulmonaire? Si oui, n'est-ce que dans des circonstances exceptionnelles, ou bien ces changements dans la pression de l'air du poumon ont-ils lieu à chaque alternative respiratoire ? Une méthode expérimentale bien simple va nous permettre de résoudre cette intéressante question.

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