‹ Leçons sur la physiologie comparée de la respiration [electronic resource]Chapitre 217 sur 289 · UOS MODIFICATIONS DU RHYTHME RESPIRATOIRE · texte numérisé non relu

UOS MODIFICATIONS DU RHYTHME RESPIRATOIRE

santé et d'équilibre, conditions dont un bon nombre peuvent être reproduites par voie expérimentale. Il en est quelques-unes que nous avons déjà citées, commele sommeil, l'exercice, la digestion, etc., dont l'influence est depuis longtemps connue, et s'exerce surtout, du reste, sur le nombre des respirations. Nous avons déjà dit pourquoi nous ne parlerions pas de celle-ci ; notre attention doit surtout se fixer sur des points moins étudiés.

Influence des obstacles. — En premier lieu, je vous parlerai de l'influence que peuvent exercer certains obstacles au cours de l'air; ces obstacles peuvent ne s'opposer qu'à l'inspiration ou à l'expiration, ou bien consister en un rétrécissement qui agit à la fois sur les deux phases respiratoires.

Dans ces circonstances, le rhythme respiratoire présente des modifications que Marey (1) a le premier étudiées : ses conclusions sont les suivantes :

« Si l'on respire par un tube étroit, on diminue la fré- 6 quence de la respiration, on augmente son amplitude, et » l'on change son rhythme en allongeant la période d'inspi- » ration.

ï Si l'obstacle à la respiration n'existe que dans un sens, » ce qui arrive lorsqu'on met une soupape dans le tube, on > voit que l'obstacle allonge la période de la respiration » pendant laquelle il agit. »

Les expériences de Marey ont été faites sur l'homme, et, par conséquent, les obstacles ont été prudemment mesurés ; on a pu se condamner à une certaine gêne, mais cette gêne n'a pas été jusqu'à l'angoisse, ni même jusqu'à une véritable dyspnée. Disposant d'animaux avec lesquels l'expéri-

(1) CLXXXVI, p. 452.

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mentateur a toute liberté, j'ai pu aller plus loin, et voir ce qui arrive lorsque des obstacles puissants amènent chez l'animal une angoisse réelle, sans que pour cela sa vie soit en danger. Or, dans ces conditions extrêmes, les formules de Marey ne trouvent plus leur application.

Les tracés que je vais vous montrer ont été obtenus par les mouvements directs de l'air qui servait à la respiration; l'animal (voy. fi g. 20, p. 205) avait dans la trachée un tube qui communiquait par l'intermédiaire d'une vaste bonbonne avec le levier enregistreur. On suscitait les obstacles tantôt en étranglant avec une pince le large tube de caoutchouc qui tenait immédiatement au tube trachéal, tantôt en intercalant des tubes étroits, un robinet ou des tubes à soupapes diversement disposées.

ViG. 98 (~). — Obstacles à la circulation île l'air dans les poumons. Obstacle dans ces deux sens.

Le premier lracé?(voy. fig. 98, tracé n° 1) a été obtenu en rétrécissant modérément ( de — en | ) le tube de caoutchouc; la respiration s'est ralentie, son amplitude a un peu augmenté, et le ralentissement a surtout porté sur la phase inspiratoire : en un mot, il y a concordance exacte avec la formule de Marey.

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