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M 2 MODIFICATIONS DU RHYTI1ME RESPIRATOIRE

tation de Marey, un tube muni d'une soupape en son milieu ; selon le bout de ce tube que je plaçais en avant sur le trajet de l'air, il y avait gêne à l'inspiration ou à l'expiration.

Mais je ne pouvais pas ici, comme dans les expériences précédentes, passer immédiatement de la respiration normale à la respiration gênée; il fallait nécessairement, après avoir enregistré, par exemple, la respiration normale, arrêter un instant l'expérience pour intercaler le tube à soupape, et de même pour revenir à la respiration normale ; mais avec un peu d'habitude, cette interruption est extrêmement courte : la même observation s'applique au dernier tracé que je vous ai montré (voy. fig. 98, tracé n° à).

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Fig. 99 (-y). — Obstacles à la circulation de l'air dans le pouinou : 1, obstacl-; à l'inspiration seule ; 2, obstacle à l'expiration,

Le premier tracé (voy. fig. 99, tracé n° l) est relatif à l'obstacle pendant l'inspiration seule : a représente le tracé de la respiration normale; b est le tracé immédiatement consécutif à l'établissement du tube à soupape; on voit que le rhythme se ralentit de plus en plus, et que l'amplitude augmente aussi graduellement. Quand je remets les choses dans l'état primitif c, la respiration met un assez long temps à reprendre sa physionomie primitive.

Le second tracé (tracé n° 2) est relatif à l'obstacle à

INFLUENCE DES POÎSONS.

l'expiration seule : a est le trace de la respiration normale; b celui qui suit immédiatement l'établissement du tube à soupape. La respiration, on le voit, se ralentit et augmente momentanément d'amplitude. Mais ce n'est pas là le fait le plus curieux : vous voyez quelaligne dentelée qui représente la respiration s'abaisse, pour prendre, au bout d'un certain temps, une position horizontale, placée notablement au-dessous de la position primitive. Cela indique un état de gonflement dans la poitrine de l'animal, qui n'expulse pas autant d'air qu'il en -spire. Cette remarquable altération s'est présentée toutes les fois qu'il existait un obstacle à l'expiration seule. L'animal, avec son thorax ainsi dilaté, paraît infiniment plus anxieux que dans les cas où l'obstacle est égal pour les deux temps, et surtout que dans ceux où il n'existe que pour l'inspiration.

Il ne m'appartient pas d'insister sur les analogies que peuvent présenter les phénomènes que nous venons d'observer avec certaines dyspnées pathologiques. J'appelle cependant votre attention sur le fait relatif à la gêne pendant l'expiration, sur ce gonflement du thorax avec anxiété violente, que présentent également à un haut degré quelques individus atteints de cette maladie à formes et probablement à causes si diverses, que l'on appelle l'asthme.

Action de certains poisons sur le rhylhme respiratoire. — Je ne connais pas de substances toxiques qui portent directement et primitivement leur action sur le rhythme respiratoire, qui tuent exclusivement par action sur la respiration. L'action même du chloroforme sur cette fonction paraît n'être qu'un cas particulier de ses effets généraux sur les cellules sensibles des centres nerveux cérébro-spinaux et ganglionnaires. Mais en revanche, il n'est peut-être pas de poisons qui ne finisse par amener des troubles dans la res-

hVl MODIFICATIONS DU RHYTHMli RESPMATOink.

piralion, troubles qui sont d'ordinaire l'indice d'une mort prochaine. On voit qu'une étude qui aurait la prétention d'être complète nous mènerait beaucoup trop loin, et trèsprobablement ne nous présenterait pas grande utilité. Cependant, comme en étudiant à ce point de vue quelques poisons célèbres, bien connus, bien déterminés physiologiquemenl, j'ai rencontré quelques faits intéressants, je crois devoir vous les communiquer.

Curare. — Le premier poison dont je parlerai est le curare ; son action sur la respiration paraît se borner à un ralentissement et un affaiblissement de plus en plus prononcés jusqu'à la mort, qui arrive graduellement, sans secousses. 11 suffirait de cette indication, si une particularité assez curieuse ne s'était présentée à nous dans l'étude de ce poison. Le curare dont nous nous servions est un de ceux auxquels le mélange de substances étrangères donne cette propriété, à laquelle on a attribué autrefois une importance bien peu justifiée, de produire de très-légers mouvements convulsifs. Ces mouvements existent même dans les muscles de la respiration, et les tracés qu'on obtient dirèctement par la trachée en montrent les phases,comme ceux qu'on recueille à l'aide du pneumographe sur lequel agit en outre le peaussier, le plus convulsé de tous les muscles.

Or, si l'on examine les tracés ainsi obtenus, on est frappé de voir quelle régularité singulière affectent dans leur rhythme ces mouvements si compliqués et d'apparence si profondément irrégulière. Je ne vous montrerai de ce fait curieux que deux exemples, car les autres ne sauraient rien nous apprendre de plus, et la chose n'est pas assez importante pour qu'on y insiste.

Le tracé n° l(fig.l00)a étéfourni parl'airdela trachéed'un chien en communication directe avec le levier; le n° 2, par

EMroiSONNliMÈNÎ PAR LE CURAlU?. Zjl5

le pneumographe, chez un autre chien. Les deux animaux étaient depuis plusieurs minutes dans l'impossibilité de se tenir debout, et même de retirer un membre qu'on leur pinçait : les légers mouvements convulsifs qui agitaient

FiGt 100 (V). — Graphiques de la respiration de deux Chiens empoisonnés

par le curare.

même les pattes, avaient donc persisté après la disparition des mouvements volontaires. Au n° 2, en outre, les deux nerfs pneumogastriques venaient d'être coupés.

J'ai tenu à vous entretenir de ces faits, malgré qu'ils semblent parfaitement isolés, sans explication ni conséquences possibles. Mais ce n'est jamais chose inutile, je pense, que de voir soumis à une règle, à une loi, des phénomènes qui semblaient tout à fait irréguliers, accidentels, arbitraires, pour ainsi dire. Il y a là un intérêt d'ordre philosophique peut-être plutôt que physiologique ; mais peu importe, si cet intérêt est réel.

Au point de vue purement physiologique, j'appellerai votre attention sur ceci, que les petites convulsions du curare, qui retentissent jusque sur les muscles respiratoires, sont toujours consécutives à une inspiration : elles s'opèrent vers le milieu de la phase expiratoire. Nous allons voir maintenant comment se comportent, sous ce rapport, les convulsions strychniques.

M6 INFLUENCE SUR LE fiHÏTHME KESPIKATOlRE.

Strychnine. — La première convulsion produite par la strychnine est ordinairement, comme on le sait, très-forte ; or, je l'ai vue coïncider, soit avec une inspiration énorme, soit avec une expiration forcée^ Mais la coïncidence avec l'inspiration est beaucoup plus fréquente, et d'autre part, quand il y a expiration forcée, elle est suivie immédiatement d'une grande inspiration qui dure aussi longtemps que l'attaque convulsive tonique des muscles généraux du corps. Ceci veut dire que tantôt le diaphragme entre en convulsion en même temps que les autres muscles, tantôt sa convulsion présente sur la leur un léger retard.

Les attaques strychniques sont précédées par une accélération très-remarquable de la respiration, et c'est pendant ces mouvements si rapides qu'apparaît soudain la convulsion.

Voici, par exemple (fig. 101), les tracés fournis par un jeune Chat (pesant 978 grammes), sous la peau duquel on a injecté 2 milligrammes de sulfate de strychnine dissous dans 2 décigrammes d'eau. La respiration est enregistrée directement par la trachée.

Fig. 101 (V1)- — Graphiques de la respiration d'un G!iat empoisonné par la strychnine.

Le tracé n° 1 représente la respiratiou normale, avant l'injection.

Le tracé n° 2, la grande attaque convulsive, attaque unique

STRICHNINL!.

et morlelle, survenue au milieu de l'accélération respiratoire. Vous voyez qu'elle a lieu en inspiration forcée, et que le repos expiratoire n'est obtenu qu'après un certain nombre de très-petits mouvements du diaphragme, à peine visibles à l'œil nu. Veuillez remarquer, encore, que la grande attaque a été précédée d'une très-légère attaque pendant laquelle la respiration a été un instant suspendue, en état d'expiration.

Telle est, messieurs, la physionomie ordinaire des tracés que fournit l'attaque slrychnique quand elle est suivie immédiatement par la mort. Je pourrais vous en montrer la preuve par des exemples nombreux; je préfère répéter devant vous cette facile expérience.

Il s'agit ici encore d'un jeune] Chat (pesant 750 grammes), muni d'un tube dans la trachée, et sous la peau duquel je vais injecter 5 milligrammes de sulfate de strychnine dissous dans 5 décigrammes d'eau.

FiG. 102 (V)- — Graphiques de la respiration d'un Chat empoisonné par la strychniue.

Enregistrons d'abord la respiration normale (fig. 102, tracé n° 1). Faisons l'injection ; après une minute, la respiration s'accélère et se modifie (tracé n° 2); précisément après

p. nui t. — iiesp. 27

hlS Influence sur le iuiythme hespihatoiuë.

deux minutes écoulées, survient la grande attaque mortelle (tracé n° 3) avec inspiration suivie d'une expiration lente; mais notre appareil n'est pas assez sensible pour enregistrer nettement les petits mouvements du diaphragme.

Prenons maintenant un animal de la même portée, et donnons-lui une dose de strychnine qui, tout en étant mortelle, ne le foudroiera pas comme l'a été le précédent. Cette dose sera de un demi-milligramme. Notre appareil a été sensibilisé, et l'enregistrement se fera de la même manière.

Voici que survient un petit accident qui m'a, je vous en ferai la confidence, fait souvent perdre bien du temps, et manquer bien des expériences. Lorsqu'un tube métallique a été placé dans la trachée de notre Chat, il; s'est mis à respirer avec une extraordinaire rapidité, sans que rien pût calmer cette prodigieuse anhélation. Nous n'aurons donc pas grande chance de voir s'accélérer encore, par l'effet de la strychnine, les mouvements respiratoires.

Fig. 103 — Graphiques de la respiration d'un Chat empoisonné par la strychnine.

Quoi qu'il en soit, voici le tracé de la respiration avant l'injection (fig. 103, tracé n° 1). Les mouvements s'accélèrent cependant un peu et deviennent plus amples après deux ou

STKYCHiMNE. 41 Ô

trois minutes. Cinq minutes après l'injection, survient la première grande convulsion (tracé n° 2) . L'animal est roide, courbé en arc, en opisthotonos ; pendant tout le temps de cette immobilité, le diaphragme reste contracté, et l'inspiration est durable; puis les mouvements respiratoires reviennent en même temps que le relâchement général. Deux minutes après, seconde convulsion (tracé n° 3), mêmes phénomènes; mais ici, on voit nettement que la convulsion est accompagnée, au début, d'une expiration forte, et que le diaphragme n'entre qu'un peu après en contraction. Enfin, encore après deux minutes, troisième convulsion (tracé n° h), semblable à la seconde. Mais elle est la dernière, et après quelques mouvements irréguliers, survient la série des petites contractions diaphragmatiques dont je vous ai déjà présenté un exemple (voy. fig. 101, tracé n° 2).

La simultanéité d'action du diaphragme et des autres muscles du corps s'est manifestée d'une manière plus saisissante encore dans des expériences dont je tiens a vous entretenir, parce qu'elles présentent, en outre de ce point spécial, un intérêt sur lequel nous reviendrons dans un moment. Elles ont été faites sur des Mammifères (Chats et Chiens) nouveau-nés, ou du moins âgés de huit à dix jours (1). Pour ne pas perdre de temps, je ne vous raconterai que la plus caractéristique.

Le petit Chien employé pesait 625 grammes. Je lui mis un tube dans la trachée, et j'injectai sous la peau du ventre, 7 milligr. 7 dix. (7,7) de sulfate de strychnine dissous dans 7 décigr. d'eau. Veuillez remarquer cette dose : je reviendrai sur les remarques qu'elle suggère.

Quatre minutes après l'injection, est survenue la première convulsion, avec la forme à laquelle nous sommes

(1) Ces expériences onl (Sic faites après lo cours.

hli) INFLUENCE SUR LU RHV'J'HME 11ESPIKA.T01RE.

maintenant habitués (fig. 10A, tracé n° 1). Puis, les attaques diminuent de violence, et, après quelques minutes, elles présentent un rhythme remarquable. Une grande convulsion d'abord, puis une série de toutes petites, que suit à nouveau une plus grande, etc. Or, les mouvements respiratoires

Fig. 104 (7-). — Graphiques de la respiration d'un Chien nouveau-né, empoisonné par la strychnine.

suivent parfaitement ce rhythme, que traduisent les tracés (tracé n° 2). Cela dure pendant deux heures environ ; les mouvements convulsifs deviennent alors plus rares et plus simples, et les contractions diaphragmatiques les suivent exactement (tracé n° 3).

Le lendemain, ou pour parler plus rigoureusement, vingtquatre heures après l'injection, les convulsions durent encore; mais elles sont, ainsi que les mouvements respiratoires, fort espacées, et ressemblent assez à celles que nous avons constatées la veille (tracé n° h). Je lue par la section du bulbe l'animal, dont la température a baissé de G degrés.

Chez un autre jeune Chien, de la même portée (pesant

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