INFLUENCE DES OBSTACLES. AH
dyspnée, mais l'animal n'en était pas arrivé à l'état d'angoisse et ne s'agitait pas. La dyspnée avait, comme le tracé respiratoire, des alternatives de calme relatif et de renforcement (voy. fig. 98, tracé n° h) : a est le tracé de la respiration normale à travers un tube très-large ; b est le tracé de la respiration à travers le tube très-étroit.
Les rétrécissements que j'établissais par ces procédés divers sur le passage de l'air n'étaient pas de nature, vous ai-je dit, à mettre en péril la vie des animaux, bien que leur respiration accusât une manifeste angoisse. Pour vous donner une idée de l'étroitesse des voies respiratoires qui est, au moins chez le Chien, compatible avec la vie, je vous dirai que j'ai pu faire respirer un Chien d'assez grande taille dans la trachée duquel j'avais fixé, traversant un bouchon, un tube de verre de 2 millimètres de diamètre. J'espérais, agissant ainsi, diminuer lentement les échanges respiratoires, abaisser la température de mon animal, et peutêtre l'amener à l'état d'animal à sang froid. Or, après deux heures, l'animal était fort vivace, et sa température n'avait pas faibli; la respiration, lente et profonde, était assez calme. Mais avec un tube de 7 millimètres seulement de diamètre, il donnait des signes d'une insupportable angoisse. Quand on considère ce fait, il paraît difficile de croire que la mort consécutive à l'introduction de corps étrangers dans le larynx, à la compression de la trachée, etc., puisse être fréquemment attribuée à la gêne mécanique de la respiration; nous avons du reste fait, ces jours derniers, sur ce sujet, des expériences qui nous occuperont dans une prochaine leçon.
Jusqu'ici, l'obstacle a porté tout à la fois sur les deux temps du mouvement respiratoire. Pour étudier l'effet d'un obstacle n'agissant que sur l'un d'eux, j'ai employé, à l'imi-