INFLUENCE SUR LE RHYTIIME RESPIRATOIRE
plus grande, puis arrêt qui dure plus d'une minute. Après une inspiration assez forte, les mouvements augmentent gra duellement, puis diminuent de même, jusqu'à la mort. A l'autopsie, le cœur battait encore, le sang artériel était noir.
Dans certains cas, la mort parle chloroforme est presque soudaine, et à l'autopsie, on trouve le sang rouge dans les cavités gauches et les veines pulmonaires; la mort, alors, est due à l'arrêt brusque du cœur, et l'on ne peut que très -rarement rappeler l'animal à la vie. Au lieu de la mort par asphyxie dont nous venons de parler, c'est une mort par syncope. Or, dans ces. cas, j'en ai fait l'observation fréquente, les respirations ne décroissent pas graduellement, mais, au contraire, la dernière est forte, bruyante même; c'est un véritable dernier soupir. Malheureusement, je n'ai pu obtenir de tracés représentant cette terminaison fatale. , Je remets sous vos yeux deux tracés que vous connaissez déjà (voy. p. 354, fig. 84). Ils ont été obtenus à l'aide du pneumographe. L'un (tracé n° 1) exprime les mouvements normaux de la respiration, au début d'une chloroformisation progressive; l'autre (tracé n°2) la respiration telle qu'elle avait lieu quelques instants avant la mort. Dans ce dernier tracé, l'inspiration est marquée non par l'abaissement du levier, comme dans le tracé n° 1, mais par son relèvement. Nous avons expliqué cette singulière anomalie, due à l'arrêt des mouvements thoraciques et aux contractions du diaphragme qui rétrécissent le thorax dans sa région supérieure, là où, précisément, était attaché le pneumographe.
Digitaline. — L'action sur le cœur que possède cette substance entraîne des modifications respiratoires que j'ai enregistrées, surtout en vue d'examiner la dernière respiration ; je vous dirai dans un moment pourquoi.
Ces modifications sont plus bizarres qu'instructives; mais
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il n'en est pas de même du dernier mouvement respiratoire, Voici, par exemple, des tracés recueillis sur un Chat, sous la peau duquel j'avais injecté une solution de digitaline qui l'a tué en 25 minutes : le tracé n° 1 (fîg. 108) représente sa respiration avant l'injection, enregistrée directement par la
Fig. 108 (^J. — Graphiques de la respiration d'un Chat empoisonné
par la digitaline.
trachée ; le tracé n° 2, sa respiration après 15 minutes; le n° 3, après 20 minutes; le n° h, son dernier mouvement respiratoire, qui a succédé, vous le voyez, à une longue période d'immobilité semblable à la mort. A l'autopsie, le ventricule gauche, dur, contient du sang très-rouge ; les muscles, exsangues, ont un reflet verdâtre.
Asphyxie. — Les phases des altérations respiratoires dans l'asphyxie ont été si fréquemment étudiées, que je ne crois pas devoir insister sur elles. Je me contente de vous montrer les tracés fournis par un Chat que j'ai laissé périr sous une cloche, où il est mort en une heure.
Le tracé 1 (fig. 109) représente la respiration au début de l'expérience; le tracé n° 2 au bout de trois quarts d'heure, l'animal étant fort mal à son aise : les ralentissements expiratoires sont dus h ses miaulements ; le tracé n° 3 à 50 minutes,