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INFLUENCE SUR LE RHYTHME RESPIRATOIRE

l'animal couché, mais sensible et intelligent; le tracé n° h à 55 minutes, l'animal insensible et inerte. Puis les respirations vont en diminuant pendant 5 minutes encore, jusqu'à disparaître tout à fait.

Fig. 109 (~). — Graphiques de la respiration pendant l'asphyxie en vases clos.

Hèmorrhagie. — Les phases de la respiration d'un animal soumis à une hèmorrhagie mortelle ressemblent beaucoup à celles que produit une asphyxie graduelle, comme l'asphyxie en vases clos; ce n'est pas le seul rapport qu'aient, au point de vue théorique, ces deux genres de mort.

Quand l'hémorrhagie est très-soudaine et très-considérable, elle entraîne immédiatement des modifications profondes dans les mouvements respiratoires. Si on l'arrête alors, avant les grandes convulsions dont je vous ai parlé dans une de nos premières leçons, l'animal survit, et sa respiration reprend rapidement un rhythme à peu près normal. On ne saurait se figurer jusqu'où peut aller ainsi l'altération du rhylhme, et avec quelle rapidité l'organisme, surpris par une subite déplétion sanguine, s'accoutume en quelque sorte à ce nouvel état de choses.

Pour vous en donner une idée, je vous présente un tracé recueilli sur un jeune chat, directement par la trachée

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(fîg. 110). Les quatre graphiques se suivent sans interruption en quatre minutes. Après vingt mouvements respiratoires enregistrés, on a sectionné les deux" carotides préalablement bien isolées; un double flotde sang jaillit, et vous voyez que les mouvements respiratoires, un peu plus rapides pendant

Fîg. 110 (^) — Graphique de la respiration pendant une hémorrhagie non mortelle. — Les quatre lignes se suivent sans interruption en II min.

un instant, sont devenus bientôt de plus en plus amples et de plus en plus lents, pour s'espacer ensuite, à un tel point, que deux d'entre eux se succédaient à vingt-quatre secondes de distance. Puis les mouvements, graduellement, revinrent en une minute environ à un état voisin de l'état normal. C'eét que le sang avait cessé de couler, et l'animal a survécu, ou du moins n'est pas mort directement de cette hémorrhagie.

Je vais enregistrer devant vous les mouvements respiratoires d'un Chien, depuis le début d'une hémorrhagie foudroyante jusqu'à la mort. A cet animal on a placé, il y a environ un quart d'heure, un tube de verre dans la trachée, et dans les deux carotides, soulevées et ouvertes, le sang n'est retenu qu'avec des serres-fines qui oblitèrent le vaisseau. Mais voici que ce Chien nous présente un assez curieux phénomène : depuis que le tube, assez large cependant, a été fixé dans sa trachée, sa respiration s'est extraordinairemenl ralentie, ela augmenté d'amplitude ; il est même resté, à plusieurs reprises, sans respirer, pendant plus d'une demiminute. Ce rhylhmc rappelle celui qui suit la section des

MO INRUliNCË SUR LE RHYTHMK RËSPIKATUiKli.

deux nerfs pneumogastriques, et cependant il a apparu avant qu'on soit allé à la recherche des carotides, opération pendant laquelle on aurait pu léser ces nerfs. D'autre part, il n'a pas été précédé d'une accélération, et cette espèce d'apnée nouvelle n'est pas due à la même cause que celle dont nous avons déjà constaté, ici même, un exemple (voy. page 127).

Fig. 111 (~). — Graphiques de la respiration pendant une liémorrhagie mortelle. — Même observation qu'à la fig. B.

Quoi qu'il en âoit, nous commençons â enregistrer ces mouvements si lents, et soudain, nous levons à la fois les serres-fines des deux carotides (voy. fig. 111 a); la respiration s'accélère aussitôt ; après un peu plus de deux minutes survient une petite convulsion, puis une très-grande du corps entier (b), et durant laquelle ne se fait aucun mouvement respiratoire ; ces mouvements reviennent, puis diminuent graduellement, et le tout se termine par une convulsion presque aussi violente que celle qui a précédé.

Les phases dues à l'hémorrhagie moins rapidement mortelle, sont un peu différentes de celles-ci; mais ces faits ne

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présentent pas assez d'intérêt pour mériter de nous arrêter plus longtemps.

Du dernier soupir. — Dans un grand nombre de morts, la dernière des manifestations de la vie est une inspiration suivie d'une expiration profonde, à laquelle on a donné le nom de dernier soupir. Mais il ne faudrait pas croire que ce phénomène soit tout à fait général. 11 paraît même probable qu'il ne constitue que l'exception, et que dans la majorité des cas, il y a diminution graduelle des actes respiratoires, comme de toutes les autres fonctions.

En effet, nous avons vu que, dans l'asphyxie et l'hémorrhagie, les respirations deviennent de plus en plus éloignées, de moins en moins amples, jusqu'à leur disparition totale, sans qu'on puisse constater ce phénomène si saisissant et si soudain du dernier soupir, qui a frappé, de tout temps, l'imagination des hommes. Or, l'asphyxie et l'hémorrhagie sont, de beaucoup, les deux genres de mort les plus fréquents, et la plupart des maladies ont l'une ou l'autre, l'asphyxie surtout, comme cause prochaine de leur terminaison fatale. L'affaiblissement, l'épuisement consécutif à une longue maladie, donnent pour les derniers mouvements respiratoires des modifications analogues ; je puis citer à l'appui un tracé représentant les respirations dernières, et s'il est permis d'ainsi dire, le graphique de la mort chez un chien, dont je vous ai déjà parlé (voy. page 142), et qui avait succombe à une péritonite lente. Le curare, qui tue lentement, graduellement, fournit encore des résultats analogues, et ne présente rien qui ressemble à un dernier soupir.

11 en est autrement pour certains genres de mort trèsbrusques, et notamment pour ceux qui résultent d'une action violente sur le cœur ou sur le système nerveux central. Dans les morts par le cœur, lorsque le phénomène dominateur

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