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PHÉNOMÈNES DE LA MOUT PAR SUBMERSION

Mammifères : Phoques, Hippopotame, Cétacés, et, bien qu'à un beaucoup moindre degré, quelques Oiseaux.

Quand on plonge brusquement dans l'eau un Mammifère on un Oiseau, il reste généralement calme pendant quelques secondes; mais bientôt il s'agite violemment et fait des efforts pour s'échapper : efforts intelligents, dans lesquels il cherche à se débarrasser de ses liens, à ouvrir la cage où il est retenu captif, etc.. Si, à ce moment, on met la main sur la région du sœur, on sent cet organe ralentir et même arrêter ses battements pendant ces grands efforts; en même temps, l'animal rejette par les narines des bulles d'air sans trace d'écume.

■ Après un temps plus ou moins considérable, les efforts énergiques et intelligents de l'animal diminuent d'intensité; il tombe au fond de l'eau, les membres agités de petites coh> vulsions, et alors on le voit exécuter une série de mouvements inspiraloires violents, dans lesquels il se courbe en arc d'une façon curieuse,- et dont les derniers sont ordinairement suivis par l'expulsion d'écume qui finit par être sanguinolente. Ces mouvements sont spontanés et rhylhmiques; mais ils peuvent être provoqués par les excitations, les pincèmentSj etc.; la sensibilité ayant disparu, même à l'œil, souvent ils persistent encore; mais ils vont en s'affaiblissant, et enfin disparaissent. Le cœur bat encore quelque temps, et ses mouvements, qui étaient lents pendant la période précédente^ deviennent de plus en plus faibles et précipités.

A l'autopsie, on trouve, en outre des ecchymoses pulmonaires, des congestions vasculaires veineuses, etc., sur lesquelles je ne veux pas insister; on trouve constamment, dis- je, de l'eau pure, ou tout au moins de l'eau écumeuse dans les bronches. Il paraît cependant que chez les1 noyés dans

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l'espèce humaine, on a constaté quelques cas où les bronches ne contenaient pas d'eau.

Cette eau a évidemment été introduite pendant la vie de l'animal, et elle ne peut l'avoir été que par des mouvements actifs de respiration.

A quels moments se sont faits ces mouvements? Rien de plus simple que de répondre à cette question. J'immerge devant vous un Rat adulte ; il s'agite comme je viens de vous le dire, pendant une minute environ; puis il tombe au fond du vase, ayant perdu évidemment toute détermination intelligente. Aussitôt je le retire et lui tranche la tête. La trachée ne contient, vous le voyez, ni eau libre, ni écume.

En voici maintenant un second, que je plonge de même sous l'eau; même agitation, même perte de connaissance. Quand il est tombé au fond du vase, il fait deux mouvements inspiratoires violents; je le retire et le tue par la section du bulbe, opération pendant laquelle il donne des signes de sensibilité. Son cœur bat encore, son sang artériel est encore rouge, et déjà sa trachée, ses bronches, ses poumons mêmes sont, comme vous le voyez, pleins d'eau écumeuse.

Ainsi l'eau s'introduit dans l'appareil respiratoire au moment où l'animal, ayant perdu la conscience de ses actes, et ne résistant plus, se laisse aller, et commence la série des mouvements respiratoires que je vous ai signalés, mouvements fatals qui ne font que hâter et qu'assurer sa mort.

En effet, rien n'est plus facile à rappeler à la vie qu'un asphyxié ordinaire, alors que son cœur bat encore. Qu'il s'agisse d'un animal enfermé dans une enceinte ou même d'un animal strangulô, on les fait aisément sortir de l'état de mort apparente à l'aide de la respiration artificielle ; au bout de

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