‹ Leçons sur la physiologie comparée de la respiration [electronic resource]Chapitre 260 sur 289 · QUANTITÉ DE SANG · texte numérisé non relu

QUANTITÉ DE SANG

plus longtemps qu'un Poulet qui fût, comme lui, resté tranquille, puisque nous en avons vu un donner signe de vie jusqu'à h min. 40 sec.

Cette richesse relative du sang chez le Canard est-elle un fait isolé parmi les animaux plongeurs? Tant s'en faut. Les pêcheurs, les voyageurs, les anatomistes ont tous remarqué l'énorme quantité de sang que contiennent les Phoques, les Marsouins, les Baleines. Il est à regretter qu'on n'ait jamais fait de pesées exactes. Mais Burdach (1) a pu dire avec raison : « Ils ont une énorme quantité de sang, même dans le tissu adipeux, et en quelque point de leur corps qu'on fasse une entaille, il s'écoule comme d'une poche. »

C'est à cette grande quantité de sang, à ce magasin d'oxygène combiné que j'attribue la plus grande part dans leur résistance à l'asphyxie. Peut-être y a-t-il encore quelque chose due aux propriétés mêmes des tissus nerveux ; mais cela n'est pas démontré, car notre Canard décapité avait encore plus de sang que le Poulet décapité. Sans doute aussi, les dispositions anatomiques dont nous avons parlé, les grands sinus sanguins, les sphincters vasculaires doivent jouer un rôle dans l'explication de cette faculté remarquable. Il faut en dire autant de la puissance du diaphragme, de l'existence des sphincters nasaux, qui permettent de maintenir l'air sans efforts. Mais ce rôle est secondaire ; ces dispositions ne constituent que des perfectionnements harmoniques, comme nous l'avons déjà vu par la structure de l'appareil operculaire chez les Poissons à longue survie dans l'air. La raison principale est plus intime, elle touche de plus près aux conditions essentielles de l'être que ne le font ces simples mécanismes anatomiques.

(1) CXCVII, t. VI, p. 122.

Page 1