‹ Leçons sur la physiologie comparée de la respiration [electronic resource]Chapitre 259 sur 289 · DE L'ACTE DU PLONGER · texte numérisé non relu

DE L'ACTE DU PLONGER

nous avaient fait momentanément abandonner. Quant à ces analyses, leur importance nous paraîtra moindre qu'autrefois, maintenant que nous savons quelles grandes variations dans la richesse sanguine nous trouvons chez les Oiseaux d'une même espèce, variations qui n'ont pas leurs semblables chez les Mammifères. Chez les Chiens, par exemple, des hémorrhagies mortelles ont varié seulement de ~ à T'ïï du poids du corps dans un bon nombre d'expériences que j'ai faites sur des animaux bien portants, à jeun ou en digestion. Chez les Canards, elles ont varié dejj à ^; chez les Poulets, de ji à ~, c'est-à-dire plus que du simple au double. Nos analyses n'ont pas été assez nombreuses pour nous mettre à l'abri de cette cause d'erreur, que nous ne soupçonnions pas alors.

Pour démontrer d'une manière plus évidente que la grande richesse du sang est la cause principale de la longue résistance des Canards à l'asphyxie, je n'ai eu qu'à faire une expérience bien simple.

J'ai pris un Canard pesant 1315 grammes ; je lui ai retiré par l'artère fémorale, en 6 ou 7 minutes, 42 grammes de sang, soit environ un trente et unième du poids de son corps ; l'oiseau ne parut nullement affaibli par cette opération ; il continua de chanter et de marcher en boitant. Un quart d'heure après, je le plaçai dans une grande cage, que j'immergeai tout entière. Le canard demeura très-calme pendant deux minutes et demie; puis survint une agitation médiocre, dont le dernier mouvement eut lieu cinq minutes après l'immersion ; on retira l'oiseau à six minutes, son cœur ne battait même plus.

Ainsi, ce Canard, privéd'environ de la moitié de son sang, et ramené à peu près sous ce rapport aux conditions ordinaires d'un Poulet, n'a pas survécu à l'immersion beaucoup

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