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(4) XLI, t. [, p. Û03 et suiv.
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étudia les modifications qu'y apportent certaines atmosphères île compositions variées.
Le problème de la respiration des tissus comprend trois éléments variables : l'atmosphère, le tissu, l'animal qui fournit celui-ci. Pour envisager ce problème sous toutes ses laces, il faudrait donc étudier successivement et d'une manière comparative les phénomènes que présentent :
1° En présence d'une même atmosphère, les tissus divers d'un même animal ;
2° En présence d'atmosphères de composition, de température, etc. différentes, un certain tissu provenant d'un certain animal.
3U En présence d'une même atmosphère, des tissus de même nature (musculaire, etc.), empruntés à des animaux d'espèces différentes.
C'est cette étude complexe que nous allons tenter d'ébaucher. Son simple énoncé doit vous faire sentir quelle innombrable quantité d'expériences, quels matériaux difficiles à réunir seraient nécessaires pour la mener à fin: nous tâcherons, au moins, d'en indiquer les points principaux.
Mais permeltez-moi de placer ici une réflexion sur laquelle nous aurons bien fréquemment occasion de revenir dans la suite de ces entreliens. Dans les expériences physiologiques, il importe, à coup sûr, de tendre à la précision, car elle est un des éléments de la certitude, mais à la précision vraie, de bon aloi, oserais-je dire; on doit avoir grand soin de se mettre en garde contre une précision illusoire, aux exigences de laquelle on sacrifie trop souvent, et dont la recherche indique une fausse appréciation des véritables besoins de la physiologie. Nous allons chercher, par exemple, si le tjssu musculaire, le tissu osseux, <>\c, au contact
METHODE EXPERI M RNTA EE . 39
do l'air, se comportent do même quant à l'intensité des /" li anges gazeux. î\Tous n'irons certes point, à l'aide de i|iielqu'un de ce.^ appareils compliqués dont la construction préoccupe tant l'imagination des physiologistes de l'autre côté du Rhin, étudier d'abord successivement ce que présente chacun de ces tissus en donnant à nos analyses toute la rigueur qu'exigent les physiciens et les chimistes dans leurs recherches nettement définies, pour comparer ensuite les résultats obtenus par ces opérations diverses. Bien au contraire, considérant que cette prétendue précision nous entraînerait à négliger des circonstances générales bien autrement importantes pour l'établissement solide de nos comparaisons, nous n'attacherons d'intérêt qu'aux nombres tirés d'expériences simultanément conduites, où toutes les conditions dont nous pouvons disposer auront été rigoureusement identiques. Et, comme il est évident que des circonstances dont la domination nous échappe interviennent dans nos expériences, quels que soient nos soins, nous ne demanderons point aux mensurations de volume, aux analyses chimiques, une exactitude qui serait un véritable leurre; car, tandis que, par exemple, nous chercherions à établir ainsi dans nos chiffres la valeur d'une seconde décimale, ces circonstances qui nous échappent introduiraient des causes de différence, vulgairement appelées causes d'erreur, qui pourraient porter sur la première décimale, peutêtre même sur l'unité.
Dans un problème physiologique de l'ordre de ceux que nous aborderons fréquemment cette année, la série des phénomènes pourrait être comparée à une courbe dont nous cherchons à démêler les méandres nombreux. Or notre but ne doit pas être de connaître d'une manière absolument rigoureuse la valeqr exacte c|es coordonnées de l'un des,
'l<> RESPIRATION DUS TISSUS.
points de celle courbe idéale ; nous devons, au contraire, essayer de déterminer les relations de ces coordonnées pour le plus grand nombre de points possibles, afin de saisir leur orientation générale, cl de pouvoir connaître sinon la courbe même qu'elles déterminent, au moins une courbe semblable qui monte, descend et s'incline en même temps que cette ligne inaccessible dont la poursuite ne serait autre chose que la recherche de l'absolu. Déterminer le rapport général des phénomènes avec les conditions expérimentales dont nous sommes maîtres, faire varier celles-ci autant qu'il est en nous, mettre en série, en formule, les résultats obtenus, et tâcher devoir, en multipliant les points de vue, quel ordre de modifications notre formule doit subir pour s'appliquer aux conditions complexes sur lesquelles nous n'avons pas de prise, tel est notre véritable rôle à nous physiologistes, telles sont les limites desquelles je m'efforcerai de ne pas sortir. Et si j'ai trop longuement exprimé ici ma pensée, veuillez considérer que ces réflexions, auxquelles je ne ferai plus que de courtes allusions, retrouveront leur place lorsque nous parlerons des gaz du sang, des produits gazeux de la respiration et d'autres questions encore, où la complication des appareils, la rigueur des analyses, la préoccupation des décimales, où, pour tout dire en un mot, la tendance à la précision extra-physiologique se sont montrées parfois nuisibles et, pour le moins, bien souvent inutiles.
Notre procédé opératoire, notre appareil instrumental sont des plus simples.
Nous opérons toujours sur des animaux qui viennent d'être tués, et dont les tissus sont séparés du corps avec !a plus grande rapidité possible. Ces animaux sont mis à mort par hémorrhagie. Ce n'est pas que nous redoutions beaucoup l'influence du sang retenu dans les tissus sur l'inlen-
PAOCÊDÉS OPÉRATOIRES. l\ï
site des échanges gazeux : Spallanzani et, bien plus tard, G. Liebig ont montré qu'elle est de peu de conséquence ; mais il importait d'employer toujours le même genre de mort.
Les tissus, une fois séparés du corps, sont coupés en petits morceaux mesurant environ un centimètre cube. On dispose alors ces fragments en plusieurs étages, sur des grilles de cuivre, et dans des éprouvettes renversées sur le mercure (fîg. i). Ces dispositions ont pour but de rendre aussi égales que possible les surfaces avec lesquelles l'air se trouvera en contact, et de le faire circuler facilement autour des fragments de tissu qui, sans les grilles de soutien, s'affaisse-
Fig. 1. — Respiration des tissus.
raient irrégulièrement. II est évident, en etfet, que l'absorption d'oxygène et l'exhalation d'acide carbonique doivent s'opérer à la superficie des fragments, et que plus étendue sera celle-ci, plus grande sera l'intensité des phénomènes d'échange. 11 n'était pas besoin, comme l'a fait récemment Ilermann, de donner la forme trop savante d'un énoncé algébrique à celte vérité qu'indique le simple bon sens, et qu'au reste Spallanzani avait, dès le siècle dernier, surabondamment démontrée (1).
{\) xix, t. r; P. 24i.
'l2 ItKSPlIUTION DES TISSUS.
Le poids fies matières employées et le volume des éprouvettes sont, bien entendu, les mêmes dans toutes les expériences dont les résultats doivent être comparés les uns aux autres, ou tout au moins, varient d;ins un rapport semblable.
Enfin, toutes les circonstances de température, de durée du séjour, sont rigoureusement identiques. Les changements de volume, lorsqu'il y en a, peuvent être aisément déterminés à la fin de l'expérience, par l'observation des niveaux différents du mercure dans les éprouvettes.
Dans les circonstances où il paraît nécessaire de mesurer ceux-ci avec une plus grande précision, nous nous servons
FlG. 2. — licspinilion <Ies tissus.
d'un pelit appareil fort simple, dont, nous ferons un fréquent usage, lorsqu'il s'agira d'étudier les altérations de l'air par la respiration des animaux vivants (fig. 2). C'est une cloche