LUI
88 r.AZ nu sang (analyses qualitatives).
phospliorique a fixé deux équivalents d'acide carbonique.
Arrivons maintenant à l'oxygène.
Une très-faible partie de ce gaz peut, avons-nous dit, s'unir chimiquement aux matières solides du sérum; il s'agit probablement alors de la sérine, de la plasmine et des autres matières d'origine organique.
Jusqu'à présent, nous avons négligé la fibrine; cependant, des expériences de Harley ont montré que le sang muni de sa fibrine absorbe un peu plus d'oxygène que lorsqu'il en est privé : une faible partie de ce gaz trouve donc encore ici son emploi.
Mais la plus grande partie des gaz est, à coup sûr, combinée avec les globules sanguins. Au contraire de l'acide carbonique, l'oxygène ne peut être complètement chassé du sang que par l'action combinée du vide fait à plusieurs reprises, et de la chaleur poussée jusqu'à la température de l'ébullition. Un courant continu d'azote, d'hydrogène, d'acide carbonique, ne peuvent en chasser qu'une faible partie, ce qui indique une combinaison plus tenace que celles que nous avons signalées en parlant de l'acide carbonique. Mais d'autres gaz ont une action plus énergique. En 1857, Claude Bernard (3) a découvert la propriété remarquable que présente l'oxyde de carbone de déplacer l'oxygène des globules sanguins, et de contracter avec ceux-ci une union tellement intime, que le sang ainsi traité devient incapable d'absorber à nouveau de l'oxygène. Il a ainsi expliqué l'action éminemment toxique de l'oxyde de carbone, et il s'est servi de cette propriété pour extraire et doser l'oxygène contenu dans le sang.
Voyons maintenant avec quelle substance contenue dans
(1) U, I V et 12e leçons,
UNION DE L'OXYGÈlNE AVEC L'HÉMOGLOBINE. 89
les globules sanguins peul ainsi s'unir l'oxygène. Ces globules contiennent, vous le savez, un principe cristallisable, ou hémalo -cristalline, dont nous avons assez longuement parlé.
Or, l'hémato- cristalline est un corps avide d'oxygène. Si l'on sature d'oxygène de l'eau préalablement bouillie, et qu'on ajoute au liquide une certaine quantité d'hémoglobine desséchée à froid dans le vide, on voit qu'il devient susceptible d'absorber une nouvelle quantité d'oxygène. Elle forme ainsi un nouveau composé auquel on a donné en Allemagne le nom ÏÏoxij-hémoglobine. Cette combinaison, remarquonsle, a lieu directement, sans l'intervention d'aucune substance alcaline. Le phénomène n'est donc pas comparable, comme d'éminents chimistes l'ont cru, avec l'absorption de l'oxygène par l'acide pyro-gallique uni à un alcali. Il faut, pour enlever l'oxygène ainsi absorbé, employer l'action de la chaleur et du vide.
Mais l'oxyde de carbone chasse l'oxygène de l'hémoglobine pour contracter avec celle-ci une combinaison trèsstable, que Hoppe-Seyler a pu isoler à l'état cristallin, et que ne peut plus détruire l'action de l'oxygène. Ceci explique suffisamment l'effet que nous avons rappelé plus haut touchant l'oxyde de carbone. Je ne puis que signaler, à ce propos, diverses actions réductrices que des corps facilement oxydables , comme le tartrate ou le sulfhydrate d'ammoniaque, le proloxyde de fer, etc., exercent sur l'oxy-hémoglobine, à laquelle ils prennent son oxygène.
Cette combinaison de l'oxygène avec l'hémoglobine explique-t-elle complètement ce qui se passe dans le sang?
Selon Preyer (1), 1 gramme d'hémoglobine dissous dans
(1) uv,
l'eau absorbe entre 0 et 20 degrés, environ 1",3 d'oxygène : selon Dybkowsky (1). D'autre part, Hoppe-Seyler estime à 13,79 pour 100 l'hémoglobine contenue dans le sang du chien : il y aura donc, en vertu de cette seule substance, 13,79 x lrc,2=16",5 d'oxygène dans 100 centimètres cubes de sang, ce qui concorde sensiblement, comme nous le verrons, avec les nombres obtenus par les analyses directes les plus récentes (18,2 selon Pflûger, de 16,8 à 19,5 selon Setschenow). Nous pouvons donc admettre, en présence de cette identité presque complète, que tout, ou presque tout l'oxygène contenu dans le sang y est uni à l'hémoglobine des corpuscules rouges.
Ce n'est pas tout : les expériences de A. Schmidt (2) tendent à prouver qu'une partie de l'oxygène uni à l'hémoglobine se trouve à l'état d'ozone (0). Si, en effet, on verse sur un papier imprégné de teinture de gaïac quelques gouttes d'une solution d'hémoglobine, la circonférence de ces gouttes rouges se colore en bleu. Le fait est certain, facile à répéter, et je puis vous en rendre témoins. Mais selon Pokrowsky (3), il n'est pas concluant, et la teinture de gaïac peut bleuir avec de simples oxydants. Je ne puis faire ici qu'indiquer cette discussion, dont les Allemands s'occupent beaucoup en ce moment. Il est certain qu'il y a, dans la nature de l'oxygène contenu dans le sang, quelque chose de spécial, car si, à l'imitation de Schonbein et de His (à), nous prenons de vieille essence de térébenthine, qui bleuit fortement l'iodure d'amidon , et que nous la mélangions avec de l'essence fraîche jusqu'à ce que cet effet ne se produise plus, il suffira