‹ Leçons sur la physiologie comparée de la respiration [electronic resource]Chapitre 74 sur 289 · LXIV · texte numérisé non relu

LXIV

QUESTIONS A KÉSOUDUE. 109

Ce qui ressort à première vue de ces chiffres, si nous envisageons d'abord les moyennes, c'est qu'il existe beaucoup plus d'oxygène dans le sang artériel que dans le sang veineux, et qu'en revanche, il y a notablement plus d'acide carbonique dans le sang veineux que dans le sang artériel. Les différences ne sont pas équivalentes. Il manque dans le sang veineux 6,86 d'oxygène, et l'on n'y retrouve en plus que d'acide carbonique. Mais il n'est possible de rien conclure de cette dernière observation, d'abord parce que les méthodes d'analyse ne sont pas suffisamment parfaites, ensuite parce que le sang veineux ne provient pas toujours de la même source, du même lieu du corps.

On sait que, lorsque le sang artériel est conservé pendant quelque temps à l'abri du contact de l'air, l'oxygène qu'il contient s'épuise, et qu'il devient plus riche en acide carbonique. Il serait extrêmement important d'étudier de près cette transformation et ses résultats. On trouverait d'abord, probablement, que la quantité de l'acide carbonique produit n'est pas dans un rapport constant avec celle de l'oxygène disparu. Si l'on examinait ensuite ce qu'il advient d'une certaine quantité de sang bien épuisée de ses gaz et abandonnée à elle-même, on y trouverait très-probablement encore, après un temps, une certaine quantité d'acide carbonique. Ces faits, s'ils étaient tels que nous les supposons, fourniraient une preuve de plus à l'appui de l'idée déjà soutenue, que la formation d'acide carbonique n'est pas sous la dépendance immédiate de l'oxygène, mais qu'elle n'est que le résultat ultime de processus chimiques complexes dont l'absorption d'oxygène a marqué nécessairement le début. Il y aurait encore une série curieuse de recherches à entreprendre sur l'influence que pourrait avoir sur la proportion des deux gaz la présence de fragments de tels ou tels tissus.

Ce serait là le complément indispensable de nos premières leçons. Malheureusement, l'état actuel de notre laboratoire ne nous a pas permis et ne nou6 permettrait pas encore de nous occuper de ces questions dont nous nous promettons bien de reprendre plus tard l'étude.

La méthode d'extraction des gaz dont je vous ai parlé jusqu'ici a l'avantage d'agir simultanément sur tous les gaz du sang; de plus, on peut espérer, avec les perfectionnements successifs dont elle est l'objet, qu'elle permettra un jour de déterminer, d'une manière plus exacte encore, la quantité de chacun de ces gaz que contient un échantillon donné de sang.

Mais alors même qu'elle serait parvenue à ce degré de perfection, elle aurait toujours cet inconvénient de se prêter difficilement à la comparaison. Dans l'état actuel des choses, cet inconvénient est frappant. Si nous voulons savoir quelle différence existe entre le sang de deux animaux, entre le sang veineux pris dans deux vaisseaux différents du même animal, etc., nous sommes exposés, par les inégalités inévitables dans la température extérieure, dans le temps que dure l'extraction, dans la manière dont est fait le vide, etc., à introduire dans notre comparaison de nombreuses causes d'erreur. Si nous voulons faire les expériences simultanément il nous faudra plusieurs appareils coûteux, et ces appareils, peut-être, ne fonctionneront pas également bien. Que sera-ce si nous cherchons à comparer les résultats obtenus par des expérimentateurs divers, et si surtout ils se sont servis d'instruments différents?

Reportez-vous plutôt aux tableaux que je viens de vous montrer. Pour le même expérimentateur, chez des animaux de même espèce, la quantité d'oxygène contenue dans le sang artériel peut varier de 11,39 à 17,70. et dans le sang

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