INCONVÉNIENTS DES POMPES A GAZ. 1H
veineux, de 4,15 à 12,61. Quelle confiance peut-on avoir dans des moyennes tirées de chiffres aussi différents? Est-ce la méthode, est-ce l'instrument, est-ce l'opérateur qu'il faut incriminer? Existerait-il des circonstances extérieures dont il n'aurait pas été tenu compte? Je crois que cette dernière explication est vraie en partie, et je tâcherai de vous le prouver plus tard. Mais, quoiqu'il en soit, l'inconvénient de cette méthode, qui ne permet pas d'agir simultanément sur les sangs de provenances diverses qu'on veut comparer, en égalisant, autant que possible, les inévitables causes d'erreurs, cet inconvénient, dis-je, ressort manifestement.
On parait peu se préoccuper de ceci en Allemagne. Les efforts des physiologistes tendent surtout à perfectionner la pompe à gaz de manière à permettre, étant donné un certain échantillon de sang, de connaître bien exactement la nature et la quantité des gaz qu'il contient, et l'état dans lequel se trouvent ces gaz ; c'est une tendance vers la vérité absolue, tendanee qui a déjà produit, comme nous l'avons vu, d'utiles résultats.
Mais l'absolu est comme l'infaillibilité; il faut y tendre avec effort, a dit Malebranche, mais sans y prétendre. Or, pendant qu'on fait tous ces efforts, ne néglige-t-on pas des questions plus importantes même que cette détermination analytique si exacte des gaz en quotité et qualité? Pour ma part, si j'avais à choisir entre une méthode d'application pénible, nécessitant l'emploi d'instruments délicats et coûteux, exposant à des causes d'erreur extérieures au sujet même de l'expérience, mais pouvant donner, cependant, avec des soins minutieux, un résultat presque absolument exact, et une autre méthode, ne donnant que des résultats approximatifs, mais facile à employer, permettant la marche simultanée d'expériences comparatives nombreuses, annihilant l'in-
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fluencc des causes d'erreur en les faisant agir également sur toutes ces expériences, je préférerais le plus souvent cette dernière.
Elle seule, en effet, me permettrait de résoudre ces trois ordres de questions, que nous retrouvons à propos du gaz du sang comme nous les avons trouvées à propos de la respiration des tissus, questions qui expriment les trois points de vue auxquels peut se placer la comparaison :
4° En quoi diffèrent les sangs d'origine diverse (artériel, veineux des membres, veineux de la tête, veineux des viscères, etc.) pris au même moment, sur un même animal?
2° En quoi diffèrent les sangs de même nature (artériel, par exemple) pris sur des animaux identiques, mais placés dans des conditions générales tout à fait différentes ?
3° En quoi diffèrent les sangs de même nature pris sur des animaux placés dans des conditions identiques, mais spécifiquement fort différents les uns des autres ?
Or, ces questions me paraissent au moins aussi importantes à résoudre que celles de savoir exactement combien il y a d'acide carbonique dissous, combien de lié aux phosphates, etc. Et ces questions ont été jusqu'à présent presque complètement négligées.
Cependant, depuis longtemps (1857), la physiologie doit à Claude Bernard (1) une méthode d'analyse qui, pour l'oxygène, du moins, donne des résultats parfaitement exacts, et qui présente au plus haut degré toutes les conditions de facilité et de rapidité d'exécution. C'est la méthode du déplacement par l'oxyde de carbone.
Vous connaissez tous l'histoire de celte importante découverte. Vous savez comment Cl. Bernard, étudiant les phéno-
(1) LI, p. 179 cl suiv.