HUITIÈME LEÇON
GAZ DU SANG (analyses quantitatives; suite).
Sang de provenances diverses. — Sang artériel aux différents points de son
parcours (Estor et Saint-Pierre).
Influences de conditions diverses sur la quantité absolue et relative des
gaz contenus dans le sang. — Température. — Pression barométrique :
théorie de Jourdanet. — Richesse oxygénée du milieu : Expériences. —
État de digestion et d'abstinence : Expériences.
Messieurs,
Le principal avantage de la méthode de Claude Bernard, avantage sur l'importance duquel nous avons suffisamment insisté, est de permettre d'établir, en nombre presque illimité, des expériences comparatives conduites simultanément. Claude Bernard fit de cette méthode des applications nombreuses et importantes. Citons un exemple (1) :
Ox. Acide carb.
Le sang artériel d'un chien lui donna* 18,93 0,00
Le sang veineux du cœur 9,93 2,81
Le sang de la veine sus-hépatique. ... . 2,80 6,53
Il est impossible de ne pas être frappé de ces résultats. La circulation ralentie du foie, son sang veineux fourni en grande partie par du sang déjà veineux, c'est-à-dire par le sang de la veine porte chargé lui-même des principes absorbés dans l'intestin (le chien était en digestion), font que le sang qui en
(1) XLI, t. 1, p. 394.
sort conlicnt si peu d'oxygène, que sa présence dans les artères serait une cause d'asphyxie imminente. En outre, ce sang a laissé échapper une quantité d'acide carbonique plus que double de celle qu'a donnée le sang du cœur droit, et, assurément, il y a là un rapport avec la quantité réelle, absolue, de ce gaz que contiennent ces divers sangs. Ainsi se trouvent justifiées les idées de Lavoisier et de Spallanzani, idées dont je vous ai déjà parlé, sur l'origine d'une partie de l'acide carbonique exhalé par la respiration : à coup sûr, une certaine quantité provient du tube digestif où elle a été formée, puis absorbée.
Nous avons préparé, pour vous en montrer aujourd'hui les résultats, une expérience d'analyse comparative de sang carotidien et de sang du cœur droit d'un chien. Ces liquides ont été extraits à l'aide d'une seringue très-simple et très-commode, qu'a construite Guéride sur mes indications. La seringue employée par Claude Bernard possède un pas de vis très-lenl, chose commode pour extraire le sang; Fig.6. - Seringue mais quand on veut le chasser rapidement
pour extraire le . . . , ; ~
sang et le passer de la seringue, il laut declancher un ecrou, sousiemercure . ce nécessite la présence de pièces compliquées, toutes en fer, par crainte du mercure, et fait que
(*) A Écrou mobile, se brisanl en B. Celle pièce, ajoutée récemment par le fabricant, ne me paraît pas utile ; j'aime mieux l'écrou fixe. — C. Robinet (même observation). — E Ajulage pour tirer le sang du vaisseau. — D. Ajutage en fer pour l'introduire dans un tube gradué, sous le mercure. — F. Douille pour recevoir les ajutages. — 1,2,3,*, 5, dmeions en centimètres cubes.
CUERIDEâ