SANG ARTÉRIEL, SANG VEINEUX
l'instrument est à la fois très-coûteux et d'un maniement difficile. Celui que je vous présente (fi g. 6) est simplement en verre et corne ; il n'a de pièce en fer que quatre tiges de solidification A et l'écrou B, dans lequel tourne le pas de vis de la tige de son piston. Ce pas de vis, extrêmement allongé et composé de sept arêtes saillantes, ne fait, pour toute la tige du piston, que deux tours. Il en résulte qu'il a l'avantage de la spirale, je veux dire la régularité des mouvements, et qu'il permet de plus les mouvements les plus rapides.
Revenons à notre expérience :
22 centimètres cubes de chaque sang ont été introduits hier sous le mercure dans un tube gradué, avec 25 centimètres cubes d'oxyde de carbone. Les deux tubes furent vigoureusement agités, puis abandonnés à eux-mêmes à la température ambiante (13 à \ h degrés).
On peut attendre vingt-quatre heures dans ces conditions de température, ou chauffer à 35 degrés et examiner après deux heures ; je préfère le premier procédé, qui permet d'attendre que la mousse du sang soit tombée et que le mercure ait repris son niveau.
L'attente n'a pas d'inconvénients, au point de vue de l'oxygène, car Claude Bernard a prouvé que l'oxyde de carbone, non-seulement déplace tout l'oxygène du sang, mais empêche sa réabsorption consécutive. Quant à l'acide carbonique, la question n'a pas d'importance, puisque notre méthode ne s'applique pas à lui.
Aujourd'hui, il y a deux heures, il n'y avait pas de coagulation; les deux sangs étaient parfaitement rouges. L'analyse du gaz surnageant a montré que
ce. ce.
100 centim. cubes de sang artériel avaient fourni 20,5 d'O. et 3,2 de CO2 — de sang veineux 14,4 3,8
Grâce à cette méthode si simple, si commode, nous allons pouvoir étudier l'influence de quelques conditions particulières sur la richesse oxygénée du sang, et trouver peut-être les raisons de ces différences si extraordinaires présentées par les chiffres des auteurs allemands.
Mais il est auparavant une question récemment soulevée par des physiologistes français et dont la solution par eux donnée a jeté tout le monde, et m'a jeté, moi aussi, dans une grande surprise et une singulière perplexité. Selon Estor et Saint-Pierre (1), l'oxygène diminuerait dans le sang artériel à mesure que celui-ci s'éloigne du cœur, et l'appauvrissement marcherait avec une rapidité extraordinaire, comme le montre, suivant eux, le tableau suivant :
Ces chiffres, disent-ils, sont la preuve qu'il s'opère dans le sang une désoxygénation rapide, des combustions intenses, et que ce qui brûle en nous d'une manière continue, ce ne sont pas nos tissus, mais bien nos aliments.
Certes, je suis d'opinion, moi aussi, qu'on a beaucoup exagéré l'importance quantitative de l'usure de nos tissus, et que c'est dans le sang que se passent une grande partie des modifications qui ont pour conséquences ultimes l'acide carbonique, l'urée, etc. J'apporterai tout à l'heure de nouveaux faits à l'appui de cette manière devoir. Mais, je l'avoue, je considérais, avec la plupart des auteurs, comme le siège de ces modifications, ce réseau délicat des capillaires, où le sang circule avec lenteur au contact de parois et de tissus qui
Artère carotide .
— rénale . .
— splénique
— crurale .