INFLUENCE DK LA DIGESTION
tilé nolablemenL moindre d'oxygène que pendant le jeûne. A quoi peut-on attribuer celle différence?
A la masse du sang d'abord, masse augmentée à la suite des absorptions digestives. En effet, il n'y a pas davantage de globules, et ces globules qui seuls cbarrient l'oxygène sont répartis dans un plus grand volume de liquide : donc, à volume égal, il doit-s'en trouver moins.
Très-vraisemblablement, ensuite, aux oxydations que subissent, dans le sang même, les produits de la digestion, oxydations qui occupent et font disparaître aussitôt une partie de l'oxygène absorbé. On sait, en effet, qu'un animal en digestion absorbe plus d'oxygène qu'un animal à jeun, et comme on en retrouve moins dans le sang, il faut bien qu'il se soit consommé.
A quelque explication qu'on se ratlacbe, on doit considérer que cette moindre richesse oxygénée du sang après la digestion a des conséquences importantes. Elle fournira peut-être la véritable explication de ce sentiment de lourdeur, de ces pesanteurs de tête, de ce besoin de repos, de cette somnolence même, qui suivent les digestions même les mieux opérées. Tous les animaux dorment après avoir mangé, et ce repos est peut-être la conséquence d'une moindre oxygénation du sang, et par suite d'une moindre excitation des éléments musculaires et nerveux.
Il sera très-intéressant de reprendre cette question en employant la pompe à gaz, qui permettra de comparer ainsi les quantités d'acide carbonique contenues dans le sang artériel. Enfin, il faudra expérimenter non-seulement avec le sang artériel, mais avec le sang veineux de diverses provenances et surtout avec le sang veineux qui revient de l'intestin et du foie.
On devra trouver de très-grandes différences dans la ri-
chesse en acide carbonique, différences qui doivent être très-atlénuées dans le sang artériel, car on sait que les animaux en digestion exhalent par les poumons une très-grande quantité d'acide carbonique, peut-être même tout ce qu'ils ont en excès.