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ASPHYXIE DANS L'OXYGÈNE. Ul
apparence, et qui peut-être, il faut même dire probablement, eût été rencontré, il contient autant ou plus d'oxygène que le sang d'un animai respirant l'air en nature. Mais j'ai manqué des appareils nécessaires pour pouvoir soumettre à celte singulière asphyxie des animaux de taille suffisante.
La mort, dans ces circonstances , arrive, ainsi que nous le verrons, en présence d'une atmosphère encore très-riche en oxygène, mais aussi très-riche en acide»carbonique. C'est très-probablement, ainsi que Cl. Bernard l'a dit, à la pression exercée par ce dernier gaz sur le gaz similaire contenu dans le sang qu'il faut attribuer la mort, qui survient ainsi par un véritable empoisonnement carbonique. On devra donc, en faisant, dans ces conditions, l'analyse des gaz du sang, trouver une quantité énorme d'acide carbonique dissous. Cela n'a rien de bien étonnant, puisqu'il résulte des calculs de Fernet, que 100 centimètres cubes de sang sont susceptibles d'absorber 1 50 centimètres cubes d'acide carbonique, tandis que, dans l'état de nature, ils en contiennent rarement plus de liO.
Une expérience que j'ai faite dépose dans ce sens. On place un oiseau dans un vaste flacon tubulé plein d'oxygène, et l'on attend que, par l'effet du confinement, il soit près de périr. Vient-on alors à mettre le flacon en communication avec la machine pneumatique, on voit, après quelques coups de piston, l'animal revenir assez notablement à lui. 11 est très-facile d'expliquer ce résultat par la diminution de la pression carbonique, qui a permis au gaz de s'échapper en partie du sang.
Veuillez remarquer, en passant, combien cette expérience a de rapport avec la question que nous avons si longuement discutée, de l'influence des altitudes sur la composition des gaz du sang.
Je vous parlais tout à l'heure de circonstances dans lesquelles le sang veineux devient ou plutôt reste rouge pendant la vie ; cela tient toujours à une diminution dans la consommation intrà ou extrà-capillaire (hibernation, fièvres, chloroforme). Mais si, dans ces circonstances, on fait périr l'animal, on trouve, lorsqu'il est mort, son sang devenu noir, et même, le plus souvent, noir dans les artères. Laissez-moi, à ce propos, vous raconter un fait que j'ai eu occasion d'observer, et qui me paraît présenter un véritable intérêt.
J'avais enlevé la rate à un jeune chien ; l'opération , des plus simples, n'entraîna d'abord aucune suite fâcheuse. Mais, quelques jours après, l'animal, considéré comme guéri, ayant été exposé au froid et à l'humidité, fut pris d'une péritonite, à laquelle il succomba au bout de quatre jours. J'assistai à ses dernières respirations, que je recueillis même avec l'appareil enregistreur. Quand il fut mort, j'en fis l'ouverture; le cœur, arrêté depuis plusieurs minutes, était plein d'un sang rouge, presque aussi rouge à droite qu'à gauche. Les veines contenaient du sang rouge, et c'est encore du sang rouge que contenaient les vaisseaux capillaires, et qui s'écoulait par l'ouverture de la veine d'un membre quand on soulevait ce membre. Une heure après, il en était encore ainsi, et jusque dans les profondeurs capillaires, le sang avait conservé presque la teinte artérielle.
Chez cet animal, la contractilité musculaire que je m'attendais à voir durer longtemps, comme il arrive aux animaux refroidis, diminués, avait disparu avant trois quarts d'heure. Le foie contenait des traces de sucre ; ce sucre disparut le lendemain, et, jusqu'à la putréfaction, il ne s'en forma plus à nouveau. Or, il se trouvait dans le foie, en quantité notable, de la matière glycogène.
Voilà donc un animal qui est mort avec du sang forte-