EAU DE MEF. — EAU DOUCE
Pour le prouver, je pris de jeunes hippocampes, qui, cinq jours avant, étaient sortis au nombre de trois cents de la poche à incubation d'un seul mâle. J'en mis un certain nombre dans l'eau douce; d'autres dans l'eau de mer qui avait été maintenue à l'ébullition jusqu'à ce que sa densité surpassât sa densité primitive autant que celle-ci surpassait la densité de l'eau douce : cette eau avait ensuite été agitée et laissée pendant vingt-quatre heures au contact de l'air; d'autres, enfin, dans de l'eau de mer ramenée par l'addition d'eau distillée à la densité de l'eau douce. Or, les premiers sont morts en une heure, les seconds en quatre heures, les troisièmes vivaient encore vingt-huit heures après.
Ainsi la densité a de l'influence, comme le prouve encore le second résultat, où son augmentation exagérée a tué assez vite; mais la composition chimique de l'eau, quand elle est convenable, l'emporte sur la densité.
Est-ce le chlorure de sodium seul qui joue ce rôle important? Non, car certains de ces jeunes animaux, placés dans de l'eau distillée aérée, et ramenée par l'addition de sel à la densité de l'eau de mer, n'y ont vécu, en moyenne, que six heures. Il est donc évident que les autres substances, et surtout le sulfate de magnésie, ne sont pas négligeables.
Au reste, il existe sous ce rapport, entre des animaux assez voisins, des différences énormes. Unportune, crabe nageur de haute mer, périt en moins d'une heure dans l'eau douce ; un Cancer marnas, habitant des rivages, peut y vivre plus de vingt-quatre heures. La plupart des animaux qu'on a soumis à des expériences bien conduites ont pu, par voies ménagées de transitions lentes, passer d'un milieu à l'autre. Je poursuis en ce moment des expériences semblables; j'y emploie à la fois de jeunes axolotls et des daphnies qui leur
l'IO DES MILIEUX RESPIRARLES.
servent de nourriture. Je chercherai, si j'obtiens un résultat satisfaisant, quelles modifications auront pu subir, particulièrement sous le rapport de l'épaisseur ou de la diaphanéité de l'épithélium, leurs houppes branchiales.
Air. — Il serait oiseux de vous parler de la composition de Pair qui vous entoure; mais ce qu'il faut dire, ce sur quoi il importe d'insister, c'est ce que cet air n'est pas celui que nous respirons en réalité et que respirent les animaux à poumons; c'est que ce n'est pas en présence d'un mélange de h d'azote et de 1 d'oxygène que se trouve placé le sang veineux pulmonaire. L'air des alvéoles pulmonaires, avec lequel ce sang exécute ses échanges, est, en effet, pauvre en oxygène et riche en acide carbonique.
On sait que l'air expiré par nous contient environ h pour 100 d'acide carbonique, et qu'une quantité un peu plus forte d'oxygène en a disparu; mais celui qui reste alors dans nos poumons s'altère davantage, pendant l'expiration même. Vierordt (1) a montré depuis longtemps que si l'on scinde en deux une expiration profonde, la première partie ne contient guère que 3,5 pour 100 de CO\ tandis qu'on en trouve 5,5 dans la seconde. Mais, je le répète, l'air des alvéoles est encore plus modifié : on le comprend, on peut, par induction, l'affirmer, mais personnelle s'est encore occupé d'en donner la preuve expérimentale. J'ai tenté de le faire par un procédé que je vais vous décrire, et, bien que le résultat de l'expérience n'ait pas toute la rigueur désirable, elle a présenté un phénomène si curieux que je ne puis le passer sous silence.
J'ai fait faire un flacon de 3 litres et demi environ de capacité, fermé par un cercle de fer que solidifie un collier
(1) xxx.
GAZ DU POUMON APRÈS L'iiXPIRATION. 161
du système invente par Regnault (%. 8). Deux tubes munis de robinets communiquent l'un avec un tube barométrique, l'autre A avec la machine pneumatique; on fait le vide, et de la hauteur du mercure dans le tube barométrique on déduit la pression et par suite la quantité de l'air qui reste dans le flacon ; cette pression était encore, dans l'expérience dont je
Fig. 8. — Flacon pour expériences avec l'air rarché.
vais vous parler, de 6 centimètres de mercure. Cela fait, on tourne le robinet A, et l'on adapte au tube qui le porte un tube de caoutchouc court et large, solidifié par une spirale de laiton.
Une chienne, solidement attachée sur le flanc droit,