DÉS MILIEUX RESPIRABLES
animal de moyenne taille, adulte et assez robuste, a subi la trachéotomie complète, transversale; et dans le bout central de sa trachée on a solidement fixé un tube de verre. L'animal, après un temps, respire régulièrement ; au moment d'une expiration, un assistant, plaçant ses mains de chaque côté du thorax, aide vigoureusement à la sortie de l'air, et, soudain, au même moment, j'ajuste au tube trachéal le caoutchouc à la spirale de laiton, et j'ouvre le robinet A. Tout cela se fait d'une manière presque instantanée. Aussitôt le mercure s'abaisse dans le tube barométrique. Immédiatement, je ferme à nouveau le robinet, et je dégage la trachée de l'animal, qui peut alors respirer librement.
Mais la poitrine de notre chien est, du côté gauche, singulièrement déprimée; il semble que les côtes soient tirées en dedans. L'animal respire à l'aise bien qu'avec bruit et rapidité, et cette déformation subsiste. Elle a subsisté encore jusqu'au surlendemain, temps après lequel l'animal est mort, étouffé par des mucosités accumulées dans sa trachée. Or, j'ai trouvé, fait curieux, que toutes les côtes du côté gauche avaient été fracturées de dehors en dedans; le siège des fractures était le long des insertions du grand oblique et du scalène. Voici donc ce qui s'est passé : la pression atmosphérique, réduite cependant de 6 centimètres de mercure, s' exerçant sur tout le côté gauche (le droit était appuyé sur la table), quand le vide fut fait par aspiration dans le poumon, a écrasé le thorax; mais les contractions musculaires ont soutenu les côtes, excepté sur une ligne sans défense, où la cage thoracique a été enfoncée. Je ne connais rien qui mette plus en lumière la puissance énorme de la pression atmosphérique sur l'organisme. C'est l'expérience du crèvevessie faite sur le thorax d'un animal.
J'ai dit que le mercure s'était abaissé dans le tube baromé-