SUR LES EFFETS DE LA GALVANISATION
l'oreille à 20 degrés. Toutefois, pendant cette galvanisation, l'oreille ne devint pas pale ; elle paraissait même au contraire un peu plus vascularisée. Pendant cette opération, la température de l'oreille gauche était de 36 degrés.
On galvanisa alors le nerf auriculaire gauche. La galvanisation du bout périphérique ne produisit ni douleur ni changement de température. La galvanisation du bout central produisit de la douleur; le thermomètre marquait 35 degrés et n'oscilla guère pendant l'opération que dans les limites de 1 degré; l'oreille finit par rester à 35 degrés.
Pendant les galvanisations des bouts centraux des nerfs auriculaires, on remarqua que les yeux devenaient larmoyants ; il y avait des contractions de la face pendant la galvanisation du bout central du nerf auriculaire droit.
Après toutes ces opérations, on isola le nerf sympathique du côté droit dans la région du cou et on passa un fil au-dessous de lui. Par le seul fait de cet isolement du nerf et de son tiraillement, le thermomètre placé dans l'oreille était monté de 22 à 35 degrés.
Alors, sans couper le nerf sympathique, on le galvanisa en le soulevant sur un 111; cette galvanisation fit descendre rapidement la température de l'oreille de 35 à 30 degrés.
Alors on galvanisa le bout central du filet auriculaire droit, et, pendant cette galvanisation, la température de l'oreille, au lieu de baisser comme cela avait eu lieu lorsque le filet sympathique n'était pas détruit,
continua à monter de 33 à 32 degrés où elle était parvenue lorsqu'on cessa l'expérience.
Ce dernier résultat montre bien que l'excitation du bout central du nerf auriculaire sensitif détermine un mouvement réflexe qui agit sur l'oreille par l'intermédiaire du grand sympathique, car, après la section de ce filet, le refroidissement de l'oreille, résultat de cette action réflexe, ne se manifeste plus.
Exp. — Sur un autre lapin, qui avait eu le filet sympathique cervical coupé à gauche, depuis trois à quatre semaines, l'oreille gauche marquait 18 degrés. Pendant la galvanisation directe, elle oscilla entre 17 et 48 degrés et remonta aussitôt après à 22 degrés.
L'oreille droite, examinée après cette première opération, marquait 17°,5. Le filet auriculaire du plexus cervical de ce côté avait été coupé.
On fit la galvanisation du bout central de ce nerf : l'animal poussa des cris aigus, et la température de 17°,5 descendit successivement jusqu'à 14 degrés où elle s'arrêta.
On observa encore que pendant la galvanisation les yeux devenaient larmoyants.
Messieurs, les effets de calorification du grand sympathique peuvent se transformer en phénomènes inflammatoires lorsque l'animal s'affaiblit. C'est ce que montre l'expérience suivante :
Exp. — On coupa d'un seul côté, à gauche, le pneumo-gastrique et le vague réunis, sur un chien. Après quoi on pratiqua une fistule salivaire permanente du canal parotidien. On pratiqua, plusieurs jours après, des expériences sur l'excitation de la sécrétion salivaire à l'aide