PROPRIÉTÉS
poral, il reçoit un filet anastomo tique du pneumogastrique, filet qui lui donne une sensibilité directe.
Exp. — Voici un petit chien sur lequel nous avons préparé l'origine du facial : on voit très-bien l'anastomose auriculo-temporale qu'il reçoit de la cinquième paire. Nous pinçons la branche moyenne du facial; l'animal crie. Lorsque maintenant nous coupons cette branche du facial, l'animal crie encore et nous constatons en outre que les bouts périphérique et central résultant de cette section sont d'une sensibilité très-évidente. Maintenant, nous coupons le rameau de la cinquième paire qui s'anastomose avec la branche moyenne du facial, le chien pousse des cris très-forts. Après cette section, nous pinçons le bout périphérique de la branche anastomotique coupée, l'animal ne crie pas, tandis que le pincement du bout central produit au contraire une douleur vive. Ce rameau est donc sensitif et c'est à lui que le bout central du facial devait sa sensibilité. Quant à la sensibilité du bout périphérique, elle lui vient aussi de la cinquième paire, mais par les anastomoses qui ont lieu dans les réseaux terminaux.
J'ai toujours rencontré la sensibilité récurrente chez le chien en agissant dans des circonstances favorables indiquées dans le semestre dernier. Mais chez certains animaux, tels que le cheval et le lapin, la sensibilité récurrente est quelquefois très-obscure et paraît même manquer, comme cela a eu lieu dans l'expérience suivante :
Exp. — Sur un vieux lapin on découvrit la branche moyenne du facial au niveau de son anastomose auriculo-temporale.
En pinçant la branche, en masse, au-devant de son anastomose avec la cinquième paire, on la trouva sensible. Lorsqu'on l'eut coupée, le bout central seul était sensible. En pinçant la portion du tronc facial qui précède l'union avec l'anastomose, on la trouva insensible. De sorte que la sensibilité parut résider ici uniquement dans la branche anastomotique de la cinquième paire, et le facial se montra insensible. Gela tiendrait-il à la vieillesse de l'animal ou à son peu de sensibilité propre?
Nous avons dit tout à l'heure que, chez le chien, la sensibilité que possède le nerf facial à sa sortie du trou stylo-mastoïdien dépend d'un filet anastomotique qu'il reçoit dans le canal spiroïde, filet provenant du pneumo-gastrique. Cette sensibilité ne peut dépendre en effet que de l'adjonction d'un filet sensitif dans le canal spiroïde, car à son entrée dans ce conduit le facial n'est pas sensible d'une manière évidente. Il est vrai que, pour l'examiner, il faut toujours ouvrir le crâne, ce qui peut lui enlever sa sensibilité récurrente. Toutefois les nerfs sensitifs ont conservé leur sensibilité directe et le facial, s'il la possédait, l'aurait également conservée.
La sensibilité que le nerf facial présente à sa sortie du trou stylo-mastoïdien a été l'objet d'opinions fort diverses. Autrefois, lorsqu'on admettait que le nerf vidien était une branche de la cinquième paire qui, du maxillaire supérieur, venait se rendre au facial pour l'accompagner dans le canal spiroïde, on admettait que le facial étant déjà devenu mixte à la sortie du trou stylo-mastoïdien par cette anastomose, donnait à cause de cela des signes de sensibilité dans son bout central. Mueller a émis