G NERF DE LA TROISIÈME PAIRE
comme elle l'était sous l'influence de la belladone. L'œil gauche, déjà saillant, par suite de l'ablation de la troisième paire, ne le devint pas beaucoup plus lors de la section du trijumeau.
La section de la cinquième paire amena un épanchement de sang, par suite de la blessure du sinus caverneux; l'animal succomba à cet accident.
De cette expérience on peut conclure : 1° que l'ablation de la troisième paire, dont les symptômes s'expliquent très-bien par sa distribution, n'a pas amené la paralysie de l'iris, puisque, sous l'influence de la belladone et de la section de a cinquième paire, il s'y est produit des mouvements de dilatation et de resserrement.
Exp. — Sur un lapin adulte on arracha le nerf moteur oculaire commun, par le procédé ordinaire. Aussitôt après l'opération on constata : saillie du globe de l'œil, chute de la paupière supérieure, strabisme extérieur, immobilité du globe de l'œil, excepté pour les mouvements en dehors; la conjonctive avait conservé toute sa sensibilité; la pupille était contractée parce que lors de l'opération, on avait touché à la branche ophthalmique de la cinquième paire.
Trois heures après l'opération la pupille s'était dilatée, mais elle était encore un peu plus rétrécie que celle du côté opposé. Elle ne paraissait pas se mouvoir bien nettement sous l'influence de la lumière artificielle.
Le lendemain, vingt-quatre heures après l'opération, l'œil gauche avait les paupières collées ; mais, en les entr'ouvrant, on trouva que l'œil n'était le siège d'aucune altération, et l'on voyait que la pupille était beau-
coup plus dilatée que celle du côté droit, qui était le côté resté normal.
Mais, l'œil gauche étant demeuré à la lumière, on trouva qu'une heure après sa pupille gauche s'était considérablement resserrée, ce qui prouvait que, quoique les mouvements de l'iris fussent lents, ils ne s'en effectuaient pas moins quand l'œil passait de l'obscurité à la lumière. L'animal présentait, du reste, les mêmes phénomènes que la veille relativement aux mouvements de l'œil, qui n'étaient apparents qu'en dehors; il y avait toujours chute de la paupière supérieure.
J'introduisis alors de la belladone dans les deux yeux, et les deux pupilles se dilatèrent également.
Ensuite je coupai la cinquième paire à gauche : aussitôt la conjonctive devint insensible, les traits furent poussés en avant, et la pupille se resserra considérablement.
Le lendemain, quarante-huit heures après l'ablation de la troisième paire, et vingt-quatre heures après la section de la cinquième, la pupille gauche s'était dilatée; elle avait pris une forme oblongue, et l'iris offrait quelques plis rayonnes.
D'après ces expériences, on voit que l'extirpation de la troisième paire n'empêche pas la pupille de se contracter sous l'influence des excitations portées sur la cinquième paire; ce qui prouverait que ce n'est pas par le nerf moteur oculaire commun qu'est rapportée l'action réflexe, mais que c'est par le grand sympathique que cette action se trouve transmise.
Elle n'est pas non plus transmise par les autres