‹ Lecons sur la physiologie et la pathologie du systeme nerveux (volume 2)Chapitre 77 sur 148 · NERF DE LA TROISIÈME PAIRE · texte numérisé non relu

NERF DE LA TROISIÈME PAIRE

nerfs moteurs de l'œil, comme le prouve l'expérience suivante :

Exp. —Sur un jeune lapin, j'ouvris le crâne, j'enlevai les lobes antérieurs du cerveau, et je divisai les deux nerfs optiques. L'animal était alors complètement aveugle, et les pupilles étaient largement dilatées et immobiles. Cependant le globe oculaire avait conservé ses mouvements, que l'on rendait manifestes en faisant tourner la tête de l'animal. Le lapin était toujours bien vivant, et la cornée et la conjonctive avaient conservé parfaitement leur sensibilité. Alors, du côté gauche, on cassa dans le crâne le nerf de la troisième paire. L'œil devint saillant; il survint le strabisme en dehors, la chute de la paupière supérieure, et tous les symptômes de la destruction de la troisième paire.

Au moment de la destruction du moteur oculaire commun, la pupille n'avait pas éprouvé de changement; elle ne s'était ni resserrée ni dilatée. Alors, avec un petit crochet, je cassai le nerf pathétique dans le crâne. Il n'y eut rien de changé du côté de la pupille; seulement, les mouvements du globe de l'œil avaient toujours lieu en dedans, quant on faisait tourner la tête de l'animal. Enfin, on détruisit la sixième paire : il n'y eut rien de changé dans la pupille; quant au globe de l'œil, il était complètement immobile, quels que fussent les mouvements que l'on fit exécuter à la tête de l'animal. Après toutes ces opérations, la conjonctive et la cornée étaient toujours restées sensibles. Dans cet état, on pinça la branche ophthalmique ; aussitôt l'animal cria, et la pupille se contracta considérablement.

Page 1