DISTRIBUTION ANATOMIQUE
actuellement la face, nous les verrons persister dans les séances prochaines; l'opération n'entratnera pas la mort du lapin. Cet animal a conservé la sensibilité dans les parties qui ont perdu le mouvement et quand on le pince, on y provoque évidemment de la douleur.
Le nerf facial, en raison de son action sur les mouvements de la tète, est le nerf de l'expression de la face. C'est à ce titre que Ch. Bell l'appelait un nerf respirateur, appliquant cette dénomination aux nerfs qui concourent à l'expression de la physionomie. Il regardait les mouvements auxquels président ces nerfs comme tout à fait involontaires ; mais à ce nom de respirateurs ^ il ne rattachait l'idée d'aucun rapport avec l'acte respiratoire puisque le grand oblique de l'œil était pour lui un muscle respirateur.
Le développement du nerf facial est chez les animaux en raison directe de la variété des mouvements de la face. Ainsi , rudimentaire chez les poissons, les reptiles et les oiseaux, chez lesquels il ne constitue même pas toujours un nerf distinct, il est au contraire très volumineux chez les mammifères, et surtout chez ceux dont certaines parties de la face sont pourvues de mouvements très développés. Chez l'éléphant, chez le cochon, le facial est extrêmement développé surtout dans les branches qui se rendent au nez ou à la trompe.
Chez l'homme, le nerf facial est, ainsi que je viens de vous le dire, le nerf de la physionomie. On connaît l'immobilité et l'absence d'expression qui caractérisent sa paralysie etle contraste qui existe entre les deux moitiés de la face lorsque cette paralysie n'existe que d'un, seul
côté. Lorsque la paralysie existe des deux côtés, la face semble être couverte d'un masque. Dans un cas de paralysie double du facial que j'ai pu observer avec Magendie, cette impression d'un masque sous lequel les globes oculaires avaient conservé leur immobilité était frappante.
Étudions donc actuellement la distribution et Tusage des différentes parties du nerf facial.
Le trajet de ce nerf est très compliqué. Il émerge des côtés de la moelle allongée et vient se répandre sur la face après avoir parcouru dans Tos temporal one route très sinueuse. Mais si le nerf facial natt en arrière du pont de varole, ses racines remontent dans l'épaisseur du bulbe, puisse réfléchissent et tapissent le plancher du quatrième ventricule. Au sortir de la moelle, il se dirige vers leconduit auditif interne, accompagné par le nerf auditif ^tué en arrière de lui et un peu au-dessous , et aussi par le nerf intermédiaire de Wrisberg qui naît entre les deux et s'unit plus tard avec le facial.
Au fond du conduit auditif interne, le facial, réuni au nerf intermédiaire de . Wrisberg , se sépare du nerf acoustique et pénètre dans le canal de Fallope, coudé en forme d'S. Là, au niveau du premier coude, existe un ganglion, le ganglion génictdé. Or , à ce ganglion aboutissent deux filets (nous verrons plus tard si ces filets arrivent au ganglion ou s'ils eu partent; nous n'examinerons actuellement que les rapports). Ces deux filets sont le grand nerf pélreua> superficiel et le pelit péireuœ superficiel; ce dernier va au ganglion otique, le premier au ganglion sphéno-palatiu.
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Ensuite, le facial passe au-dessus de la caisse du tympan, se réfléchit et donne deux filets, Tua au muscle de Fétrier et uu autre, la corde du tympan qui, après un trajet assez singulier, va se rendre au ganglion sousr ipaxillaire.
Les filets, nés dans le canal spiroïde, mettent déjà le facial en rapport avec plusieurs nerfs crâniens.
Ainsi les deux nerfs pétreux le mettent en communication avec la cinquième paire, ainsi que la corde du tympan.
Le nerf facial offre en outre une ana^mose avec le pneumogastrique dans le canal osseux du temporal , et au sortir du crâne, par le trou stylo-mastoïdien, il communique encore avec le glosso-pbaryngien.
Ensuite le nerf facial se distribue sur la face. On peut donc distinguer au facial deux portions : Tune intra-crânienne, l'autre faciale proprement dite. La première affectant une direction spiroïde, recevant des anastomoses nombreuses et très complexes.
Au sortir du trou stylo-mastoïdien du temporal, le nerf facial vient s'épanouir sur la face après s'être divisé en plusieurs faisceaux. Chez l'homme on trouve deux divisions principales qui se subdivisent et s'anastomosent en réseau. Ce réseau, très serré chez l'homme, est, d'une façon générale, d'autant plus riche que es mouvements des parties sont plus multipliés et plus variés.
Nous avons vu, dans son trajet intra-crânien, le facial communiquer déjà trois fois avec la cinquième paire. Sur la face, ces comnmnications vont se répéter. Une
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anastomose existe au niveau de Toreille^ au-dessous de la parotide, anastomose auriculo- temporale avec la branche maxillaire inférieure. On trouve encore, au niveau des nerfs sus-orbîtaire, frontal, sous-orbitaire, mentonnier, des anastomoses nouvelles avec la cinquième paire , anastomoses multipliées auxquelles on a donné le nom de plexus.
Voilà pour la distribution générale du nerf facial.
La première question physiologique que nous ayoni à examiner est celle des propriétés de ce nerf. Je n'ai pas à y insister longuement ici. Lorsque, dans le cours du semestre dernier, il a été question de la distinction à établir entre les propriétés des nerfs et leurs fonctions, j'ai longuement insisté sur les phénomènes de la sensibilité récurrente que Ton trouve dans les racines antérieures ou motrices . sensibilité qui , vous le savez, leur vient par la périphérie des racines postérieures. Le nerf facial est de même sensible quoique ce soit un nerf moteur. Comme les nerfs moteurs , il tient sa sensibilité d'une racine sensitive et cette racine sensitive c'est la cinquième paire. On rencontre en effet, entre la cinquième paire et le nerf facial, la relation qui unit les racines postérieures aux racines antérieures, relation telle que la section de la cinquième paire fait perdre, ainsi que nous le verrons, la sensibilité récurrente au facial.
Mais avant de vérifier expérimentalement cette relation physiol(^que, il est nécessaire de nous rendre compte de quelques détails anatomiques sans la connaissance desquels nous arriverions infailliblement à faire des expériences incomplètes ne répondant pas à la