PROPRIÉTÉS
question que nous avions en vue de résoudre en les instituant.
Chez les animaux sur lesquels nous opérerons, le tronc du facial qui aborde la face en arrière et au-dessous de Toreille fournit trois branches principales :
Une branche inférieure, destinée à la lèvre inférieure et au menton.
Une branche moyenne, qui se distribue à la lèvre supérieure, au nez et à la joue.
Une branche supérieure, qui se rend aux muscles de Toeil, de l'oreille et du front.
Peu après leur séparation, chacune de ces branches reçoit une anastomose avec la cinquième paire. C'est donc avant ces anastomoses qu'il faut interroger la sen-* sibilité du facial ; sans quoi on aurait des manifestations sensibles appartenant, non au nerf interrogé mais au filet ^ sensitif qu'il a reçu du nerf de la cinquième paire. Chez le cheval où , par exemple , l'anastomose est plus volumineuse que la branche du facial elle-même, il est évident que la douleur provoquée par le pincement du rameau mixte tient à celte anastomose.
Pour vérifier le fait en question , il est nécessaire de couper les branches du facial dont on interroge la sensibilité. Après cette section, on trouve que chez le chien les deux bouts sont doués de sensibibilité dans les branches du facial. La sensibilité du bout central ne saurait surprendre personne puisque, grâce à l'anastomose reçue de la cinquième paire , ce bout central représente partiellement le bout central d'une racine postérieure, c est-ù-dire d'un ueif sensitif proprement dit.
DU N£RF FACIAL . 25
La sensibilité qu'on y observe est donc une sensibilité directe, tout à fait semblable à celle que nous avons notée sur le bout central d'une racine racbidienne postérieure coupée.
Mais le bout périphérique est sensible aussi. Celte sensibilité ne saurait lui venir du centre puisque la continuité a été détruite. Elle ne peut donc lui venir que de la périphérie, et elle vient encore du trijumeau. C'est en effet ce qui a lieu, comme on peut s'en assurer en détruisant la cinquième paire : toute sensibilité disparait alors dans le bout périphérique doué de la sensibilité récurrente.
Par ces propriétés le facial se comporte donc comme un nerf moteur et représente une racine antérieure; il tient sa sensibiUté récurrente de la cinquième paire qui joue ainsi par rapport à lui le rôle d'une racine postérieure. Ces deux nerfs appartiennent donc à une paire physiologique.
Il semblerait au premier abord, et d'après ce qui précède, que pour placer le facial dans les conditions exactes d'une racine antérieure, il suffirait de prendre ce nerf avant qu'il ait reçu les anastomoses qui lui viennent du trijumeau, à sa sortie du canal de Fallope. Ce serait une erreur. Â ce moment le facial n'est déjà plus un nerf moteur pur, et Texpérience montre qu'il est sensible en ce point, indépendamment de la sensibilité récurrente qu'il tient de la cinquième paire. En effet si on le coupe en ce point, on trouve déjà sw bout central sensible. Nous verrons que cela tient à ce que, pendant son trajet intra-crànien, dans le canal spiroïde du tem-
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por^y il r/^çoH un filet aiiastomotique du pneumogastf*jque, filet qui lui donne une sensibilité directe.
Exp. — Voici un petit chien sur lequel nous avons préparé Torigine du facial : on voit très bien ranastomose auriculortemporiale qu'il reçoit de la loinquième paire. NoH$pinçonsla))ranch|3 moyenne du facial; l'animal crie. Lorsque maintenant nous coupons cette branche du faqy^y raniqoal crie encore et nous constatons en outre que les bouts périphérique et central résultant de cette section ^pt (l'une fusibilité très évidente. Maintenant, nous coupons le rameau do la cinquième paire qui s'anastomose avec la branche moyenne du facial , le chien pousse des cris très forts. Après cette section, nous pinçons le bout périphérique de la branche anastomo- Wq^e coupée, l'aimai ne crie pas, tandis que le pioce^ mept du bout central produit au contraire une douleur viye. Ce ran^eau est donc isensitif et c'est à lui que le bout central du facial devait sa sensibilité. Quant à la seqsibilité du bout périphérique, elle lui vient aussi de la cinquième paire , mais par les anastomoses qui ont lieu ^ans les réseaux terminwî.
J'ai toujours rencontré la sensibilité récurrente chez le chiep en agissant dans des circonstances favorables ^P(}iquéesd^nsle semestre dernier. Mais chez certains anipaaux, tels que le cheval et le lapin, la sensibilité récurrente est quelquefois très obscure et paratt même manqaeCj comme cela a eu lieu dans l'expérience suivante : Pœp. -r- Sur un vieu^ lapin, on découvrit la branche moyeuii/3 du facial au niveau de son anastomose auricplQ-t«mpojra^9..
En pinçant la branche, en niasse, au-devant de son anastomose avec la cinquième paire, on la trouva sensible. Lorsqu'on l'eût coupée, le bout central seul était sensible. En pinçant la portion du tronc facial qui précède l'union avec Tanastomose, on la trouva insensible. De sorte que la sensibilité parut résider ici uniquemenl dans la branche anastomotique de la cinquième paire, et le fecial se montra insensible. Cela tiendrait-il à la vieillesse de l'animal ou à son peu de sensibilité propre T
Mous avons dit tout à l'heure que chez le chien, la sensibilité que possède le nerf facial à sa sortie du trou stylo-mastoïdien dépend d'un filet anastomotique qu'il reçoit dans le canal spiroïde, filet provenant du pneumogastrique. Cette sensibilité ne peut dépendre en effet que de l'adjonction d'un filet sensitif dans le canal spiroïde, car à son entrée dans ce conduit le facial n'est pas sensible d'une manière évidente. Il est vrai que pour l'examiner il faut toujours ouvrir le crâne, ce qui peut lui enlever sa sensibilité récurrente. Toutefois les nerfs sensitifs ont conservé leur sensibilité directe et le facial, s'il la possédait, l'aurait également conservée.
La sensibilité que le nerf facial présente à sa sortie du trou stylomastoïdien a été l'objet d'opinions fort diverses. Autrefois, lorsqu'on admettait que le nerf vidien était une branche de la cinquième paire qui , du maxillaire supérieur, venait se rendre au facial pour l'accompagner daas le canal spiroïde, on admettait que le facial étant déjà devenu mixte à la sortie du trou stylo-mastoïdien par cette anastomose, donnait à cause de cela des signes de sensibilité dans son bout central. Mueller a émis
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Topinion beaucoup plus probable que cette seusibilité du facial à la sortie du trou stylo-mastoïdien dépen^ drait de ranastomose que ce nerf contracte , dans sa portion descendante, avec le pneumogastrique, anastomose qu'il ne faudrait pas dès lors considérer comme fournie par le nerf facial au nerf pneumogastrique, mais bien par le pneumogastrique au facial. Jusqu'à présent, à ma connaissance, aucune expérience directe n'a été faite sur ce sujet. Pour juger cependant de la valeur de cette opinion, il est indispensable de faire une ex^ périence directe et c'est ce que nous avons tenté avec succès.
Cette anastomose entre lepneumogastriqueet le facial, qui émane de la branche auriculaire du pneumogastrique, se montre très volumineuse chez le cheval et le bœuf.
L'expérience que nous avons faite relativement à cette anastomose sur un chien n'est pas de nature à être pratiquée à l'amphithéâtre. Elle est fort longue, très pénible, et c'est avec peine que l'opérateur lui-même peut en suivre les détails. Nous l'avons exécutée hier matin ; au bout de deux heures nous avions à peine terminé.
Le procédé a consisté , prenant un gros chien bien portant, à lui abattre Foreille gauche, de manière à pouvoir facilement arriver sur le facial à sa sortie du crâne. Alors, suivant le nerf, en nous aidant de la gouge et du maillet, il nous a fallu sculpter le rocher, détruire l'apophyse mastoïde dont les cellules donnaient une hémorhagie souvent très considérable qu'on arrêtait en bouchant les sinus avec de la cire ramollie, nous remon-
nr NERF FACIAL. M
tàmes ainsi le parcoiii*s du nerf facial dans le canal spiroïde avec de grandes précautions pour ne pas le blesser. L'animal était, bien entendu, préalablement soumis aux inhalations du chloroforme.
Après deux heures environ, nous avions réussi à mettre à nu la branche anastomotique qui unit le facial au pneumogastrique. La plaie fut recouverte et nous laissâmes Tanimal se reposer, et ce n'est que quelque temps après l'opération qu'il sortit du sommeil dans lequel l'avaient plongé les inhalations de chloroforme.
La plaie fut décousue et nous pinçâmes le tronc du nerf facial au-dessous de son anastomose avec le rameau auriculaire ; il se montra évidemment sensible. L'ayant alors coupé à ce niveau, les deux bouts furent trouvés sensibles. Nous avions donc, en ce point, affaire à un nerf mixte, sensible par ses deux bouts.
Aussitôt après cette observation, nous coupâmes la branche anastomotique du vague et cette section causa une douleur vive. Pinçant alors de nouveau le nerf facial, nous reconnûmes que la sensibilité du bout central avait disparu. Elle lui venait donc de cette anastomose avec le pneumogastrique. La sensibilité du bout périphérique qui était récurrente venait de la cinquième paire et persistait tout entière. Ces observations ont été faites dans de bonnes conditions, quatre heures après l'opération; l'animal était suffisamment reposé puisqu'on a pu constater la sensibilité récurrente du nerf facial coupé.
Voici la tète de ce chien qui a été sacrifié après l'expérience et sur laquelle vous pourrez reconnaître
êO ANASTOMOSE DU FACIAL ET DU VAGUE.
l'étendue et la nature des délabrements produits. Au fond de la plaie se trouvent à découvert le nerf facial et le filet anastomotique qui le réunit au pneumc^astrique. Vous pouvez voir les points où ont été pratiquées les sections de ces nerfs.
A propos de la cinquième paire, nous reviendrons encore sur cette sensibilité du nerf facial. Concluons seulement pour le moment que Tanastomose du facial avec le pneumogastrique est un rameau de sentiment qui vient du pneumogastrique au facial.