SON ARRACHEMENT
Après rablalioli de la troisième paire, la pupille navait pas été déformée; seulement elle s'était montrée un peu plus contractée que celle du côté opposé : probablement parce qu'on avait touché la cinquième paire.
Le lendemain, le lapin était toujours bien portant. Les deux yeux étaient sensibles également et n'étaient le siège d'aucune altération de nutrition. L'injection qui avait paru dans Tiris et dans la conjonctive, au moment de Topération, avait complètement disparu. Les phénomènes qui avaient persisté étaient : le strabisme externe, la saillie du globe de l'œil, la chute de la paupière supérieure, l'immobilité du globe oculaire, excepté dans les mouvements en dehors.
La pupille qui, au moment de Tablation de la troisième paire, s'était montrée plus contractée que du côté opposé, était aujourd'hui dans un état inverse ; c'est-kdire qu'elle était plus dilatée que celle du côté opposé ; mais la pupille n'offrait aucune déformation, et elle paraissait peu mobile sous l'influence de la lumière artificielle qui déterminait un clignement dans les deux yeux.
On appliqua de la belladone dans les deux yeux ; les deux pupilles se dilatèrent, et pendant toute la journée restèrent également dilatées dans les deux yeux.
Le soir, vingt-six heures après l'ablation de la troisième paire, on coupa du même côté, à gauche, la cinquième paire. Aussitôt l'animal cria : la pupille l'esta d'abord immobile, mais bientôt elle se resserra fortement, comme elle le fait habituellement dans la section de la cioqui^e paire. La pupille opposée resta dilatée
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comme elle Tétait sous Tinfluence de la belladone. L'œil gauche déjà saillant, par suite de l'ablation de la troisième paire, ne le devint pas beaucoup plus lors de la section du trijumeau.
La section de la cinquième paire amena un épanchement de sang, par suite de la blessure du sinus caverneux ; ranimai succomba à cet accident.
De cette expérience on peutconclui*e:l*que Tablation de la troisième paii'e, dont les symptômes s'expliquent très bien par sa distribution, n'a pas amené la paralysie de l'iris, puisque, sous l'influence de la belladone et de la section de la cinquième paire, il s'y est produit des mouvements de dilatation et de resserrement.
£^p. — Sur un lapin adulte on arracha le nerf moteur oculairecommun, par le procédé ordinaire. Aussitôt après Topération on constata : saillie du globe de l'œil, chute de la paupière supérieure, strabisme externe, immobilité du globe de l'œil, excepté pour les mouvements eii dehoi's ; la conjonctive avait conservé toute sa sensibilité ; la pupille était contractée parce que, lore de Topélation, on avait touché k la branche ophthalmique de la cinquième paire.
Trois heures après l'opération, la pupille s'était dilatée, mais elle était encore un peu plus rétréoie que celle du côté opposé. Elle ne paraissait pas se mouvoir bien nettement sous l'influence de la lumière artificielle.
Le lendemain, vingt-quatre heures après Topératioa. l'œil gauche avait les paupières collées ; mais, en les entr'ouvrant, on trouva que l'œil n'était le signe d'aucune altération, et Ton voyait que la pupille était beau-
soif ARBACHEMENT. S07
coup plus dilatée que celle du cAté droit, qui était le cAté resté uormal.
Maïs, Tœil gauche étant demeuré k la lumière, ou tfOUTa qu'une heure après sa pupille gauche s'était considérablement resserrée, ce qui prouvait que, quoique les mouTements de l'iris fussent lents, ils ne s'en effectuaient pas moins quand Tœil passait de Tobscurité à la lumière. L'animal présentait, du reste, les mêmes phénomènes que la veille relativement aux mouvements de l'œil, qui n'étaient apparents qu'en dehors; il y avait toujours chute de la paupière supérieure.
J'introduis alors de la belladone dans les deux veux, H les deux pupilles se dilatèrent également.
Ensuite, je coupai la cinquième paire à gauche : aussitôt la conjonctive devint insensible, les traits furent poussés en avant, et la pupille se resserra considérabtement.
Le lendemain, quarante-huit heures après l'ablation de la troisième paire, et vingt-quatre heures après la section de la cinquième, la pupille gauche s'était dilatée ; elle avait pris une forme oblongue, et l'iris offrait quelques plis rayonnes.
IVaprès ces expériences, on voit que l'extirpation de la troisième paire n'empêche pas la pupille de se contracter sous l'influence des excitations portées sur la cinquième paire; ce qui prouverait que ce n'est pas par le nerf moteur oculaire commun qu'est rapportée l'action réflexe, mais que c'est par le grand sympathique que cette action se trouve transmise.
Elle n'est pas non plus transmise par les autres