BXCITATION$ ÉLECTRIQUES DES NERFS
Le rôle physiologique de cette communication ou de cette récurrence, qui est bien établi pour les fibres sensitives, serait assez difficile à déterminer actuellement pour les fibres motrices. Nous savons seulement que les deux racines des nerfs sont toujours associées entre elles. Si nous voulions émettre une hypothèse sur ce sujet, ce qui est toujours nécessaire pour ouvrir une nouvelle voie aux recherches, nous dirions que la moelle épinière, constituant en réalité un organe, a besoin de recevoir ellemême,. dans chacune de ses parties, des nerfs moteurs et des nerfs sensitifs. Or, la partie motrice de la moelle épinière recevrait par récurrence ses nerfs sensitifs de la racine postérieure ; et, de même, la partie sensitive de la moelle épinière recevrait par récurrence ses nerfs moteurs de la racine antérieure.
U est singulier que cette sensibilité de la moelle paraisse résider surtout à sa surface ainsi que le montre Texpérience suivante :
Eœp.—^Sur un chien, dont la moelle avait été coupée dans la région lombaire, on enfonça très profondément des aiguilles dans le tissu médullaire sans y développer de la sensibilité, tandis qu'à la surface des faisceaux, et surtout des faisceaux postérieurs, il y avait une sensibilité très vive. Ce qui semble prouver que la surface nerveuse de la moelle est plus sensible que la partie intérieure. La substance grise parut complètement insensible.
Je désire placer ici quelques-unes des observations qui m'ont prouvé que la quantité d'électricité nécessaire pour manifester l'activité physiologique d'un organe est bien différente suivant le tissu auquel on s'adresse.
Il y a plus de dix ans que, pour la première fois, j'ai
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été à même d^obsctrer «n fait de ce géttfe : ft^es* lorsque Voulant étudier les effets que le cui*fe pradtuf «tif lés nerfs, je priai M. Puhermacbef de construire le* pinces électriques bien connues Aujourd'hui des phy* sfolo^stes. D'abord ces pinces étant d'un très petit calibre, toici ce que j'observai sur les grenouilles tuées dans l'état physiologique, et préparées à la manière de GalvaUi : j'avais constaté que les pinces appliquées suf les nerfs déterminaient des convulsions violentes dans les muscles, tandis qu'au contraire je reconnus que lorsque la grenouille avait été cmpoiscmnée par le cUrare, la même pince appliquée sur les nerfs né déterminait aucutïe contraction musculaire. Mais alors, voulant savoir si lé cuivré avait détruit l'irritabilité musculaire en même temps que l'excitabilité nerveuse, je portai la pince électrique sur le tissu musculaire môme de la grenouille tuée par le curare, et je ne constatai non plus aucune contractioD dans le tissu musculaire.
Pour savoir si le muscle était également paralysé par le curare, je répétai la même expérience sur des cuisses de grenouilles non empoisonnées, et je vis que cheÉces grenouilles, lorsqu'on agissait seulement sur le tissu musculaire, sans exciter le nerf, on n'oblerialt aucune contraction musculaire. Il me fut démontré par celte expérience, que j'ai depuis répétée et publiée, que, sUf un même animal^ on peut, avec un même couraftt élec^ trique, obtenir une contraction très violente dans les muscles quand on agit primitivement sur les nerfs, tandis qu'il faut employer un courant beaucoup plus énergique pour obtenir la contraction musculaire en agissant directement sur le tissu de loi^e.