QUINZIÈME LEÇON
26 sua 1857.
SOMMAIRE : Système nerfeax du grand sympathiqiie. — Difficolté actuelle de son histoire physiologique. ~ Examen de Tinfluence qo*exeroe la section da sympathique. — Section du sympathique an cou. ~ EffeU notés du côté de Toeil. — Modification de la températore de la tête. — Expériences comparatif es sur les nerfii qui se di»* tribuent à la fiice.
Messieues,
On divisé le système nerveux en deux grandes par^ties: le système nerveux cérébro-spinal que nous avons étudié jusqu'ici , et le système du grand sympathique que nous allons maintenant examiner. Une telle étude serait impossible dans son ensemble aujourd'hui, les notions que nous avons sur ce nerf se réduisent à des laits détachés, entre lesquels il serait difficile d'établir un lien systématique.
Nous idlons commencer par une influence des plus remarquables de ce nerf sur laquelle nous avons fait un grand nombre d'expériences, je veux parler de Tinfluence que la section de ce nerf exerce sur la chaleur animale et sur la circulation du sang.
Je n'ai pas ^l'intention de rapporter ici toutes les hypothèses qu'on a pu faire sur les fonctions du grand sympathique ; je désire seulement rappeler dans leur (mire chronologique les principales expériences qu'on a tentées sur ce nerf «à diverses époques. Cette indication
gissement en galvanisant le bout céphalique du nerf sympathique coupé.
 peu près à la même époque, le docteur Ruete (de Vienne) ayant remarqué que, dans la paralysie de la troisième paire de nerfs, la pupille dilatée et immobile peut encore s'agrandir sous Tinfluence de la belladone, eu conclut que Tiris reçoit deux espèces de nerfs moteurs correspondant à ses deux ordres de fibres musculaires, et que le grand sympathique, en animant les fibres musculaires radiées, produit le mouvement de dilatation, tandis que le nerf moteur oculaire commun, en ani* mant les fibres circulaires, détermine au contraire le mouvement de contraction de l'iris.
En 1851, MM. Budge et Wailer reconnurent que, àvos son action sur la pupille, le Olet cer\'ical du grand sympathique n'agit que comme un cojiducteur qui transmet une influence dont le point de départ est dans une région de la moelle épinière que précisèrent ces expérimentateurs, et à laquelle ils donnèrent le nom de régùm cilio-spinale. Cette région est comprise entre la demièi^ vertèbre cervicale et la sixième vertèbre pectorale inclusivement.
Toutefois ces auteurs, en signalant ce résultat, s'attachèrent uniquement à l'explication du rétrécissement de la pupille. Us admettent aussi qu'après la section da sympathique» les fibres radiées de l'iris (muscle dilatateur) sont paralysées, d'où il suit que l'action des fibres circulaires (muscle constricteur) prédomine et rétrécit l'ouverture pupillaire. Si, quand on galvanise la r^OD de la moelle à laquelle le sympathique prend naissance,
HISTORIQUE. &7â
on voit la pupille se dilater, cela vient encore, suivant eux, de ce que, sous l'influence galvanique, le nerf sympathique moteur excite l'action des fibres radiées ; leur contraction énergique surpasse alors temporairement l'action des fibres circulaires et détermine la dila* talion de la pupille.
Depuis plusieurs années, en montrant dans mes cours publics les efiets de la section de la portion céphalique du grand sympathique , j'ai insisté sur ce point qu'au lieu de poursuivre une explication exclusive pour rendre compte des modifications de la pupille, il faudrait en chercher une pour tous les autres phénomènes qui, survenant et disparaissant simultanément, semblent naître sous l'influence d'une cause commune. Tous cesphéno* mènes simultanés et connexes sont, ainsi que nous l'avons vu :
1* Le rétrécissement de la pupille et la rougeur de la conjonctive ;
2! La rétraction du globe oculaire dans le fond de l'orbite, ce qui fait saillir le cartilage de la troisième paupière et le porte à venir se placer au-devant de rœil;
S"" Le resserrement de l'ouverture palpébrale et en même temps une déformation de cette ouverture qui devient plus elliptique et plus oblongue transversalement;
4* L'aplatissement de la cornée et le rapetissement consécutif du globe oculaire.
Outre les phénomènes précédents, j'ai encore signalé le rétrécissement plus ou moins marqué de la narine et
ft?â NERF GRXî^tf STIÉPATHIQUE.
dé là boUbhé du côté correspondant ; tiiâte j'ai stlHotit indiqué une mbdiflcatibh ttftrte sfiécialè dfe la Ctrculaiiob, coîncidknt atcc utie ^i*àtide aù^tiiëtitatioii 6e baioP ritité et tnêhié de àeri^bilité Aàhs leâ paHieâ;
Tétùdiai ceà faits, qtii tl'àvâîent été Signalés Jtar personne avant moi, comme résultat de là déduction du fiëlf grand S;jTnpathiqUè, et le 29 mars 1852 j je Iiis à r AcÂdémie des scierices une notb sur l'ihfluenet iu nerf jjhmd iiytnjkUhiqhe sur la chukur animale.
Bien que ce phénomène de calorificàtiôn et d'augttibritatidn de sensibilité eût dû se matlifeèter efltre les mains de tdti^Ies elpéfiitientAtedt^, personne ne l*ATait bej;iëtidaiit remarqué, tii ne liii slviit dotidé sa significatidà : b'ést & pbinê â'il avait été noté. Dû^ïj parte^ daris deui de Ses ëxpérieticëâ isdf des chéTaot, de dialeur passagère et de sueurs même survenues dans queli\{m parties db là face ob dé la ntfqbe. Mais cet observateur ne pense pas le moins du monde à bàitibtétise^ le phénomène, qu'il confond^ du reste, dans la description des symptômes d'une carie de Foccipital qui existait coïncidémment dans un cas, et d'ude cène tfe Tos maxillaire qui existait dans Tautre. Il le signale, aa reste, chez d'autres animaux qui n'avaient pas eU les ganglions extirpés, mais qui préiehlàient des ihafaalîei des fo^es nasales ou des os niaxillàites (I):
Il reste donc évident que Dupuy n'a pas distingué ai compris le phénomène coin me résultat phyiriologiquë de l'extirpation des ganglions sympathiques^ ainsi que noos
(1) V<yjfez Diipay, Dé l'affection tuberctUeése. Paris, 1817, lii-8.
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te dëtnbnti*ent les conclusions db son lîiémoire, que Je fratisbris littériilfemètit et côtnplétenfent :
* Dtjs expériences qoe iious avons rapportées, il ré-^ sbltë:
lé 1^ Qae là situation profonde Aed gftngliotis supérieurs des tiei*rs grands sympathiques ne s'oppose (XHUt i leur elcisiori sur Tanimal vivant ;
^ 9^ Qile To^ratioU nécessaire pom enlever ces ganglions est tim{4e, peu douloureuse, et n'est acoomp*-* gttée tri suivie d'évéueinents fftcheui ;
* y Que tes phéiiomènes qui se inadifestént et qui SDtlt Iddépctndants de l'opération sMÏ le hesserrenient de lA pupille, la rougeur de la conjotscthre, Tatuaigrissement général accompagné de rirrflltratlou des membres et de réru^ttion d'ttne espèce de gale 4^i finit V^^ trffSocter toute Ift surfoce ciiianée ;
i â* Enfin qu'on est en droit de conclure que ces Uerfk étèroeiit une gt*âdde influence sur \ei fotactions uutri-*
Bd lisant le mémoire de Dupuy avant la publication de mon travail, aucun des nombreut auteurs qui l'ont eitë n'a pu j voir et il'y a vu que la calcrification des jlMiies fût la conséquence de l'extirpation des ganglions orvicaux ; car cela n'y est pas dit. Mais aujourd'hui que j'ai caractérisé le phénomène, si ou trouve, en lisant rétrospectivement les expériences du professeur d' Aifort, ou même celles d'autres auteurs, qu'il y a dan les descriptions, des mots, des phrases, des paésages ^ui doivent te rapporter à ce que j'at décrit, ce n'est pas la question que j'examhie; car H' est dair^ ainsi que ja l'ai
déjà dit, que les expériences ont dû donner les mômes résultats entre les inains de tous les expérimentateurs qui ont dû, par conséquent, avoir tous le phénomène en question sous les yeux. Mais il est si facile d'avoir un phénomène sous les yeux et de ne pas le voir, tant qu'une circonstance quelconque ne vient diriger l'esprit de os côté! En 1842, j'ai fait un grand nombre de sections du sympathique et d'ablations des ganglions cervicaux de ce nerf sans me douter que cette opération produisit le réchauffement des parties, bien que je connusse cependant les expériences de Dupuy. Si, dix ans après, c'est-à-dire en 1852, j'ai découvert le fait, cela tient à ce que je m'étais placé à un point de vue différent pour observer les résultats de l'expérience.
Dans ma note hie à l'Académie des sciences je me bornai à décrire les phénomènes et à s^aler leur condition de production sans vouloir entrer aucunement dans leur explication. Cependant au premier abord il était difficile de ne pas croire que cette augmentation de caloricité et de sensibilité ne fût pas consécutive à une plus grande activité circulatoire. Mais comme j'avais observé des cas dans lesquels l'activité circulatoire semblait être le phénomène secondaire au lieu d'être le &it primitif, je me bornai à indiquer la possibilité des deux hypothèses, en disant que la caloricité n'était pas toujours en raison directe de la vascularisation des parties.
Depuis lors je continuai mes recherches et je signalai la même année, dans mon cours, que le galvanisme appliqué sur le bout supérieur du sympathique au coo,