‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux (volume 3)Chapitre 87 sur 99 · EFFETS INFLAMMATOIRES · texte numérisé non relu

EFFETS INFLAMMATOIRES

o6te. On maintint écartés les deux côtes à Taide d^un coin de bois introduit entre elles. Alors, à Taide d'une érigne, on accrocha le ganglion que Ton souleva, avec une pince à anneaux, on le saisit et on Tarracha complètement ; cela fait, on recousit la plaie extérieure des muscles et on laissa Tanimal en repos.

Pendant l'opération, l'animal était chloroformé* A chaque expiration , on constatait la sortie de l'air à travers l'ouverture faite à la poitrine. On constata en outre qu^au moment de l'extirpation du ganglion, quoique l'animal fût éthérisé, la respiration s'accéléra considérablement. On laissa ce chien en repos jusqu'au lendemain.

Le lendemain, 5 juillet, on constata que la pupille du côté opéré était très contractée; l'oreille du même côté était très chaude; l'animal paraissait malade; les respirations étaient de 36 et les pulsations de 92 par minute. Les urines étaient très acides, contenaient beaucoup d'urée ; on avait donné à manger à l'animal, mais on ne sait pas s'il avait pris la nourriture qui lui avait été présentée.

Le lendemain, 6 juillet, l'animal était mort ; il avait succombé pendant la nuit.

A l'autopsie, on trouva une pleurésie violente avec injection extraordinairement forte et caractéristique dans tout le thorax. Toutefois il y avait une différence enU^ les deux côtés : à gauche^ là ou on avait fait l'ablation du ^nglion, il y avait pleurésie avec épanchement de liquide trouble, purulent, et formation de fausses membranes abondantes sur la plèvre pariétale et costale, tandis que du côté droit, le liquide de l'épanchenient, un peu sanguinolent, n'était pas trouble et ne paraissait pas contenir

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de pus. L'injection de la plèvre semblait plus prononcée parce qu'elle n'y était pas masquée par de fausses membranes.

Outre les vaisseaux assez volumineux qui étaient gorgés de sang, on voyait dans les deux plèvres des ecchymoses et des extravasations sanguines. On voyait une arborisation très riche autour de l'aorte et des gros troncs nerveux et veineux, autour du péricarde, ainsi que sur la face supérieure du diaphragme. En examinant ensuite l'intérieur de l'aorte, de l'œsophage, on ne retrouva plus la même injection ; la membrane interne de ces organes était blanche et avait sa couleur normale. Le tissu du poumon était gorgé de sang, et magnifiquement injecté dans toutes ses parties. Le tissu du cœur n'offrait rien de particulier, non plus que sa surface intérieure. Dans l'abdomen, le péritoine n'offrait aucune injection; il semblait même que les organes abdominaux fussent plus pâles qu'à l'état normal et comme anémiques. L'estomac contenait des morceaux de viande en partie digérés et offrant une réaction neutre ou même légèrement alcaline, ce qui pourrait dépendre de ce que les aliments séjournaient depuis longtemps dans l'estomac, et de ce que la grande chaleur avait, depuis la mort, amené un commencement de décomposition. Le foie ne contenait pas de sucre dans son tissu.

Exp. (29 novembre 1845) (1), — Sur un gros chien mouton, jeune, à jeun, on enleva les deux ganglions solairespar une plaie faite à l'abdomen. Aussitôt après l'opération on retira à l'animal 1 00 grammes de sang veineux;

(1) Expérience dëj^ citée à un antre point dé vue, 1 1« p. 369.

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Quand on Coucha sin^plement les gapglipqs solaires, il n'y eut pas inanifestation (}e doplemr ; seulement, quand on fit, en quelque sorte, vibrer les nerfstendusquieQ par* teqt, par un froUevent rapide, il en résulta des mouyements de totalité du tronc et particulièrement des membres inférieurs, mouvements saccadés et involontaires.

Quand on pinçait fortement le ganglion solaire ou qu'on le tiraillait, Tanimal éprouvait manifestement de la douleur et poussait des cris.

. Lorsque le ganglion ou un des gros nerfis qui en partent eut été ainsi contus par la compression, il resta noilitre et comme ecchymose à la place de la contusion, ce qui n'a pas lieu pour les nerfs du système cérébrospinal.

Pendant Topération, Tanimal rendit des matières fécales diarrbéiques. Après Topératiop, la plaie fut recousue et l'animal laissé en repos jusqu'au lendemain.

Le lendemain, 30 novembre, l'animal paraissait triste gt refusa les aliments.

Le 1*' décembre, le chien était toujours triste. L'ayant ft^ené dans le laboratoire, il urina et rendit des matière§ fécales diarrbéiques. Il refusa toute espèce de Dourri- (pre solide ou liquide et but seulement un peu d'eau-

Le 2 décembre, l'animal était morne; la pifue dq l'abdomen s'élait ouverte ; elle fumait etlais^ts'^uter Dpe grande quantité d'un liquide séro-purulent.

Le 3 décembre l'animal était mort.

Jutopsie, A l'ouverture de l'abdomen, ou vit uno rougeur écarlate de toutes les parties contenues dans le ventre. Cette rougeur appartenait essentiellement aupé*

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ritoine et elle ^^étendai^ sur toute lasurfacç des intestins, sur le mésentère, sur ses appendices graisseux qui présentaient la même coloration rouge. Cette teinte rquge vif, résistait parfaitement au lavage^ elle était partout uniforme et ne paraissait pas, à Tœil nu, offrir cj'arJK)nsation; mais, au microscope, on voyait une injection capillaire excessivement fine et abondante.

I^s ganglions solaires avaient été bien enlevés ^ il v^ tait seulement une grande quantité de nerfs qui allaiept sur les artères dans tous les sens. Les poumons ét^en^ sains, exempts d'ecchymoses ; il y avait toutefois un peu de sérosité dans la plèvre, mais cette membrane n'offrait aucunement la rougeur et Taltération du péritoine.

Cette expérience montre 4opp que les gapglioqç solaires sont sensibles aux fortes contusiops ou au tifaillement; que Texcitation des nerfs quj en partent (jé^ermine des mouvements dans les membres, Qtque Tablatio^ de ces ganglions produit une péritonite partipi^lière avec dilatation énorme des vaisseaux capillaires.

Néanmoins j'ai vu cette inflammation ne pa^ se iQifnifester dans deux cas oii les animaux avaient^ étbérjs^ :

Exp. (|3 juin 1853). — Sur un chien adulte, ^e taille moyenne, on pratiqua la cbloroformisatipn pt qp extirpa le ganglion cœliaque du côté gaucbe, ranioMl ayant sa digestion teripinée çt Testomac vido. L'opéri^tion étant achevée, on cessa les inhalations dp cb}qro* foru^e I ranimai étant revenu peu à peu on |)t l6§ q|)servalions suivantes :

La température du ventre au moment qi( qi] com* mença Texpérience était de 2|9*^5, prise df^q^ Iq péri-

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toine, ranimai n'étant pas encore complètement ânesthésié. Après Topération, Tanimal étant encore sous rinfluence du chloroforme, la température du péritoine était de 39 degrés. Deux heures après Topération, les effets du chloroforme ayant cessé, on reprit la température qu'on trouva de 39%2, de sorte qu'elle ne paraissait pas avoir varié sensiblement par le fait de l'ablation du ganglion cœliaque. On examina l'urine avant et après l'opération. Avant l'opération, l'urine était acide, concentrée; elle précipitait directement par l'acide azotique du nitrate d'urée. Après l'opération, l'urine était moins concentrée ; elle ne précipitait plus directement du nitrate d'urée par l'acide azotique et elle présentait une réaction alcaline^, qui ne disparaissait pas en faisant sécher le papier réactif. Par la chaleur, il y avait un précipité d'apparence albumineuse ; par la potasse ajoutée à l'urine, il y avait un précipité floconneux que le même réactif n'y dénotait pas avant l'opération. B n'y avait pas de sucre d'une manière évidente dans cette urine.

Deux heures et demie après l'opération, on retira encore de l'urine de la vessie ; elle offrait les caractères que nous venons de signaler et ne renfermait pas de sucre. On observa que les pupilles n'avaient subi aucune déformation , ce qui montre que la lésion qu'où avait produite n'avait pas eu d'influence sur l'œil.

Le lendemain (!& juin) le chien se portait assez bien ; il n'avait pas mangé, mais il ne paraissait pas avoir des symptômes de péritonite. Les urines étaient acides, ne contenaient pas d'albumine et donnaient directement du nitrate d'urée par l'addition d'acide azotique.

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Le 15 juÎD, le chien allait bien ; il avait maugé. Uriues acides, pas d'albumine; Tacide azotique y pré-* cipitait directement du nitrate d'urée.

1 9 juin , le chien va bien ; la plaie du ventre se cicatrise. .

23 juin, même élat; on fit alors servir Tanimitl, dans le but de le sacrifier, à des expériences sur la se*crétion salivaire (voir t. Il, p. 113).

A l'autopsie, ou ne trouva dans le péritoine aucune trace de péritonite ; seulement, on trouva les ganglions lymphatiques mésentériques très volumineux. Les lymphatiques paraissaient très pleins, et le canal thoracique très distendu par de la lymphe Cette distension du système lymphatique pourrait être le résultat de Tempoisonnement par la strychnine qui fut injectée dans le conduit salivaire chez ce chien, car cette même distension du système lymphatique a été observée chez un antre chien empoisonné de la même manière.

La dissection du plexus solaire a montré que le ganglion C'Celiaque droit était entièrement conservé, tandis qu^à gauche, il était presque complètement enlevé.

11 résulte de cette expérience, que la péritonite qui s^est développée avec beaucoup de violence dans d'au« très circonstances après la destruction du plexus solaire ne s^est pas montrée ici. Est-ce dû à Tablation partielle du plexus solaire ou à l'emploi du chloroforme dont on n^avait pas fait usage dans les autres expériences. C'est, ce que pourront établir des expériences ultérieures.

Exp. (2& juin 1853). — Sur un chien, on extirpa nn ganglion solaire et on dilacéra l'autre , l'animal étant soumis aux inhalations de chloroforme.

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