‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux (volume 3)Chapitre 88 sur 99 · EFFETS DÉ LA SECTION · texte numérisé non relu

EFFETS DÉ LA SECTION

Les jours suivants, ranimai u*eut pas de përitohite et présenta des phénotnèhes analogues à ceux notés chez ranimai dont il vient d'èlré question. Il guérit assez rapideiHetit. tl est remarquable qQe cette péritonite que nous avions notée si violente chez le chien de la première observation ait manqué dans ces deiîx cas. Est-ce parce qu'il y avait eu dans le premier cas extirpation plus complète des ganglions solaires, ou parce que Tanimal ri'avdîtpasétééthérisé?

Enfin, il y a certaines parties du grand sympathique qu'on petit couper impunément sans qu'il en résulte aucun phénomène apparent de calorification ni de vascularisation dans les organes, qui sont en rapport avec ces nerfs. C'est ce qui arrive dans la section des nerfs splanchniques dont nous rapporterons quelques exemples, en signalant les procédés que nous avons employés pour faire les expériences.

Si l'on voulait couper leà berfs qui, partant du ganglion ciervical inférieur, le réunissent au premier thorâcique, il faudrait faire utië incision vers la partie inférieure du coU, puis trouver le pneumogastrique qui passe en dedans des scalènes et tirer ces muscles en dedans, en abaissant l'épaule, et on trouverait l'artère vertébrale sdr laquelle rampent les nerfs qu'il s'agit de couper.

Pour couper le grand syiiipathique dans la poitrine, on a fait une incision immédiatement au-dessous de la dernière côte, aussi près que possible, et dans Tangle rentrant, que forme son articulation avec la colonne vertébrale. Le bistouri introduit jusque dans la poitrine sert do guide à un crochet ad hoc; puiâ, le bistouri étant

bËS T^EttPâ SJ^LÂNCHNIQUË^. $27

dégâjgë de là plaie, on {ioussë le cfocbét trktisirërsaleïhent vers la coloniïe vettëbfale. Dès qu'on sent l'instrucnent arrêté par le corps àei vertèbres, oil tourne le côté ttanchant du crochet dli cAté dll dos et oh retiré rînstriiment en cbupatit ce (Ju'il accrckîhfe.

On arrive au riiêtne résultat en enfonçdHt Tinstrumetit entre les apophyses transverses de la dcrfaière vertèbre dorsale et de la première lombaire. Puis on fait glisser le crochet tranchant sur la face latérale du corps de là Vertèbre ; et, en inclinant la pointe de l'instrument en dehors, on le retire en coupant le nerf qui est accroché. L*àorte est à éviter.

Exp. — Sur un chien, de taille moyenne, on fit la flëetiôtt des deux grands splanchniques, en pénétrant dans la poitrine par les procédés indiqués. Le chien était éthérisé et n'éprouva aucune douleur au nioment de ropferàtion. Il revint des effets de Téthérisation comme à l'ordinaire et il ne se manifesta, après l'opération, ahciiii phénomène général qui pût être attribué à la seottbii àëi nerfs sympathiques:

Le lendemain, l'animal paraissait très bien portant et niâSgea comme à l'ordinaire. Il fut conservé pendant trois jours sans qu'on reconnût aucun changement notable dans sa santé. Le quatrième jour^ l'animal était eii pleine digestion, on répéta le procédé de la section des nerfs splanchniques, dans la pensée où l'oh était que Topératidn ît'avait peut-être pas réussi la prieiblêre fois. Cette seconde opération, faite également pendant TéthérîMtioh, produisit une blessure de TaôKe qui causa immédiatement la mort.

528 SBCTION DBS NBRFS SPLAHiÇHNlQUIS.

En faisant avec soio Tautopsie de ranimai, on constata que les deux nerfs splanchniques avaient été très bien coupés la première fois, sans lésion d'aucun organe voisin. On constata aussi chez ce chien, qui était en digestion, que les vaisseaux chylifères étaient remplis d'un chyle blanc, que les mouvementspéristaltique existaient, que la vessie était pleine ; enfin, on n'observa rien d'anormal dans les organes abdominaux. On recueillit ensuite le sang des veines hépatiques qui contenaient du sucre; et le tissu du foie donna une décoction laiteuse très sucrée.

On fît ensuite avec soin la dissection des nerfs coupés, et on trouva que la section du grand sympathique avait été opérée entre la douzième et la treizième côte. Elle avait laissé au-dessous d'elle deux filets communiquant encore avec la moelle.

Eœp. (15 décembre 1852). — Sur un chien, de taille moyenne, on fit des deux côtés la section des nerfs splanchniques, par le procédé déjà indiqué. L'animal était éthérisé, et, après l'opération, il revint à son état normal sans présenter aucun phénomène particulier.

Les jours suivants , l'on donna à manger à ce chien qui resta toujours bien portant.

Huit jours après cette opération, on lui fit la piqûre du plancher du quatrième ventricule pour obtenir l'apparition du sucre dans les urines. Au moment même, l'animal parut peu affecté ; il était seulement titubant. Après une heure environ, il devint très malade, tomba sur le côté sans pouvoir plus se relever; il y avait une salivation abondante.

SECTION DES N£RFS SPLANCHfCiQUES. 5^

L'urine, examinée avant Popéralion et durant les trois heures qui la suivirent, ne présenta de sucre dans auouncas.

Après cinq jours, Tanimal élait guéri et à peu prèh revenu à son état normal.

Trois semaines après la section des nerfs splanchniques, on tenta de faire une fistule biliaire sur cet animal ; mais l'opération n'ayant pas réussi, on le sacrifia , et on s assura, par Tautopsie, que les deux nerfs grands splancbniques avaient été parfaitement coupés des deu^ côtés. Un peu de tissu cellulaire était interposé entre les bouts divisés.

Au moment de la mort, l'animal était à jeun ; ses oi^ ganes ne présentaient rien d'anormal, si ce n'est une légère rougeur de la vessie et de la partie duodénale de l'intestin.

Le foie contenait beaucoup de sucre. Il pesait 25& grammes; la rate, 6&; l'animal entier pesait 9'''*,932. Dans le cervelet, on trouva un petit foyer bémorrhagique €t dans la moelle allongée on retrouva la trace de la piqûre qui avait été faite à droite, au--dessus des origines du pneumogastrique et qui s étendait obliquement en avant dans le pont de Yarole. La piqûre ne paraissait pas avoir atteint le point dont la blessure fait constamment apparaître le sucre dans les urines, de sorte qu'il est difficile d'attribuer la non-apparence du sucre dans l'urine à la section du grand sympathique. Enfin, Messieurs, le grand sympathique a sur les propriétés de rœil,soitsur sa sensibilité, soitsur sa nutrition, une influence très évidente. Nous savons déjà queTabla-

5S0 UIFLUBNGB DU GRAND STMPATHtQDB

tion du ganglion ophthalmique a une influence marquée saf les mouvements de la pupille, la sensibilité de la cornée et la sécrétion de l'humeur aqueuse. Mais des phénomènes semblables peuvent se manifester lors même qu'on agit sur des portions plus éloignées du grand sym-f pathique, comme le montrent les expériences suivantes :

Eœp. — Deux lapins avaient eu d'un côté le cordon sympathique coupé au cou. L'un deux fut étbérisé et la sensibilité ne parut pas, d'une manière évidente, per^ sister plus longtemps dans l'œil du côté correspondant au côté du sympathique coupé.

Chez l'autre lapin, tué par le curare, on observa que Foeil du côté où le sympathique avait été coupé restait sensible lorsque Tautre ne l'était plus. Au moment de la mort, lorsque la dilatation terminale de la pupille survint, elle apparut beaucoup plus tard dans l'œil du côté où le sympathique avait été coupé, ce qui indique, en un mot, que cet œil avait, en quelque sorte, survécu à Tautre.

Eœp. — Un chien adulte, en digestion, fut asphyxié par la ligature de la trachée. On observa très nettement les phénomènes qui suivent : pendant l'asphyxie, il y eut successivement élargissement, puis rétrécissement de la pupille, et enfin, élargissement terminal avec saillie du globe oculaire au moment de la mort. On observa également que c'est la conjonctive qui devint d'abord insensible ; la cornée transparente ne perdit sa sensibilité que beaucoup plus tard et très peu après Télargissement terminal de la pupille. Presque aussitôt après la perte de sensibilité de la cornée transparente,

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ranimai sembla faire quelques efforts in^iratoires. On pratiqua alora rjnsufflation par la trachée à Taide d'un soufflet; mais ce fut inutilement, car les battements di cœur qui avaient cessé ne reparurent pas et \% mort fut définitive.

Pour enlever le ganglion cervical supérieur chei le chien, il fout foire une incision en T, dont la branche transversale passe immédiatement au-dessous de la cou* que auditive; la branche verticale est prolongée en bas, le long du bord postérieur du sterno-mastoïdien. On trouve d'abord le bord postérieur de la glande parotide, qui sera déjeté eu avant en ménageant la veine jugulaire qu'on repoussera dans le même sens.

On tire en arrière le bord de la plaie fermé par le muscle splénius, et on aperçoit au fond de la plaie le ventre postérieur du digastrique dont on divise Tinsertion postérieure à Vos le plus exactement possible. Par sa rétraction, le muscle laisse à découvert, au-dessous de lui, les vaisseaux et nerfs profonds du cou traversés )>ar rhypoglosse qui est placé iRir le premier plan.

Cest immédiatement au-dessous de l'anse que forme ce nerf que se trouve le ganglion cervical supérieur t)u'il devient alors facile d'extraire, parce qu'en ce point 41 est séparé du pneumogastrique.

Lœp. (& juillet 1842). — Le ganglion cervical supérieur gauche fut extirpé sur un jeune chien. Aussitôt qprès cette opératiw, l'ouverture palpébrale gauche était déformée et plus petite que celle du côté opposé, et la paupière inférieure semblait plus rdevée qu'à Tordis naire.Lesde ux yeuxéMient chassieux, mais partiou-

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