‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux (volume 4)Chapitre 14 sur 86 · TROISIEME LEÇON · texte numérisé non relu

TROISIEME LEÇON

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SOMMAIRE : Partie extra-crànicnne do nerf facial. — Soil influence sur les mouTements de la face. — Mouvemenis des padpières ; infloenee qtt*exerce sur eux la section du nerf facial et du grand sympathique*

— Mootements des narines. ^- Effets de la paralysie des narines cliez les chevaux. — Mouvements des lèvres et des joues. — Effets de leur paralysie sur la mastication et la préhension des alimentsi •^' Iniuencè de la section du facial sur les mouvements de l'oreille. — Résumé*

— Expériences.

Messieues,

Dans l'histoire du uerf facial que nous allons continuer aujourd'hui, nous étudierons successivement le rfile des rameaux qui naissent de ce nerf dans son trajet intra-crânien , et extra-crânien. De chacune de ces parties du facial émanent des filets qui ont des fonctions différentes. Les premiers, ceux qu'il donne pendant son trajet dans le canal spiroïde du temporal, sont tous, excepté un, en communication avec des ganglions: nous laisserons là leur histoire, pour la reprendre plus tard comme une dépendance du nerf trisplanchnique au système duquel ils appartiennent silHant nous. Il n'en est plus de même des rameaux qu'il donne plus loin sur la face et qui offrent une distribution moins compliquée.

Le facial, considéré dans sa portion externe , terminale, est un nerf qui émerge à la partie postérieure de face et va se distribuer presque exclusivement aux muscles peauciers de la face et de la tête, donnant le

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mouvement aux parties extérieures des organes des sens.

Nous devrons donc examiner successivement l'influence des deux portions du nerf facial sur chacune des parties des différents organes des sens.

C'est le nerf facial qui donne le mouvement aux paupières, et lorsque les filets qui s'y distribuent ont été coupés ou paralysés d'une façon quelconque, les paupières sont immobiles bien que leur sensibilité soit restée intacte.

Voici un lapin sur lequel nous avons tout à Theure coupé le facial dans le crâne.

Vous pouvez voir que l'œil reste ouvert, les mouvements des paupières sont abolis du côté où a porté la section, du côté gauche. Si l'on vient à toucher le globe de l'œil à droite, on y provoque l'occlusion des paupières. Rien de semblable n'a lieu à gauche où le globe de l'œil seul se déplace : l'animal a, en effet, conservé les mouvements du globe oculaire auxquels préside des rameaux autres que ceux du moteur facial. L'œil gauche reste ici complètement à découvert, et, lorsque l'animal dormira, l'œil droit seul sera fermé. La même chose s'observe chez l'homme dans les casde paralysie du nerf facial.

Par quel mécanisme l'œil reste-t-il ainsi ouvert?

Deux muscles donnent le mouvement aux paupières: le muscle orbiculaire, qui ferme les paupières, et le muscle élévateur propre de la paupière supérieure qui, au contraire, découvre le globe de l'œil. L'état d'écartement permanent des paupières qui s'observe lorsque le rameau palpébral du facial est coupé, tient à la prédo*

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minance de Taction d'un de ces muscles. Dans ce cas, l'orbiculaire seul est paralysé ; quant au releVeur de la paupière supérieure, il conserve son action parce que son nerf, reconnaissant une autre origine que le facial, est resté intact.

Relativement aux paupières, la conséquence de la paralysie du facial est donc leur écartement permanent par suite du défaut d'action du seul muscle qui puisse en déterminer Tocclusion, du muscle orbiculaire.

Là se borne l'action du nerf facial sur Toçil; aucune lésion consécutive de la nutrition ne se remarque après la section ou la paralysie spontanée de ce nerf.

Plus tard, quand nous envisagerons Tinfluence de la cinquième paire sur l'œil, nous verrons la paralysie de ce nerf être suivie au contraire d'une altération de nutrition, d'une lésion organique de la cornée et de la conjonctive. On avait pensé autrefois que cette lésion tenait à ce que dans la paralysie de la cinquième paire, les paupières ne se fermant plus sur le globe de l'œil, ne venaient plus en lubrifier la surface. L'absence de lésions de nutrition après la section du facial nous moutre qu'il faut renoncer à cette explication des altérations de Tœil observées à la suite de la paralysie de la cinquième paire, quoique dans ces derniers temps on ait encore soutenu cette opinion que nous aurons à examiner plus loin. Je viens de vous dire que. dans la paralysie de la dnquième paire , les paupières ne recouvrent plus le globe de l'œil ; il ne faudrait pas en conclure qu'elles ont perdu le pouvoir de se fermer. Dans ce cas, le muscle orbiculaire peut toujours se contracter; mais la sensibi-

B., SlIT. HIIT. — II. 3

lité de la conjoDctive étant perdue^ aucune sensation ne tient solliciter les contractions de l'orbiculaire et il reste dans le relâchement.

Cependant, quelquefois il y a, comme nous le verrons à propos des sections de la cinquième paire, un cligne^ ment sympathique qui se fait dans l'œil du côté où la cinquième paire a été coupée en même temps que du côté opposé. Il y a d'autres cas dans lesquels ce cligne* ment sympathique a également lieu et nous ayons à ce sujet observé un fait singulier que voici :

{Eœp . i 0 août 1842) . — Sur un lapin de forte taille, on constata qu'en irritant la conjonctive on produisait des mouvements dansl'oreille du môme côté; qu'en irritant l'oreille, on produisait des mouvements dans la paupière du même côté. Après la section de la cinquième paire, lorsque l'oroilte était encore sensible par les filets du plexus cervical et que l'œil était insensible, on observait encore cette occlusion des paupières lorsque l'on venait à pincer l'oreille. La réciproque aurait-elle lieu et la même réaction se produirait-elle sur les mouvements de l'oreille rendue insensible en laissant l'œil sensible?

Ainsi, le symptôme d'immobilité des paupières qui survient dans les deux cas de paralysie du facial et de la cinquième paire se traduit dans deux états patho-* logiques dictincts et reconnaissant des causes prochaines bien différentes.

Le lapin sur lequel nous venons de constater les effets immédiats de la paralysie du facial sur Pœil, sera con-* serve, et vous verrez son œil dans la prochaine leçon tel qu'il est aujourd'hui : sur lui, vous pourresE

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constater Fabsence de lésion consécutive que je tous ai signalée.

Le nerf facial qui donne le mouvement au muscle orbiculaire , et la cinquième paire qui dooue le sentiment à Torgane de la vision et à ses annexes, sont* ils les seuls nerfs qui agissent sur l'ouverture palpé-* brale?

Non, messieurs, il est encore un nerf qui peut avoir une action sur les muscles orbiculaires : ce nerf est un filet du grand sympathique. Depuis longtemps on avait vu que la section du grand sympathique dans la région cervicale entraînait des désordres du côté de ToeiK Mais l'attention des physiologistes s'était portée sur les phénomènes survenus du côté de la pupille ; j'ai fait remarquer que ce nerf exerce aussi une influence sur les mouvements des paupières.

Eûop. — Sur ce lapin auquel on vient d'enlever le ganglion cervical supérieur du grand sympathique, vous pou* vez voir que du côté où a été faite cette ablation, l'ou* verture palpébrale est rétrécie. Le muscle orbiculaire est dans un état de contraction permanente qui n'est pas du tout la paralysie. Quand on touche le globe de l'œil, ce musde orbiculaire se contracte et le recouvre : Il a donc conservé ses mouvements, sa spontanéité, mais son re^ lâchement n'est pas complet. C'est quand nous étudie* roBs le grand sympathique qu'il y aura lieu de nous arrêter à Texamen du phénomène qui se produit dans 08 eas; nous devons actuellement nous borner à vous signaler ce fait. Quant au facial nous devons donc nous arrêter à cette conclusion, que sa section ne produit pas

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